Marchés mondiaux: l'Europe dans le rouge, Wall Street tente de se reprendre information fournie par AFP 06/11/2026 à 19:08
Les marchés mondiaux restent sous pression vendredi après la déroute des valeurs technologiques liées à l'IA, tandis que les incertitudes politiques américaines et la perspective d'une Fed plus restrictive alimentent la nervosité des investisseurs.
"L'incertitude entourant les conséquences macroéconomiques plus générales des élections de mi-mandat américaines (...) a déclenché un vaste mouvement de réduction de l'exposition au risque sur les grandes capitalisations", commente Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.
Les principales places boursières européennes ont terminé dans le rouge, Paris cédant 0,81%, Londres 1,01%, Milan 0,90% et Zurich 1,14%. Francfort enregistre la plus forte baisse (-1,92%) alors que la Bourse allemande avait battu jeudi un record historique en séance, à 26.692,90 points.
La Bourse de New York cherche quant à elle à se reprendre vendredi après son plongeon de la veille lié aux inquiétudes sur l'intelligence artificielle (IA), mais les investisseurs sont réticents à se montrer trop optimistes.
Vers 17H00 GMT, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - avançait de 1,80 % et l'indice élargi S&P 500 gagnait 1,05 %, loin toutefois de compenser les pertes de jeudi. Le Dow Jones prenait 0,13 %.
Montagnes russes sur l'IA
La veille, l'indice Nasdaq avait essuyé sa pire séance depuis avril 2025 et le choc des droits de douane imposés par Donald Trump au monde entier en plongeant de 5,52 %, pénalisé par la chute des titres liés à l'IA. L'indice élargi S&P 500 avait dévissé de 4,35 %.
"La volatilité s'est poursuivie le 6 novembre sur les marchés japonais et sud-coréens", relèvent les experts de la banque Lombard Odier, dans une note dédiée. Le Kospi, l'indice phare de la Bourse de Séoul, a dévissé de 6,02% et le Nikkei, l'indice vedette de la Bourse de Tokyo de 5,96%.
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont servi de détonateur. Après la large victoire des démocrates, qui ont gagné les deux chambres du Congrès, les marchés craignent des règles plus strictes pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs indispensables à l'IA, particulièrement énergivores.
Plusieurs élus ont promis des moratoires sur les nouveaux projets face à la grogne des habitants, qui déplorent la charge imposée au réseau électrique, les émissions de gaz à effet de serre et les besoins en eau.
A New York, vers 17H00 GMT, les fabricants de puces tentent un rebond, à l'instar de Nvidia (+3,68 %), Broadcom (+1,70 %), ou AMD (+9,87 %) sans toutefois parvenir à éclipser entièrement leur trajectoire de jeudi.
"De nombreux projets de centres de données américains sont déjà en cours et même les scénarios les plus pessimistes ne remettent pas en cause le niveau des dépenses d'investissement toujours programmées pour 2027", rappellent les experts de Lombard Odier.
"Surtout, nous ne pensons pas que la demande en IA se soit évaporée", insistent-ils.
La Fed dans le radar
Sur le plan macroéconomique, la robustesse surprise des chiffres du marché du travail américain pour le mois d'octobre - le chômage passe à 4,1 %, le nombre d'emplois créés s'élève à 165.000 - n'est pas venue rassurer le marché.
Le rapport sur l'emploi s'est ainsi "révélé particulièrement solide et accentue à nouveau la pression sur la Fed (la Réserve fédérale américaine, ndlr) pour qu'elle relève ses taux en décembre, après que les inquiétudes apparues à la suite des élections de mi-mandat concernant un ralentissement des investissements dans l'IA ont atténué les anticipations de hausse des taux", note Jeff Schulze, responsable de la stratégie économique et de marché chez ClearBridge Investments.
Sur le marché de la dette, le taux d'emprunt des États-Unis à dix ans s'établissait à 4,85 % vers 17H00 GMT, contre 4,84 % la veille.
Calme plat sur le pétrole
Le pétrole s'inscrivait quant à lui en légère baisse, le cours du Brent, la référence mondiale du brut, se stabilisant autour des 97 dollars le baril vers 17H00 GMT.
"La perspective d'une fin du conflit, combinée à la reprise des flux de pétrole brut au Moyen-Orient, a suscité l'espoir que les perturbations extraordinaires de l'approvisionnement et la hausse des prix de l'énergie observées cette année puissent progressivement se défaire", explique Ole S. Hansen, responsable de la stratégie matières premières pour Saxo Banque.