Malgré le retour de l'inflation, la consommation des ménages américains tient bon information fournie par Zonebourse 17/06/2026 à 17:27
Les ménages américains ont accru leur consommation au mois de mai, en dépit de la forte remontée des prix de l'essence qui vient rogner leur pouvoir d'achat, montrent des chiffres officiels publiés mercredi.
En rythme mensuel, les ventes au détail ont augmenté de 0,9% le mois dernier aux États-Unis, contre un consensus de 0,5%, et après une hausse précédente de 0,4%. Par rapport à mai 2025, elles s'inscrivent en hausse de 6,9%.
"La publication de ventes au détail de mai montre que la consommation des ménages tient bien", réagit Bastien Drut, le responsable de la stratégie et de l'analyse chez CPRAM.
"Sur les derniers mois, les remboursements d'impôts liés à la Big Beautiful Bill (" tax refunds ") ont probablement permis d'amortir le choc", explique l'économiste.
"De plus, les ménages peuvent compter sur une progression continue de leur patrimoine avec la hausse récente des marchés actions", ajoute-t-il.
La hausse de mai a pourtant coïncidé avec une nette remontée de l'inflation, l'indice des prix à la consommation (CPI) étant passé de 3,8% à 4,2%, au plus haut depuis trois ans.
En termes réels, la hausse des ventes au détail se trouve d'ailleurs ramenée à 0,4% le mois dernier. Élément peut-être encore plus marquant, elles n'ont progressé que trois fois sur les six derniers mois.
Ce sont surtout les dépenses dans les stations-service, gonflées par la flambée des prix du carburant, qui ont soutenu la consommation avec une hausse de 3,4%. Elles grimpent de 26,5% sur un an.
Les achats de voitures ont quant à elles bien résisté en augmentant de 1,2% en dépit du renchérissement de l'essence.
Quelques nuages à l'horizon
Certains observateurs préviennent cependant que la consommation des ménages, qui représente près des deux tiers de l'activité économique outre-Atlantique, pourrait se montrer plus erratique dans les mois qui viennent en cas de persistance des tensions inflationnistes.
"Avec un prix de l'essence supérieur à 4 dollars le gallon, chaque dollar consacré au plein est un dollar de moins disponible pour d'autres postes de dépenses", préviennent les équipes de Janus Henderson.
"Même sans que le prix du pétrole ne dépasse les 100 dollars le baril, le vent contraire persistant des prix élevés de l'essence pourrait peser sur les consommateurs pendant les périodes clés des vacances et de la rentrée scolaire", indique le gestionnaire d'actifs.
Si les ménages à faibles revenus ont récemment augmenté leurs dépenses grâce aux remboursements fiscaux, cet élan pourrait s'avérer transitoire et s'estomper dans les prochains mois.
Avec le choc des prix de l'essence, les consommateurs consacrent une part plus importante de leur budget aux dépenses obligatoires (nécessaires) au détriment des dépenses discrétionnaires (non essentielles), ce qui les conduit à rechercher à se faire plaisir à petits prix.