Mort de Quentin Deranque: Rachida Dati met en cause "toute la gauche", dont son adversaire Emmanuel Grégoire information fournie par AFP 18/02/2026 à 14:57
Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris, a mis en cause mercredi les députés élus sous la bannière du Nouveau Front populaire en 2024, dont son adversaire Emmanuel Grégoire, pour leurs liens avec La Jeune Garde, au coeur des suspicions dans la mort de Quentin Deranque.
"Toute la gauche est concernée. Le Nouveau Front populaire (...), ils ont tous été élus avec le soutien de La Jeune Garde. C'est sur leurs affiches et sur leur site. (...) Est-ce que quelqu'un a interrogé M. (Emmanuel) Grégoire si ça ne l'a pas gêné d'être élu?", a-t-elle interrogé au micro de RTL.
Neuf suspects, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, fondateur de La Jeune Garde, ont été interpellés mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, roué de coups à Lyon.
"Mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires", a écrit Raphaël Arnault sur X précisant avoir engagé dès lundi "les procédures pour mettre fin à son contrat".
"Est-ce qu'ils ont dénoncé l'implication de La Jeune Garde? (...) Non, ils ne la dénoncent pas parce qu'elle leur sert à rester et sauver leur siège ou leur mandat. C'est inacceptable", a accusé Mme Dati, reprochant également à Emmanuel Grégoire son alliance avec les ex-Insoumis membres de L'Après.
"Tous les extrêmes sont dangereux. Moi, j'en ai été victime dans ma vie politique", a ajouté la ministre de la Culture. Interrogée sur l'étiquette politique de l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, membre de Reconquête!, Mme Dati a toutefois refusé de la qualifier. "On ne partage pas forcément les mêmes valeurs. (...) On ne va pas faire un quiz", a-t-elle balayé.
Concernant la crise du périscolaire à Paris, secoué par des accusations de violences sexuelles, Mme Dati a estimé que "plus de 150 animateurs", dans les XIe et XIIe arrondissements ont été "soit déplacés soit suspendus". "On va atteindre le millier d'animateurs soit déplacés, soit suspendus", a-t-elle ajouté, tout en reconnaissant ne pas avoir d'information précise sur le nombre de suspensions.
"Les maires d'arrondissement n'ont pas la main sur le recrutement, n'ont pas la main sur l'organisation du périscolaire. Tout ça, c'est M. Grégoire comme premier adjoint en charge du recrutement", a-t-elle ajouté, même si ce dernier n'est plus premier adjoint depuis juillet 2024.
Interrogée par l'AFP, la Ville de Paris a jugé les déclarations de Mme Dati sur le périscolaire "profondément mensongères".
"En tant que maire du VIIe arrondissement, Madame Dati réunit régulièrement les services et les parents du périscolaire (...) et prend les décisions. Elle ne peut pas se défausser", a indiqué la Ville par courriel.
"Madame Dati multiplie les affirmations infondées, évoquant +un millier d'animateurs déplacés ou suspendus+. C’est totalement faux. Ces propos créent inutilement de l’inquiétude parmi les familles", a-t-elle ajouté.
Sans donner les chiffres actualisés depuis le début de l'année 2026, elle rappelle que 46 agents, sur un total de 14.000, ont été suspendus en 2025. Parmi eux, 22 l'ont été pour des suspicions de faits à caractère sexuel.