ORLEANS (Loiret), 30 novembre (Reuters) - Les salariés de
Vergnet SA ALVER.PA , seul constructeur français d'éoliennes,
sont inquiets pour l'avenir après la reprise de leur outil de
travail par un investisseur qui, selon eux, veut licencier, ce
que le repreneur avait démenti.
Vergnet SA a été mis en redressement judiciaire par le
tribunal de commerce d'Orléans le 31 août 2017 et trois
repreneurs s'étaient depuis déclarés. Le consortium Arum, dont
dont fait partie l'investisseur Krief Group, a été choisi.
"Ce matin, depuis l'annonce de la reprise par des dirigeants
maintes fois inquiétés ou condamnés pour escroquerie, plusieurs
collègues ont quitté l'entreprise", a dit à Reuters Jean-Marc
Sassolas, le secrétaire du comité d'entreprise (CE), lui-même
démissionnaire.
Les 140 salariés craignent que "Krief Group obtienne une
recotation du titre, puis lance un plan de sauvegarde de
l'emploi (PSE) qui ferait mécaniquement remonter le cours de
l'action", a-t-il ajouté, évoquant un "dépeçage".
Dans le plan de redressement, le consortium Arum assure
cependant qu'il conservera les effectifs en l'état.
"Compte tenu du nécessaire redéploiement des activités et de
la valeur du savoir-faire des équipes, nous estimons que le
retournement de la société ne recourra pas à un plan de
sauvegarde de l'emploi", a écrit le repreneur de Vergnet SA.
La Banque publique d'investissement (BPI), principal
actionnaire du constructeur français d'éoliennes, devrait céder
à la nouvelle direction l'intégralité de ses actions pour un
euro symbolique.
Après une année 2015 auréolée de résultats positifs, Vergnet
SA avait subi la chute des cours des matières premières, sa
clientèle étant essentiellement située en Afrique. Des
positionnements sur des gros projets jugés "trop ambitieux" par
les représentants du personnel avaient également contribué à
affaiblir le producteur d'éoliennes.
"Depuis deux ans, nous avons alerté la BPI des dangers que
nous encourions. En vain", a assuré Jean-Marc Sassolas.
Contacté par Reuters, Krief Group s'est refusé à tout
commentaire.
(Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse)