(Participation actualisé)
par Gleb Stolyarov
MOSCOU, 8 septembre (Reuters) - Les Moscovites étaient
appelés aux urnes dimanche pour des élections régionales très
observées en raison de l'exclusion de nombreux candidats de
l'opposition, qui a donné lieu à de grandes manifestations cet
été.
Le mouvement de protestation a débuté à la mi-juillet,
lorsque la Commission électorale a invalidé un grand nombre de
candidatures pour cause de parrainages insuffisants, ce que
Vladimir Poutine a approuvé dimanche, après avoir voté.
Les exclus, parmi lesquels figurent de nombreux partisans de
l'opposant Alexeï Navalny, accusent les autorités de les avoir
sciemment écartés du scrutin.
Les élections ont lieu dans 85 régions de Russie, mais
Moscou en est l'enjeu principal. Alexeï Navalny en a fait une
étape essentielle de la bataille contre Russie unie, le parti
présidentiel, dont la cote est au plus bas depuis plus de dix
ans.
Prié de dire s'il aurait souhaité un plus grand nombre de
candidatures, le chef de l'Etat a dit préférer la qualité. "Dans
certains pays, il y a 30, 50 ou 100 candidats. La qualité de
leur travail n'en dépend pas. L'important, ce n'est pas la
quantité, mais la qualité", a-t-il déclaré.
La popularité personnelle de Vladimir Poutine reste
supérieure à 60%, une cote qui ferait pâlir la plupart de ses
homologues occidentaux. Elle est toutefois en net recul, ce qui
ne l'a pas empêché d'être réélu haut la main l'an dernier.
FAIBLE PARTICIPATION
Russie unie pâtit plus lourdement du mécontentement suscité
par le relèvement de l'âge de la retraite et la baisse constante
des revenus. A Moscou, ses représentants ont renoncé à porter
ses couleurs pour concourir sans étiquette.
Malgré les appels à la mobilisation d'Alexeï Navalny, la
participation devrait à peine dépasser 20% dans la capitale,
selon les données fournies par la Commission électorale.
Plus de 2.000 manifestants ont été arrêtés au cours des
rassemblements de l'été. L'un d'eux, organisé le 10 août, a
réuni 60.000 personnes, ce qui était sans précédent depuis huit
ans pour une manifestation politique, selon un organisme
spécialisé.
L'organe de tutelle des télécommunications a par ailleurs
reproché dimanche à Google et à Facebook d'avoir autorisé la
diffusion de messages politiques le jour du scrutin alors qu'il
leur avait demandé de les interdire.
"De tels actes peuvent être considérés comme une ingérence
dans les affaires souveraines de la Russie et entravent le
déroulement d'élections démocratiques dans la Fédération", dit
l'agence Roskomnadzor sur son site internet.
(Avec Andrey Kuzmin, Jean-Philippe Lefief pour le service
français)