Les salariés des Cora repris par Carrefour appelés à la grève mercredi par la CFTC information fournie par Boursorama avec AFP 31/03/2026 à 14:01
"Même travail, même rémunération" : les salariés des anciens hypermarchés Cora passés sous bannière Carrefour sont appelés à faire grève mercredi par la CFTC pour dénoncer les "inégalités" de traitement subsistant, selon le syndicat, entre les "Ex-Cora" et les employés historiques de leur nouvelle enseigne.
Carrefour, deuxième distributeur français derrière E.Leclerc, a finalisé mi-2024 auprès du groupe Louis Delhaize l'acquisition de 60 hypermarchés Cora.
Il en a cédé trois depuis après une décision de l'Autorité de la concurrence. Convertis en Carrefour, les 57 autres magasins emploient actuellement 15.200 personnes, a précisé le groupe à l'AFP.
Mais si ces salariés portent désormais "la tenue Carrefour", leur "fiche de paie" et leur contrat restent au nom et aux conditions de Cora, "filiale" du groupe, a expliqué à l'AFP Cyrille Lechevestrier, délégué syndical central CFTC Cora France .
Selon le syndicaliste, qui travaille au Carrefour Rennes-Pacé, l'écart de rémunération entre les Ex-Cora et les salariés historiques des hypermarchés Carrefour dépasse "un euro de l'heure".
Son syndicat, présent dans une "quinzaine" d'anciens Cora notamment à Montbéliard ou Courrières, réclame donc une "politique salariale juste", ainsi qu'un "accès équitable à l'intéressement et à la participation", tout en dénonçant une "forte dégradation" des conditions de travail.
Contacté par l'AFP, Carrefour a dit "regretter" l'appel à la grève et avoir "toujours privilégié le dialogue social".
"Chaque entreprise au sein du groupe Carrefour (Carrefour Hypermarchés, Market, Cora, etc.) possède son propre statut juridique et social, adapté à son fonctionnement, ses objectifs et son histoire", a commenté le distributeur, estimant que "l'appartenance à un même groupe ne signifie pas l'uniformisation des statuts sociaux".
"Dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) 2026, la direction a proposé aux salariés de Cora une réévaluation des grilles de salaire ainsi qu'un certain nombre de mesures" pour leur pouvoir d'achat, notamment "une prime de partage de la valeur de 230 euros", souligne Carrefour.
Mais pour la CFTC, cette prime est "déconnectée des efforts fournis" et dérisoire comparée aux "1.423 euros" de prime d'intéressement et de participation prévus, selon M. Lechevestrier, pour les salariés Carrefour.
Le syndicat s'inquiète aussi de la potentielle mise en vente d'une dizaine d'ex-hypermarchés Cora évoquée par le média La Lettre et du passage prévu de certains magasins en location-gérance, variante de la franchise où le distributeur reste propriétaire du fonds de commerce.