Michelin confirme ses objectifs malgré les surcoûts liés à l'Iran information fournie par Reuters 29/04/2026 à 19:56
(Actualisé avec précisions, téléconférence analystes)
Michelin MICP.PA a fait état mercredi d'une baisse de 5,4% de son chiffre d'affaires au premier trimestre, intégralement imputable aux effets de change, et confirmé ses objectifs 2026 car il espère compenser les surcoûts liés au conflit au Moyen-Orient.
Le fabricant de pneumatiques a réalisé sur les trois premiers mois de l'année un chiffre d'affaires de 6,2 milliards d'euros, supérieur au consensus des analystes publié sur le site internet de la société qui donnait 6,11 milliards sur la base de 11 réponses.
"L'effet de change représente l'intégralité de la baisse, reflétant la forte appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar US et de la plupart des devises", a expliqué le groupe clermontois dans un communiqué.
Hors changes, le chiffre d'affaires du trimestre ressort stable.
"Le conflit au Moyen-Orient génère des incertitudes concernant la demande mondiale. Il accroît le risque de perturbation de l'approvisionnement en matières premières et entraîne une hausse des coûts d'achat, principalement pour les matières premières et l'énergie", a poursuivi Michelin.
"Dans ce contexte imprévisible, le groupe réévalue de façon régulière l'évolution des marchés et de ses chaînes d'approvisionnement", a ajouté le groupe, précisant qu'"à ce stade, la guidance 2026 reste inchangée."
Michelin vise cette année une progression de son résultat opérationnel des secteurs à périmètre et taux de change constants et une génération de cash-flow libre avant M&A supérieure à 1,6 milliard d'euros.
Fort de son positionnement premium, Michelin a vu les ventes de pneus de 18 pouces ou plus, plus rémunérateurs, atteindre 69% des ventes sur le trimestre.
Le groupe compte aussi sur son pilotage régulier des dépenses et sur son intégration verticale et locale pour compenser des coûts additionnels de 400 millions d'euros ou davantage - 300 millions sur les matières premières et 100 millions sur l'énergie et le transport - liés au conflit au Moyen-Orient
Michelin continuera également à améliorer sa structure de coûts, comme à travers l'exemple de la fermeture effective de l'usine d'Ardmore, aux Etats-Unis, annoncée fin 2023.
"A ce stade, il est très difficile de prédire précisément les conséquences du conflit, elles dépendront de la durée et de l'étendue du conflit", a dit le directeur financier Yves Chapot au cours d'une téléconférence avec les analystes.
"Mais à l'heure actuelle, nous travaillons avec une hypothèse qui se traduit par un prix du pétrole à environ 100 dollars le baril jusqu'à la fin de l'année", a-t-il ajouté.
L'an dernier, le groupe avait travaillé avec un prix du pétrole compris entre 70 et 80 dollars le baril, selon un support de présentation publié lors de la conférence analystes.
Yves Chapot n'a pas exclu que l'effet des coûts additionnels se fasse sentir au-delà de 2026 et déborde sur 2027.
(Reportage Gilles Guillaume et Mathias de Rozario, édité par Benoit Van Overstraeten)