Moyen-Orient: les marchés en repli stratégique en l'absence d'accord
information fournie par AFP 11/05/2026 à 16:22

Une station-service à Sofia le 5 mai 2026. ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Les prix du pétrole grimpent et les Bourses hésitent lundi, faute d'accord Iran/Etats-Unis pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

A 14H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le continent européen, gagnait 1,74% à 103,05 dollars. Le WTI, son équivalent américain, prenait 1% à 96,37 dollars.

Au total, seuls 3,9 millions de barils par jour (Mb/j) passent par le détroit d'Ormuz contre 20 Mb/j avant la guerre, estime Helge André Martinsen, analyste énergie senior pour DNB Carnegie.

"Il en résulte une perturbation nette d'environ 16,1 Mb/j. Par conséquent, nous restons à des niveaux de perturbation extrêmement élevés des flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient", ajoute-t-il.

Le président américain Donald Trump a fustigé dimanche la réponse apportée par l'Iran à la proposition américaine pour mettre fin à la guerre, la jugeant "totalement inacceptable", sur son réseau Truth Social.

"L'Iran mène en bateau les États-Unis et le reste du monde depuis 47 ans", avait-il écrit dans un message précédent. Les Iraniens "se moquent de notre pays qui a désormais retrouvé sa grandeur, mais ils ne riront plus très longtemps!"

Ces messages ont fait douter les investisseurs de la probabilité d'un accord qui permettrait de débloquer le stratégique détroit d'Ormuz, où un cinquième du pétrole mondial transite d'ordinaire.

Dans ce contexte, les marchés boursiers évoluent prudemment.

A Wall Street, les trois indices reprenaient des couleurs quelques minutes après un ouverture en recul: le Nasdaq (-0,05%) et le Dow Jones (+0,05%) cherchaient leur point d'équilibre alors que le S&P 500 progressait légèrement (+0,13%).

La situation était tout aussi contrastée en Europe à une heure trente de la fermeture.

Peu avant 14H00 GMT, Londres (+0,48%) et Milan (+0,47%) progressaient légèrement, Francfort frisait l'équilibre (-0,08%), Paris reculait franchement (-0,75%).

Paris était plombée par la nette baisse de ses poids lourds du luxe après une note défavorable de Berenberg.

Cette note estime que les valorisations du secteur devraient baisser de "25 à 35%" par rapport au niveau des neuf dernières années, avec le recul de la demande en Chine".

Résultat: LVMH (-3,98%), Kering (-3,50%), Hermés (-3,19%) et L'Oréal (-2,36%) enregistrent les plus mauvaises performances du jour.

A Francfort, les investisseurs dans la défense encaissaient leurs gains après une forte hausse dans ce secteur dont les carnets de commandes se remplissent massivement ces derniers mois (Rheinmetall -4,05%, Renk -5,79%, Hensoldt -3,84%).

Taux d'intérêt en hausse

Les taux d'emprunt des États européens sur le marché de la dette étaient orientés à la hausse, sur fond de regain d'inflation provoqué par la hausse des prix du brut.

Le rendement allemand à échéance 10 ans, référence sur le continent, atteignait 3,02%, contre 3,00% vendredi soir. Son équivalent français était à 3,65%, contre 3,62%.

Séoul caracole

A rebours des autres places financières, la Bourse de Séoul a grimpé nettement, prenant 4,32%.

Cet indice, tiré par les valeurs technologiques, profite du net regain d'intérêt des investisseurs pour l'intelligence artificielle depuis plusieurs semaines. Samsung a ainsi pris 6,33%, quand SK Hynix a bondi de 11,51%.

"Nous sommes arrivés au stade où les gros titres sur la guerre au Moyen-Orient ne dérangent plus ceux qui investissent dans l'intelligence artificielle", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Mais "il est difficile de comprendre la réaction des marchés, qui ressemble à un calme avant la tempête: la hausse des prix de l'énergie ne tardera pas à se concrétiser" pour ces entreprises, ajoute-t-elle.