Macron au Kenya pour un sommet Afrique-France, accords et partenariats attendus information fournie par Reuters 11/05/2026 à 13:43
(Répétition du titre)
par Duncan Miriri
Le coup d'envoi du sommet "Africa Forward" a été donné lundi par plus de 30 dirigeants africains aux côtés du président français Emmanuel Macron au Kenya, le premier sommet franco-africain en terre anglophone alors que Paris cherche à conclure de nouveaux accords et partenariats face à l'affaiblissement de son influence dans ses anciennes colonies sur le continent.
Assis aux côtés du président kenyan William Ruto lors d'une table ronde avec de jeunes entrepreneurs, Emmanuel Macron a déclaré que l'Afrique et la France étaient des partenaires égaux partageant des objectifs communs.
"Beaucoup de solutions sont faites aux États-Unis ou en Chine", a-t-il déclaré. "Je pense que nous menons un combat commun (...) qui consiste à construire notre autonomie stratégique pour l'Europe et l'Afrique. Et si nous la construisons ensemble, nous serons bien plus forts."
Outre les dirigeants africains, sont présents à ce sommet des chefs d'entreprises françaises telles que TotalEnergies
TTEF.PA et Orange ORAN.PA , mais également l'homme le plus riche d'Afrique, l'industriel nigérian Aliko Dangote.
Des accords ont notamment été annoncés dimanche lors de la visite d'État d'Emmanuel Macron à Nairobi, la capitale du pays, dont le projet du groupe de transport maritime français CMA CGM d'investir 700 millions d'euros pour moderniser un terminal du port kenyan de Mombasa.
Des investissements dans les énergies propres, l'intelligence artificielle et d'autres domaines devraient également être annoncés.
Le sommet "Africa Forward" est le premier organisé par la France dans un pays anglophone, Paris ayant tiré les conséquences d'une série de revers en Afrique de l'Ouest, où plusieurs dirigeants francophones ont réduit leurs liens sécuritaires et commerciaux avec leur ancienne puissance coloniale.
La croissance des échanges commerciaux entre la France et les pays africains a notamment été mis en avant dans le cadre du sommet, alors que de plus en plus d'acteurs étrangers cherchent à se développer sur le continent.
L'année dernière, le Kenya a résilié un contrat à plus d'un milliard de dollars portant sur l'extension d'une autoroute avec un consortium dirigé par la société française Vinci SGEF.PA , pour finalement le confier à des entreprises chinoises.
LE KENYA VEUT DÉBATTRE DES CONCLUSIONS AU G7
Le Kenya espère profiter du sommet pour attirer des investisseurs français désireux de tirer parti de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), mais également pour faire avancer les discussions visant à rendre le système financier mondial plus équitable envers les pays africains fortement endettés.
"Nous pensons qu'il serait positif que les résultats essentiels de cette réunion … puissent également être intégrés comme points clés à l'ordre du jour du G7", a déclaré à Reuters le ministre kenyan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.
Le président kenyan William Ruto doit participer au sommet du G7 le mois prochain à Évian-les-Bains, à l'invitation de la France, qui assure la présidence tournante du groupe.
La France, qui a traditionnellement entretenu des liens plus étroits avec des pays de l'ouest et du centre de l'Afrique, est confrontée à une montée du sentiment anti-français dans ses anciennes colonies.
Les coups d'État survenus depuis 2020 au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont porté au pouvoir des officiers de l'armée qui ont expulsé les troupes françaises stationnées dans la région, pour les remplacer par des mercenaires russes.
La France a également cédé le contrôle de sa dernière grande base militaire au Sénégal en juillet dernier, après que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a déclaré que les bases françaises étaient incompatibles avec la souveraineté du pays.
Dimanche, Emmanuel Macron a minimisé l'absence de certains dirigeants au sommet "Africa Forward", soulignant que plusieurs chefs d'État d'Afrique de l'Ouest, dont Bassirou Diomaye Faye, ainsi que des représentants de la société civile seraient présents.
(Reportage Duncan Miriri ; avec Gus Trompiz à Paris ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)