Midterms : les Américains retirent à Donald Trump une partie de ses pouvoirs information fournie par Zonebourse 04/11/2026 à 08:08
Deux ans après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump subit un sérieux revers politique. Les élections de mi-mandat ont permis aux démocrates de reprendre le Sénat et de progresser fortement à la Chambre des représentants. Une nouvelle configuration qui pourrait compliquer la seconde moitié de son mandat et rebattre les cartes à Wall Street.
Les Américains ont envoyé un message à Washington. A l'occasion des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates ont réalisé une percée importante, mettant fin à la domination républicaine sur le Congrès. Le Parti démocrate a remporté le contrôle du Sénat ainsi que la majorité à la Chambre des représentants alors que le dépouillement se poursuit.
L'ampleur du basculement constitue la principale surprise. Les démocrates ont notamment remporté des sièges de sénateurs au Texas, au Kansas et en Caroline du Sud, des Etats historiquement favorables aux républicains. Au Texas, aucune victoire démocrate à une élection à l'échelle de l'Etat n'avait été enregistrée depuis 1994. Au Kansas, il faut remonter à 1932 pour retrouver l'élection d'un sénateur démocrate.
Les différents sièges ont été respectivement remportés par James Talarico qui bat le procureur général républicain Ken Paxton, Adam Hamilton, pasteur d'une mégaéglise et Annie Andrews qui triomphe face à la sénatrice républicaine Lindsey Graham. Une autre victoire notable est celle du démocrate Sherrod Brown dans l'Ohio qui remporte un siège qui appartenait au vice-président JD Vance il y a deux ans.
Le portefeuille des Américains au coeur du scrutin
Comment expliquer un tel revirement ? L'économie a largement pesé dans les urnes. Malgré les promesses de Donald Trump, de nombreux ménages continuent de subir un coût de la vie élevé, tandis que la guerre avec l'Iran alimente les tensions sur les prix de l'énergie. Les Américains tiennent le président démocrate pour principal responsable de l'inflation en hausse aux Etats-Unis.
Le scrutin apparaît ainsi comme un vote de sanction contre la politique menée par l'administration républicaine depuis janvier 2025. Il faut toutefois distinguer le mécontentement économique des autres préoccupations des électeurs, notamment la politique étrangère et le fonctionnement des institutions.
Donald Trump reste président, mais perd sa liberté de manoeuvre. Le pouvoir fédéral repose sur une séparation entre l'exécutif, dirigé par le président, et le Congrès, composé de la Chambre des représentants et du Sénat. Jusqu'ici, Donald Trump bénéficiait de majorités républicaines dans les deux chambres, facilitant l'adoption de son programme législatif. La situation change désormais radicalement.
Le président américain reste en fonction jusqu'en janvier 2029, mais devra négocier avec une opposition renforcée. De nouvelles baisses d'impôts ou de grandes réformes budgétaires pourraient ainsi devenir beaucoup plus difficiles à faire adopter.
Les démocrates disposeront également de nouveaux moyens de contrôle sur l'administration, notamment par l'organisation d'auditions et d'enquêtes parlementaires. Au Sénat, leur majorité leur permettra de peser directement sur la confirmation des nominations présidentielles, qu'il s'agisse de juges fédéraux ou de hauts responsables de l'administration.
Donald Trump conserve néanmoins des prérogatives importantes, notamment son droit de veto et ses pouvoirs exécutifs en matière de politique étrangère et de commerce international. Il serait donc excessif de considérer que sa présidence est paralysée. En revanche, sa capacité à transformer ses ambitions politiques en lois se trouve considérablement réduite.
Wall Street redoute une nouvelle période d'incertitude
Les marchés financiers ont rapidement réagi à la progression démocrate. Les contrats à terme sur les indices de Wall Street ont reculé, mais les pertes initiales se sont réduites. Dans le même temps, le rendement des obligations américaines à dix ans perdait six points de base, à 4,906%, et le dollar s'affaiblissait par rapport aux autres grandes devises mondiales.
La progression démocrate pourrait réduire les anticipations de nouvelles mesures de relance budgétaire. Le recul plus marqué des valeurs technologiques pourrait également refléter les craintes d'un renforcement de la surveillance réglementaire de l'intelligence artificielle et des géants du secteur.
Le nouveau rapport de force pourrait aussi limiter l'expansion des déficits publics, un scénario potentiellement favorable aux obligations américaines et susceptible de soutenir le dollar face aux autres devises, à rebours de sa réaction immédiate sur les marchés. Une opposition renforcée au Congrès pourrait également contribuer à préserver l'indépendance de la Fed durant la fin du mandat de Trump. Cependant, les négociations autour du budget fédéral et du plafond de la dette risquent de devenir plus conflictuelles.
Ce qu'il faut retenir du résultat des urnes, c'est que Donald Trump conserve les commandes de la Maison Blanche, mais ne dispose plus du même soutien au Congrès.