(Actualisé avec adoption et détails)
par Giulia Segreti
MILAN, 15 décembre (Reuters) - Les actionnaires de Mediaset
MS.MI ont approuvé vendredi des changements dans la taille et
le mode de désignation du conseil d'administration, qui
pourraient contenir l'influence de Vivendi VIV.PA sur le
groupe italien de médias contrôlé par la famille Berlusconi.
Ils ont voté pour une proposition consistant à abaisser de
21 à 15 le nombre maximal d'administrateurs et à modifier leur
sélection.
Cette réforme renforcera la stabilité du conseil
d'administration du groupe milanais mais elle ne laissera que
deux ou trois sièges aux actionnaires minoritaires, dont
Vivendi.
Ce vote est le dernier épisode en date de la bataille
opposant Mediaset à Vivendi, jusque devant les tribunaux, depuis
juillet 2016.
Le groupe français piloté par Vincent Bolloré avait alors
décidé, à la surprise de son homologue italien, de remettre en
cause un accord conclu quelques mois plus tôt sur le rachat de
la filiale de télévision payante Premium de Mediaset, assorti
d'une prise de participations croisées.
Après ce revirement, Vivendi est rapidement monté au capital
de Mediaset au point d'en devenir le deuxième actionnaire avec
une participation de 28,8%, derrière Fininvest, la holding de la
famille Berlusconi, qui en possède 39,5%.
Les ambitions prêtées à Vivendi ont suscité des inquiétudes
jusqu'au sein du gouvernement italien, le groupe français étant
par ailleurs le principal actionnaire de l'opérateur historique
Telecom Italia TLIT.MI .
Les nouvelles règles de gouvernance ont été approuvées à une
majorité largement supérieure aux deux tiers requis. Un peu
moins de la moitié des actionnaires de Mediaset étaient
présents.
Vivendi n'a pas participé pas à cette assemblée générale, a
indiqué un actionnaire, confirmant ce que deux sources avaient
auparavant indiqué à Reuters.
Fininvest avait déjà indiqué qu'il voterait en faveur de ces
nouvelles règles, mais le cabinet de conseil aux investisseurs
Glass Lewis avait recommandé aux actionnaires de voter contre
cette réforme, "étant donné le potentiel pour que les
amendements proposés consolident le contrôle de Fininvest sur le
conseil d'administration".
Amber Capital, qui détient une participation d'un peu plus
de 2,5% dans Mediaset, s'est prononcé contre la réforme car elle
aurait "un impact négatif sur la société et sur les droits des
actionnaires minoritaires", selon une note du fonds
d'investissement.
"Il n'est pas acceptable que la présence et la conduite de
Vivendi (...) soient aujourd'hui l'excuse pour introduire une
pilule empoisonnée cachée qui porte irrémédiablement atteinte
(aux droits) des actionnaires minoritaires", ajoute la note.
(Bertrand Boucey et Claude Chendjou pour le service français,
édité par Juliette Rouillon)