Les tensions USA-Iran pénalisent les Bourses et font grimper les rendements obligataires
information fournie par Reuters 18/08/2026 à 13:31

Un panneau indiquant « Wall Street » est visible à l'extérieur de la Bourse de New York (NYSE), à New York.

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes reculent mardi à mi-séance, pénalisées par ‌les prix élevés du pétrole et la hausse des rendements obligataires, dans un contexte de craintes d'un conflit prolongé au Moyen-Orient. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture presque stable (+0,01%) pour le Dow Jones, et en baisse ​de 0,45% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,15% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 0,44% à 8.541,58 points vers 10h50 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,29% et à Londres, le FTSE 100 est stable (+0,01%).

L'indice EuroStoxx 50 recule de 0,51%, le FTSEurofirst 300 de 0,52% et le Stoxx 600 de 0,50%.

Le prix du pétrole Brent dépasse à nouveau les 90 dollars le baril, alors que l'Iran a menacé d'adopter une position ​plus offensive dans le détroit d'Ormuz et que le président américain Donald Trump a exclu toute prolongation de l'accord signé en juin entre les deux parties, qui a expiré lundi sans avancées significatives.

"L'absence de tout accord aura des répercussions sur les prévisions concernant le prix du pétrole à plus ​long terme, au quatrième trimestre et même en 2027", avertit Suvro Sarkar, responsable de la recherche sur l'énergie ⁠chez DBS Bank.

Ormuz reste donc bloqué et continue d'être une source de tensions, à tel point que le locataire de la Maison blanche est même allé jusqu'à menacer lundi de bombarder Oman, ce dernier ‌cherchant séparément à trouver un accord avec l'Iran sur la gestion de cette voie stratégique.

Le nombre de navires ayant traversé le détroit d'Ormuz est resté inférieur à 10 lundi, ce qui représente néanmoins une légère hausse par rapport au week-end, mais une fraction de ce qu'était le trafic avant la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, selon les ​données préliminaires publiées mardi.

L'impasse prolongée au Moyen-Orient entretient les craintes d'inflation et, par là ‌même, l'envolée des rendements de la dette souveraine des principales économies mondiales, qui doivent en outre faire face à des incertitudes concernant la politique budgétaire.

Aux ⁠États-Unis, le rendement des obligations à 30 ans se situe mardi aux alentours de son plus haut niveau depuis près de 20 ans, à 5,3275%. Le coût de la dette à long terme touche également des niveaux jamais vus depuis plus de dix ans en Allemagne, en France et au Japon.

Les opérateurs continuent d'estimer à 96% la probabilité d'une hausse de 25 points de base des taux de la part de la Réserve fédérale (Fed) cette ⁠année, même si les chances d'un relèvement dès ‌septembre se sont réduites après la publication, la semaine dernière, de chiffres d'inflation plus modérés que prévu aux Etats-Unis.

Le marché anticipe largement une hausse des coût d'emprunt dans la ⁠zone euro le mois prochain, tandis qu'au Royaume-Uni, où le marché du travail montre des signes de ralentissement selon les données publiées ce mardi, la Banque d'Angleterre (BoE) devrait maintenir ses taux inchangés pour l'instant.

LES VALEURS À SUIVRE À ‌WALL STREET

Les géants de la technologie et les fabricants de puces sont indiqués en baisse à l'ouverture et devraient peser particulièrement sur le Nasdaq.

Micron Technology, Marvell Technology, Advanced Micro Devices et Intel ⁠reculent de 2,6% à 4,8% en avant-Bourse, tandis que les groupes spécialisés dans le stockage de données Sandisk et Western Digital perdent plus de ⁠5% chacun.

VALEURS EN EUROPE

Les groupes de semi-conducteurs sont sous pression ‌après les gains enregistrés la veille, dans un contexte de grande vigilance quant aux perspectives de ce secteur lié à l'IA et alors que la hausse des rendements obligataires pourrait réduire la valeur des bénéfices futurs ​et augmenter les coûts d'emprunt des entreprises.

STMicroelectronics, ASML, ASMI et Soitec reculent de 3% à 9%, tandis que le compartiment sectoriel ‌du Stoxx perd 1,76%.

Ailleurs en Europe, le brasseur danois Royal Unibrew chute 7,8% après ses résultats du deuxième trimestre publiés lundi soir.

TAUX

Les rendements obligataires progressent face aux craintes inflationnistes et budgétaires. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 1,2 point de ​base à 4,7359%, tandis que celui du titre à deux ans gagne 0,6 point de base à 4,1877%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans grimpe de 4 points de base à 3,2570% et son homologue à deux ans de 3 points de base à 2,8239%.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans avance de 4,3 points de base à 4,1054%, son plus haut niveau depuis novembre 2008. L'écart ⁠de rendement entre les obligations allemandes et françaises à 10 ans ressort à 84 points de base, son plus haut niveau depuis octobre 2025.

CHANGES Le dollar est plutôt stable mardi (+0,01%) face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,04% à 1,1574 dollar.

Le billet vert reste toutefois proche de ses plus bas niveaux depuis plusieurs mois face aux autres devises, les opérateurs ayant réduit leurs paris sur des hausses de taux de la Fed en septembre, même si les tensions géopolitiques pourraient encore modifier ces perspectives.

PÉTROLE

Les fluctuations sont légères sur les prix du pétrole mardi, dans un contexte toutefois tendu en raison de l'incertitude liée au conflit au Moyen-Orient.

Le Brent recule de 0,21% à 90,68 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille 0,4% à 84,84 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 18 AOÛT:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 13h15 Production juillet

industrielle

- sur un mois 0,3% 0,1%

- sur un an 1,14%

(Certaines données peuvent ​accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)