Les rendements obligataires s'effondrent après l'annonce d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 08/04/2026 à 10:41

Les rendements des obligations d'État chutent fortement mercredi, l'accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en Iran ayant entraîné une chute brutale des prix de l'énergie et incité les opérateurs à revoir à la baisse leurs prévisions concernant les hausses futures des taux d'intérêt.

Le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR recule de 16,2 points de base à 2,9215%, tandis que celui de l'obligation à deux ans DE10YT=RR abandonne 24,4 points de base à 2,4861% et enregistre ainsi sa plus forte baisse journalière depuis mars 2023.

Au Royaume-Uni, le rendement du Gilt à 10 ans GB10YT=RR recule de 19 points de base à 4,715%. La baisse est encore plus marquée - 25 points de base - pour le Gilt à deux ans GR2YT=RR , qui est plus sensible aux anticipations de taux d'intérêt.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR cède 10,3 points de base à 4,2399%, tandis que son homologue à deux ans US2YT=RR perd 11,4 points de base à 3,7193%

Les craintes d'un conflit de longue durée au Moyen-Orient avaient attisé les inquiétudes inflationnistes en mars, amenant les marchés à anticiper un resserrement de la politique monétaire de la part des banques centrales du monde entier, y compris de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Les opérateurs reviennent désormais sur certaines de leurs prévisions, dans l'espoir que la trêve annoncée dans la nuit de mardi à mercredi débouche sur une solution durable au conflit en Iran et permette un retour à la normale de la navigation dans le détroit d'Ormuz, entraînant ainsi une baisse des prix de l'énergie.

Les marchés monétaires estiment désormais à 20% la possibilité d'une hausse des taux de la BCE en avril contre 60% mardi, et indiquent un taux de dépôt à 2,50% d'ici la fin de l'année, contre 2,75% auparavant.

Aux États-Unis, les opérateurs estiment qu'il y a environ 50% de chances que la Réserve fédérale (Fed) abaisse ses taux d'intérêt lors de sa dernière réunion de l'année, alors que mardi, ils estimaient à 74,5% la probabilité d'un statu quo, selon l'outil FedWatch du CME Group.

Avant le début de la guerre en février, les marchés s'attendaient généralement à deux baisses de taux aux États-Unis.

Au Royaume-Uni, les investisseurs anticipent désormais une hausse des taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre (BoE) d'environ 35 points de base cette année, contre 63 points mardi.

(Reportage Stefano Rebaudo, Andy Bruce et Ankur Banerjee, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)