LVMH-Ventes inférieures aux prévisions au T3 avec le recul de la division mode et maroquinerie
information fournie par Reuters 12/10/2026 à 19:36

(Actualisé avec directrice financière, contexte)

Le groupe de luxe français LVMH

LVMH.PA a fait état lundi d'une croissance organique de ses ventes inférieure aux attentes des analystes au troisième trimestre, la demande pour ses marques de mode et de maroquinerie s'étant détériorée en raison de la faiblesse du marché en Chine.

Détenteur de plus de 70 marques dont Louis Vuitton, Dior ou les champagnes Moët et Chandon, LVMH a fait état de ventes de 18,50 milliards d'euros sur le trimestre, en croissance organique de 1% par rapport à la même période en 2025.

Elles s'avèrent légèrement inférieures aux attentes des analystes, qui anticipaient une augmentation de 1,32% d'après un consensus compilé par Visible Alpha.

Les résultats financiers de LVMH risquent de déstabiliser davantage les investisseurs, alors que le secteur du luxe, enlisé depuis trois ans, pourrait avoir du mal à retrouver sa dynamique passée.

LVMH a déclaré dans un communiqué que l'activité en Chine avait été affectée au troisième trimestre par un contexte "moins porteur", tandis que les Etats-Unis, l'Europe et le Japon connaissent toujours une "bonne croissance".

La division mode et maroquinerie, qui génère près de la moitié des ventes du groupe, a enregistré un recul de 5% de ses ventes sur le trimestre, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 1,8%.

Les principaux groupes de luxe européens ont perdu environ 330 milliards d'euros de capitalisation boursière depuis le début de l’année. Le groupe LVMH a perdu environ 40% de sa valeur.

Les ventes en Asie, dominées par la Chine, ont reculé de 5% par rapport à l'année précédente, tandis que celles aux Etats-Unis ont progressé de 5% au troisième trimestre.

"Au troisième trimestre en particulier, l'Asie a souffert d'une forte détérioration de la confiance des consommateurs chinois, due à des facteurs macroéconomiques, ce qui a eu un impact tangible sur les dépenses discrétionnaires", a déclaré la directrice financière du groupe, Cécile Cabanis, aux analystes.

La campagne fiscale menée par la Chine à l'encontre des particuliers fortunés, qui vient s’ajouter à une demande déjà faible dans le pays, est devenue le dernier casse-tête en date pour les marques de luxe, déjà aux prises avec la guerre en Iran et des signes de ralentissement des dépenses de consommation aux États-Unis.

Les consommateurs chinois représentent environ un cinquième des achats de produits de luxe dans le monde et ont longtemps été le moteur de la croissance de ce secteur. La demande a toutefois fortement baissé depuis la pandémie de Covid-19.

(Rédigé par Tassilo Hummel et Alessandro Parodi; version française Etienne Breban)