Mairie de Paris: les chantiers prioritaires d'Emmanuel Grégoire information fournie par AFP 28/03/2026 à 14:11
Périscolaire, logement, transports... Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire, qui sera investi dimanche pour succéder à Anne Hidalgo après sa large victoire, est attendu au tournant par son opposition sur ses engagements de campagne.
Voici un tour d'horizon des chantiers prioritaires qui attendent l'édile socialiste à la tête d'une coalition de gauche unie sans LFI.
Périscolaire
Ce sera le dossier le plus sensible du début de mandat de l'ex-premier adjoint, dont la campagne a été rattrapée par des affaires de violences sexuelles dans le secteur. Ses rivales de droite Rachida Dati et de LFI Sophia Chikirou le tiennent pour responsable de ce scandale, estimant qu'il n'avait pas entrepris d'action majeure quand il était aux affaires à l'Hôtel de ville.
M. Grégoire a dit prendre "sa part de responsabilité" et promis une refonte du secteur. En commençant par rendre plus attractive la filière très précarisée de l'animation où, sur 14.000 agents, seuls 3.300 sont titulaires. Il souhaite recruter 2.800 agents sur des temps moins fragmentés pour éviter les rotations trop fortes, avec l'objectif de respecter la "règle absolue qu'aucun enfant ne soit laissé avec un seul adulte, ni aucun adulte seul avec plusieurs enfants".
Un conseil de Paris extraordinaire sera convoqué sur ce sujet "dès mi-avril", indique l'élu dans en entretien publié vendredi soir par Le Parisien.
Le socialiste, qui ne reviendra pas sur la semaine de 4,5 jours d'école, a aussi annoncé un "big bang de la transparence", avec un audit "indépendant" et des procédures de signalement "claires et partagées".
Il a promis d'aller "plus loin" que le plan de lutte contre les violences sexuelles à l'école engagé à l'automne dernier par la Ville.
"Zéro enfant à la rue"
La "première mesure" du nouveau maire sera d'engager un "grand plan de mise à l'abri avec une obligation de résultat": que "zéro enfant ne dorme à la rue à l'hiver 2026".
Il entend créer 4.000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires, alors qu'en trois ans le nombre de personnes à la rue est passé de 2.600 à plus de 3.500.
La mairie demandera à la préfecture d'Île-de-France la "réquisition immédiate" des logements vides depuis plus de cinq ans, et vise une meilleure répartition entre l'Ouest et l'Est. Sur les 4.000 places, 1.000 seront réservées aux enfants et à leurs familles via un dispositif "un toit pour chaque enfant".
Logement
Emmanuel Grégoire fait du logement sa "priorité absolue" alors que les loyers n'ont cessé de grimper et que l'offre locative se raréfie avec près d'un logement sur cinq inoccupé (vacant ou occupé occasionnellement). La droite reproche à la majorité sortante une politique de préemption "trop coûteuse", LFI d'avoir "gentrifié" la capitale.
Le nouvel édile fixe un objectif de 60.000 nouveaux logements publics, dont 30.000 sociaux et 30.000 abordables, avec un rééquilibrage entre les arrondissements. Il veut taxer davantage les résidences secondaires et renforcer les contrôles contre "les meublés touristiques permanents de type Airbnb". Avec l'espoir de "remettre 100.000 logements sur le marché".
Une "brigade de protection du logement" sera créée pour faire respecter l'encadrement des loyers, un dispositif expérimenté par certaines collectivités et censé s'achever en novembre 2026.
Le candidat de gauche s'engage également à rénover 200.000 logements sociaux et privés, en particulier par l'isolation des toits et la pose de volets.
Espace public, mobilités
L'ex-adjoint souhaite poursuivre la politique d'Anne Hidalgo marquée par une accélération de la végétalisation, de la piétonnisation et la réduction de la part de la voiture. Avec à la clé une baisse significative de la pollution même si d'autres facteurs, comme la rénovation du parc automobile, entrent en jeu.
Un "cœur piéton" sera créé dans chacun des 80 quartiers de la capitale, avec un objectif de "1.000 rues piétonnes", ainsi que deux nouvelles promenades, l'une prolongeant les voies sur berges, l'autre l'ex-petite ceinture ferroviaire.
Le bassin de l'Arsenal sera aménagé en espace de baignade - "la plage de la Bastille".
Côté transports, M. Grégoire veut transformer les 15 lignes de bus les plus empruntées en "bus express" avec couloirs dédiés. Objectif: une fréquence de cinq minutes aux heures de pointe, alors que la vitesse commerciale des bus parisiens a chuté.
Il souhaite une "expérimentation progressive" de l'ouverture 24H/24 des trois lignes de métros automatiques. Le déploiement des pistes cyclables se poursuivra dans "100% des rues de la capitale" avec, assure-t-il, "la fin des pistes sur les trottoirs et la sécurisation des carrefours", l'opposition reprochant à la municipalité d'avoir mal séparé les usages, au détriment du piéton.
Sur le périphérique, passé à 50 km/h, la nouvelle majorité terminera l'aménagement de la voie dédiée au co-voiturage en l'étendant à l'ensemble de l'anneau de 35 km. L'objectif étant de le transformer en "boulevard urbain" pour la santé des 500.000 riverains qui y vivent de part et d'autre, en démarrant par l'installation d'un passage piéton porte de Gentilly (sud).