* Acte l'isolement des Etats-Unis sur cette question
* Macron ne désespère pas de convaincre Trump
* Exclut toutefois tout "accord à la carte"
(Actualisé avec déclarations, contexte, précisions)
par Marine Pennetier
HAMBOURG, Allemagne, 8 juillet (Reuters) - Emmanuel Macron a
annoncé samedi, à l'issue d'un G20 marqué par l'isolement des
Etats-Unis sur la question du climat, la tenue le 12 décembre
d'un sommet en France, qui portera notamment sur les questions
de financement des mesures climatiques, deux ans après la
conclusion de l'accord de Paris.
Depuis le 1er juin et la sortie avec fracas des Etats-Unis
de cet accord obtenu après de longues tractations et considéré
comme historique, la France s'est engagée dans une
contre-offensive diplomatique visant à s'assurer de
l'"irréversibilité" de ce texte.
Au cours de ces deux derniers jours à Hambourg, les sherpas
français impliqués dans les négociations sur l'accord final du
G20, se sont employés, avec l'aide de la présidence allemande, à
limiter les ambiguïtés que souhaitait introduire la délégation
américaine et qui auraient fragilisé le texte.
"Sur la question du climat, nous avons réitéré à 19 notre
engagement et noté à 20 qu'il y avait un choix américain de ne
pas rester dans l'accord de Paris", a dit Emmanuel Macron lors
d'une conférence de presse à l'issue du sommet.
"Pour ma part, je continue à penser que c'est une erreur qui
est faite par les Etats-Unis de ne pas rester dans l'accord de
Paris et je souhaite qu'en aucun cas, cette décision américaine"
n'entrave les "avancées concrètes que nous devons mener", a-t-il
ajouté.
Il n'y a pas de "retour en arrière possible" sur les
questions climatiques ni d'"accord de Paris à la carte"
possible, a-t-il insisté.
Le chef de l'Etat, qui recevra à Paris son homologue
américain à l'occasion du défilé du 14-Juillet, a ajouté qu'il
ne "désespérait pas" de le convaincre de revenir sur sa décision
dans les semaines et les mois qui viennent.
"Emmanuel Macron a toujours été très clair sur le fait que
les Américains étaient toujours les bienvenus s'ils souhaitaient
revenir mais qu'ils ne pourraient pas renégocier l'accord",
souligne-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat, qui a noté une
"volonté américaine de rester dans le club de discussion" sur ce
texte.
MÊME LIGNE AVEC LA RUSSIE ET LA CHINE
Pour Paris et pour Berlin, tout l'enjeu du G20, dont les
Etats représentent 75% des émissions mondiales de gaz à effet de
serre, était de réaffirmer l'engagement à l'accord de Paris,
notamment de la part des "gros pollueurs", comme la Chine,
l'Inde ou la Russie.
Emmanuel Macron, qui a prévu de se rendre en Inde avant la
fin de l'année, a "noté avec satisfaction" la volonté du
président russe Vladimir Poutine, qu'il a rencontré en marge du
sommet, "de confirmer son adhésion à l'accord de Paris".
Son entretien avec son homologue chinois Xi Jinping, a
également permis, selon l'Elysée, de confirmer le "plein accord"
entre les deux dirigeants sur la question de la défense de
l'accord de Paris.
Fort du texte obtenu samedi à Hambourg - Paris souhaitait
une partie climat "sans ambiguïté" et actant l'isolement de
Washington - Emmanuel Macron a annoncé la tenue le 12 décembre
prochain d'un sommet "afin de prendre de nouvelles actions pour
le climat, notamment sur le plan du financement".
Ce "sommet d'étape", qui se tiendra deux ans après la
conclusion de l'accord de Paris, permettra en particulier de
mobiliser les financements privés et publics promis lors la
conférence des Nations Unies sur le climat qui a abouti à
l'accord de Paris, a-t-il précisé.
Il s'agira également "d'identifier les projets qui pourront
ainsi être financés et qui manifesteront une avancée concrète"
de cet engagement international pris par 195 états, "peut-être
demain 194", a-t-il ajouté.
(Edité par Pierre Serisier)