Mercedes-Benz: bénéfice net quasiment divisé par deux en 2025, au plus bas depuis la pandémie information fournie par Boursorama avec AFP 12/02/2026 à 11:43
Le constructeur automobile Mercedes-Benz a annoncé jeudi un bénéfice net à son plus bas niveau depuis la pandémie et une chute drastique de ses marges en 2025, nouveau signe de la crise traversée par l'industrie automobile allemande coincée entre droits de douane et rude concurrence chinoise.
Le bénéfice net part du groupe a été quasiment divisé par deux à 5,1 milliards d'euros l'année dernière, son niveau le plus bas depuis 2020, année marquée par la pandémie de Covid-19, a-t-il indiqué dans un communiqué.
La marge opérationnelle, indicateur clé pour l'entreprise qui mise particulièrement sur les voitures de luxe depuis plusieurs années, s'est effondrée à 3,7%, alors que le groupe tablait sur une fourchette comprise entre 4 et 6%.
Ce ratio ne cesse de se détériorer depuis plusieurs années: il était de 12,6% en 2023 et de 8,1% en 2024.
Pour 2026, Mercedes-Benz vise une fourchette historiquement basse comprise entre 3 et 5%, à des niveaux comparables à ceux enregistrés chez son concurrent Volkswagen, qui vend des voitures beaucoup moins chères.
- Le recul se poursuit en Chine -
Pour l'entreprise de Stuttgart, l'année 2025 a été entâchée par une chute de ses livraisons de voitures de 9% à 1.800.000 unités, plombant mécaniquement le chiffre d'affaires, en recul de 9,2% sur un an à 132,2 milliards d'euros.
"La réduction des ventes est principalement dûe à la féroce compétition en Chine", a souligné jeudi le président du directoire de Mercedes Ola Källenius, lors d'une conférence de résultats.
Dans ce pays, Mercedes-Benz doit affronter la concurrence sans précédent de marques de mieux en mieux placées telles que BYD, particulièrement dans l'électromobilité.
Le géant chinois a vendu 2,26 millions de véhicules électriques en 2025, un nouveau record pour ce secteur.
En Chine, les livraisons de voitures de Mercedes ont diminué de 16% l'année dernière, et devraient poursuivre leur déclin en 2026 selon M. Källenius.
"L’écart de prix entre les marques chinoises haut de gamme et les constructeurs allemands premium doit se réduire sensiblement pour réussir la reprise en Chine", a estimé l'expert allemand de l'automobile Ferdinand Dudenhöffer, pour qui l'année 2025 est une année "à oublier" pour Mercedes, comme pour "presque tous les constructeurs automobiles".
Pour tenter de renouer avec la croissance, le président du directoire de Mercedes a annoncé la "plus grand offensive de lancements de produits de l'histoire de l'entreprise" dans les prochaines années.
Au total, le groupe prévoit de proposer 40 nouveaux modèles à partir de cette année - SUV électriques, grandes berlines, compactes électriques, sportives AMG ... - sur une période de trois ans.
Il a présenté fin janvier la dernière version son modèle le plus haut de gamme, la Classe S, sans toutefois proposer une motorisation 100% électrique.
Côté américain, les échanges avec les Etats-Unis ont été ébranlés par la hausse brutale des droits de douane à 15% imposée par le président américain Donald Trump sur les voitures européennes, qui pèsent sur les exportations de Mercedes, malgré la présence d'une usine en Alabama.
Lors d'une table ronde avec des journalistes en janvier, le président du directoire de Mercedes Ola Källenius s'était dit convaincu que les Etats-Unis étaient "un marché de croissance à moyen et long terme", raison pour laquelle le groupe compte y investir plus à l'avenir.
Vers 9h30 GMT, le cours de l'action du groupe, coté à Francfort, cédait 2,74% à 56,36 euros.