* Un chantier titanesque s'ouvre
* L'ensemble du feu est éteint
* La piste de l'incendie accidentel privilégiée
* Des travaux de sécurisation durant 48 heures
* De lourds dommages mais le Trésor sauvé
* Les dons affluent
(Actualisé avec Emmanuel Macron, détails supplémentaires)
PARIS, 16 avril (Reuters) - Pouvoirs publics, entreprises et
citoyens ont lancé mardi la mobilisation générale en faveur de
la cathédrale Notre-Dame de Paris, en partie détruite par un
violent incendie dont l'origine accidentelle est privilégiée par
les enquêteurs.
Emmanuel Macron, qui s'est adressé dans la soirée aux
Français, a souhaité que sa reconstruction soit achevée d'ici
cinq ans.
L'édifice gothique, immortalisé par la peinture, la
littérature et le cinéma, a subi de lourds dommages dans ce
brasier qui a fait mardi la Une des grands titres de la presse
internationale, des Etats-Unis au Japon.
"Nous rebâtirons la cathédrale de Notre-Dame plus belle
encore et je veux que cela soit achevé d’ici cinq années, nous
le pouvons", a déclaré le chef de l'Etat.
Le feu étant désormais éteint, les travaux de sécurisation
ont débuté pour environ 48 heures afin de mettre au jour les
failles du monument, dont la construction remonte à plus de huit
siècles.
La flèche de la cathédrale, érigée par Eugène Viollet-le-Duc
au XIXe siècle, s'est notamment effondrée lundi soir,
endommageant la voûte qui est percée en trois endroits. Cinq
immeubles d'habitation voisins ont été évacués temporairement.
"La voûte, a priori, devrait tenir, il faut rester très
prudent", a déclaré le ministre de la Culture, Franck Riester.
Si la structure tient bon, le pignon du transept Nord et une
partie du beffroi Sud sont fragilisés.
Les pièces les plus précieuses du Trésor de la cathédrale -
Sainte couronne d'épines et tunique de Saint-Louis, notamment -
ont été mises à l'abri dès lundi soir au prix de manoeuvres
risquées des pompiers, sous la menace des chutes de plomb fondu.
Le reste du Trésor devait être transféré mardi ou mercredi au
Louvre, selon Franck Riester. L5N21Y28I
UN SAUVETAGE IN EXTREMIS
Selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, la
sauvegarde de la cathédrale s'est jouée à 15-30 minutes près.
Les causes du sinistre, qui a soulevé un vent d'émotion et
de solidarité mondial, restent pour l'heure inconnues. Selon les
premiers éléments, le feu a pris dans la charpente de l'édifice,
qui fait l'objet d'un programme de rénovation.
"J'indique très clairement que rien en l'état ne va dans le
sens d'un acte volontaire", a déclaré le procureur de la
République de Paris, Rémy Heitz, lors d'un bref point de presse
sur le parvis de Notre-Dame.
Les enquêteurs ont entendu mardi une trentaine de témoins,
des employés des sociétés - au nombre de cinq - travaillant sur
le chantier et des personnels chargés de la sécurité, selon le
parquet de Paris. L5N21Y2ND
Une première alerte incendie avait été donnée à 18h20 lundi,
suivie d'une levée de doute infructueuse, puis une seconde à
18h43 lors de laquelle un feu a été constaté sur la toiture, a
indiqué le procureur.
Les appels aux dons ont permis de lever plus de 750 millions
d'euros en quelques heures, provenant de collectivités locales,
dont la mairie de Paris, des plus grandes fortunes françaises et
de fleurons de l'industrie nationale.
ÉLAN DE SOLIDARITÉ MONDIAL
La famille de l'homme d'affaires Bernard Arnault et sa
société LVMH, "solidaires de cette tragédie nationale", ont dit
vouloir débloquer 200 millions d'euros. L'industriel François
Pinault et son fils François-Henri (groupe Kering) avaient
annoncé auparavant allouer 100 millions.
Au nombre des multiples annonces, sans précédent dans
l'histoire patrimoniale française, Total consent un don de 100
millions d'euros, Martin Bouygues, PDG du groupe de BTP, et son
frère Olivier se sont engagés à donner 10 millions d’euros.
L5N21Y2V5
L'élan de solidarité est mondial.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé les
vingt-huit Etats membres de l'Union européenne à appuyer les
efforts de reconstruction. Le Saint-Siège a fait savoir sur
Twitter que le pape priait "pour les catholiques français et la
population parisienne".
Cet événement sans précédent a comme suspendu le temps
politique en France : Emmanuel Macron, qui devait annoncer lundi
soir de premières réponses à la crise des "Gilets jaunes", a
reporté son intervention à une date indéterminée et la
conférence de presse prévue mercredi à ce propos est annulée.
Le président a reçu mardi de nombreux appels, en particulier
du président des Etats-Unis, Donald Trump, et de la chancelière
allemande, Angela Merkel, et du pape François, selon l'Elysée.
Le conseil des ministres de mercredi sera entièrement
consacré aux suites de l'incendie.
Les principaux partis français ont pour leur part décidé
d'observer une trêve dans la campagne pour les élections
européennes du 26 mai.
(Simon Carraud avec Service France, édité par Sophie Louet)