Mondial-2026: l'équipe iranienne de football en Turquie avant les Etats-Unis
information fournie par AFP 18/05/2026 à 16:44

Un Iranien passe devant un panneau d'affichage géant mettant en scène l'équipe nationale iranienne de football qui a pris la direction de la Turquie pour y préparer le Mondial-2026, le 18 mai 2026 à Téhéran ( AFP / - )

L'équipe nationale iranienne de football est arrivée lundi en Turquie pour y préparer le Mondial-2026 qui doit la conduire aux Etats-Unis, en plein conflit entre Téhéran et Washington.

Les joueurs iraniens sont sortis peu avant 16H00 (13H00 GMT) de l'aéroport d'Antalya (sud), ont constaté deux correspondants de l'AFP.

L'équipe, composée selon l'agence de presse iranienne Tasnim de 22 joueurs et du staff technique, avait quitté Téhéran dans la matinée.

La participation de l'Iran au Mondial est entourée d'incertitudes depuis l'offensive américano-israélienne lancée fin février contre la République islamique, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient.

Des joueurs de l'équipe nationale iranienne de football arrivent à Antalya en Turquie, le 18 mai 2026, pour un stage de préparation avant le Mondial ( AFP / Oner SAN )

Si un cessez-le-feu a permis le 8 avril de suspendre les combats, les négociations destinées à parvenir à un accord durable sont dans l'impasse.

Et les visas n'ont toujours pas été délivrés à la Team Melli, avait indiqué jeudi le président de la Fédération iranienne, Mehdi Taj, alors que Téhéran cherche à obtenir des garanties.

- "La plus détestée" -

Les joueurs doivent justement profiter de leur présence en Turquie pour effectuer les démarches nécessaires à leur entrée aux Etats-Unis, pays hôte avec le Canada et le Mexique du Mondial qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet.

Cérémonie en l'honneur des footballeurs iraniens, à Téhéran, le 13 mai 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

A Antalya, l'équipe espère disputer deux matches amicaux, même si seule une rencontre face à la Gambie, prévue le 29 mai, a été confirmée jusqu'ici.

Qualifié pour sa quatrième phase finale consécutive, l'Iran établira son camp de base à Tucson, en Arizona, où l'équipe est censée arriver le 5 juin. Soit dix jours avant son entrée en lice le 15 à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande.

La sélection y défiera ensuite la Belgique le 21 juin, puis conclura sa phase de groupes contre l'Egypte le 26 juin à Seattle, toujours sur le sol américain.

Si les joueurs ont été acclamés par la foule lors d'une cérémonie la semaine dernière à Téhéran, certains dans la capitale ne cachent par leur hostilité.

"C'est l'équipe de la République islamique, et dans l'esprit de beaucoup, elle restera comme la plus détestée dans l'histoire de la sélection", estime Sepehr, un étudiant de 19 ans interrogé par une journaliste de l'AFP basée à Paris, alors qu'un vaste mouvement de contestation a secoué l'Iran en janvier.

Une Iranienne passe devant un panneau d'affichage géant mettant en scène l'équipe nationale iranienne de football qui a pris la direction de la Turquie pour y préparer le Mondial-2026, le 18 mai 2026 à Téhéran ( AFP / - )

Mehrshad, employé de 35 ans, s'étonne quant à lui que les joueurs aient scandé il y a quelques jours "Mort à l'Amérique" sur la place Enghelab (révolution), au cœur de Téhéran, avant de se rendre aux Etats-Unis pour le Mondial.

Il raconte "ne pas avoir la moindre envie de suivre les matchs, si ce n'est pour les voir perdre", décrivant "un fossé entre entre le peuple et les joueurs" tout en reconnaissant qu'eux aussi "doivent subir une pression énorme".

- Buteur star écarté -

Téhéran et Washington n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980, à la suite de la crise des otages à l'ambassade américaine. Et Donald Trump a encore proféré dimanche de nouvelles menaces, affirmant qu'"il ne resterait rien" de l'Iran si un accord n'était pas conclu rapidement.

Mais côté football, il s'est montré ouvert à la participation de l'équipe iranienne. "Je pense qu'il faut les laisser jouer", avait déclaré le président américain fin avril.

De son côté, la Fifa martèle depuis des semaines que l'équipe prendra part au tournoi aux Etats-Unis.

Le sélectionneur de l'équipe iranienne de football, Amir Ghalenoei, le 18 mai 2026 à Antalya en Turquie ( AFP / Oner SAN )

Son secrétaire général, Mattias Grafström, a d'ailleurs jugé "très constructive" une réunion organisée samedi à Istanbul avec la Fédération iranienne pour garantir la participation de l'Iran.

"Nous travaillons en étroite collaboration et nous avons hâte d'accueillir la République islamique d'Iran à la Coupe du monde", a-t-il ajouté.

Fait marquant: le buteur star iranien Sardar Azmoun, auteur de 57 buts en sélection, n'a pas été retenu pour la compétition.

L'ancien joueur du Bayer Leverkusen et de l'AS Rome, qui avait soutenu les manifestants antigouvernementaux par le passé, a récemment été accusé de "trahison" par les médias officiels iraniens après la publication en mars d'une photo de lui aux côtés de l'émir de Dubaï, aux Emirats arabes unis où il joue et réside.

Le sélectionneur Amir Ghalenoei s'est justifié en jurant "devant Dieu que rien d'autre que des critères techniques" n'avait joué dans sa sélection.