Mercedes-Benz abaisse ses prévisions pour 2026 après un deuxième trimestre difficile en Chine
information fournie par Boursorama avec AFP 28/07/2026 à 12:25

( AFP / THOMAS KIENZLE )

Le constructeur de véhicules haut de gamme Mercedes-Benz a estimé mardi nécessaire d'accroître sa compétitivité en réduisant ses coûts, après un deuxième trimestre difficile sur fond de forte concurrence en Chine.

"Nous devons continuer à tout mettre en oeuvre pour réduire les coûts afin de proposer nos produits de qualité à des prix compétitifs", a déclaré lors d'une conférence de presse le président du directoire de Mercedes-Benz, Ola Källenius, dans le cadre du lancement d'une "offensive de productivité" en Allemagne.

La direction discute actuellement avec les représentants des salariés des modalités de ce programme, qui pourrait inclure un allongement du temps de travail sans compensation salariale ainsi qu'une présence accrue des équipes sur les sites.

Le puissant syndicat IG Metall s'était mobilisé début juillet contre ce plan d'économies, présenté par la direction comme indispensable au redressement du groupe.

"Il ne s'agit pas de faire de l'Allemagne une Europe de l'Est, ce qui ne serait pas réaliste, et encore moins de la transformer en Chine", a assuré M. Källenius.

En revanche, l'objectif est "d'accroître notre compétitivité. Si nous y parvenons, l'activité industrielle en Allemagne deviendra globalement plus attractive", a-t-il souligné.

En marge de ses résultats financiers dévoilés mardi, le groupe de Stuttgart a abaissé ses prévisions de ventes automobiles et de chiffre d'affaires pour 2026, désormais attendus en léger recul, alors qu'il tablait jusqu'ici sur une stabilisation.

Plombé par la concurrence chinoise, le bénéfice opérationnel (EBIT) ajusté de la division voitures a atteint 909 millions d'euros entre avril et juin, en baisse de 26% sur un an.

Rapportée aux ventes et après ajustements, la rentabilité a ainsi reculé à 4%, contre 5,1% un an plus tôt.

En Chine, marché autrefois clé pour Mercedes-Benz mais où ses marges sont désormais sous pression en raison de la guerre des prix menée par les constructeurs locaux, les livraisons de voitures ont chuté de 30% sur un an.

Dans ce contexte le groupe de Stuttgart a comptabilisé plusieurs centaines de millions d'euros de dépréciations d'actifs, entraînant une chute de 93,7% de l'EBIT publié de la division voitures, à 49 millions d'euros.

Au deuxième trimestre, les ventes mondiales de véhicules électriques ont bondi de plus de moitié, portées par une forte croissance de 87% en Europe.

Les prises de commandes sur le Vieux continent ont par ailleurs "plus que doublé", s'est réjoui M. Källenius.

A l'échelle du groupe, le bénéfice net a progressé de 13,5%, soutenu par les meilleures performances des activités de véhicules utilitaires et de services financiers, ainsi que par les mesures de réduction des coûts engagées

Le marché accueillait favorablement ces résultats, l'action du constructeur coté au Dax gagnant 2,90% vers 08H50 GMT.