Moyen-Orient: les marchés mondiaux tiennent bon à défaut d'y voir clair information fournie par AFP 31/03/2026 à 18:50
Les marchés financiers tiennent bon mardi, à défaut d'y voir clair entre la poursuite du conflit au Moyen-Orient et les prix élevés du pétrole et l'inflation en Europe.
Francfort (+0,52%) et Londres (+0,48%) terminent en hausse, tout comme Milan (+1,11%) et Paris (+0,57%). Paris encaisse son plus fort recul mensuel depuis la crise du Covid en mars 2020 (-8,90%).
"Pour l'instant, les marchés semblent disposés à s'accrocher à tout signe de désescalade", résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour FOREX.com.
Signe d'attentisme, les volumes d'échange sont très bas, souligne David Kruk, directeur du trading à la financière de l'Echiquier. "Plus personne n'ose rien faire".
Sur l'ensemble du mois de mars, l'indice parisien du CAC 40 a encaissé son plus fort recul en un mois depuis le Covid de mars 2020 (8,90%).
L'embellie était encore plus nette à la Bourse de New York. Juste avant 17H00 GMT, les trois indices de Wall Street progressait fortement (Nasdaq +1,86%, S&P 500 +1,34% et Dow Jones +0,99%).
La confiance des consommateurs américains a poursuivi sa hausse en mars, prenant à revers les attentes des marchés. "Ca peut être lié au remboursement des trop-perçus d'impôt", selon David Kruk à l'AFP.
Contrairement aux autres journées, aucun signe extérieur, ne fût-ce qu'une déclaration clairement encourageante, n'explique cette résilience des marchés boursiers.
Sur le terrain, une série de frappes ont touché mardi plusieurs sites en Iran, selon les médias.
- Prix du pétrole élevé -
Dans sa dernière déclaration mardi, le président américain s'en est pris aux alliés des Etats-Unis affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz. "Allez chercher votre propre pétrole!" ou achetez celui des Etats-Unis, a conclu le président américain.
Selon le Wall Street Journal de mardi, le président américain Donald Trump aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre sa campagne militaire.
Le cours du pétrole demeurait élevé, avec une ruée sur les stocks à une journée du changement d'échéances des contrats à terme.
Vers 16H30 GMT (18H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai progresse de 5,96% à 119,50 dollars, car les investisseurs privilégient ce contrat, qui fait encore référence pour une journée, et propose un accès plus rapide au brut.
En comparaison, le Brent pour livraison en juin, contrat de référence à partir de mercredi mais déjà privilégié par beaucoup d'acteurs du marché et dont les volumes d'échanges sont plus importants, baissait légérèment (-0,18%) à 107,20 dollars.
L'Union européenne a jugé "nécessaire" de réduire la demande de pétrole en Europe. Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) se vend quatre dollars à la pompe pour la première fois depuis 2022, a annoncé mardi l'American Automobile Association (AAA).
- L'inflation au centre des préoccupations -
L'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025 en raison de l'envolée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, selon la première estimation d'Eurostat publiée mardi.
Les risques d'inflation continuent de peser sur les taux d'intérêt des dettes souveraines des pays de la zone euro.
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans atteignait lundi 3,72%, quasiment au même niveau que la veille en clôture, mais en forte hausse par rapport aux 3,20% d'avant la guerre. Il a dépassé la semaine dernière des records datant de 2009.
Le taux de rendement des titres allemands à même échéance, référence en Europe, restait bloqués autour des 3%, se situant à des sommets depuis 2011.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour que leur investissement reste rentable.
Euronext CAC40