Les rendements devraient, encore, dicter la tendance
information fournie par Zonebourse 05/10/2026 à 08:36

Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir sans direction claire lundi, la prudence l'emportant à l'entame d'une semaine qui sera dominée par la publication de l'indice ISM des services aux Etats-Unis, la parution des "minutes" de la dernière réunion de la Fed et le début de la saison des résultats de 3e trimestre avec l'annonce des comptes de PepsiCo, même si c'est l'évolution des rendements obligataires qui devrait encore monopoliser toute l'attention des investisseurs.

Les contrats à terme signalent un recul de près de 0,2% pour le CAC 40 parisien à l'ouverture, mais un gain de 0,3% pour le DAX à Francfort, de 0,5% pour le FTSE à Londres et un début de journée plutôt stable pour l'Euro STOXX 50.

Le CAC avait perdu 2,2% la semaine passée pour enfoncer le seuil psychologique des 8 000 points et revenir à des plus bas depuis le mois d'avril dernier. L'indice vedette a néanmoins réussi à préserver sa zone de support immédiat à 7 850 points.

Les rendements obligataires ont affiché une forte hausse la semaine dernière, surtout en France où les investisseurs semblent de plus en plus s'inquiéter de la capacité de l'Hexagone à reprendre le contrôle sur ses finances publiques.

Alors que les marchés tentent de s'adapter à la perspective de taux d'intérêt plus élevés, le mouvement de repli a été général : l'Euro STOXX 50 a cédé sur l'ensemble de la semaine autour de 1% et le DAX accusait des pertes hebdomadaires de l'ordre de 0,7%.

Wall Street a également connu une semaine agitée : si le Nasdaq Composite a réussi à engranger des gains de quelque 0,5%, le Dow Jones a perdu 1,3% la semaine dernière, tandis que le S&P 500 cédait environ 0,2%.

Elément de soulagement, les rendements des emprunts d'Etat américains ont quelque peu reflué vendredi en réaction à l'annonce d'un ralentissement bien plus marqué que prévu des créations d'emplois aux Etats-Unis en septembre, qui éloigne le scénario d'une poursuite du resserrement de la politique monétaire de la Fed dans l'immédiat.

Le rendement des "Treasuries" à dix ans est revenu vers 4,28%, contre un pic de 4,34% jeudi avant la publication de ces statistiques.

Les rendements de référence de la zone euro ont fini en baisse dans le sillage de leurs homologues américains, celui du Bund allemand à dix ans s'établissant à 3,46% et son équivalent français à 4,87%, donnant un "spread" de 141 points, toujours au plus haut depuis le début de la crise de la dette de la zone euro en 2011.

Jusqu'où vont les taux vont-ils monter ?

La question qui brûle toutes les lèvres est de savoir jusqu'où les taux grimperont cette fois-ci et donc de déterminer à quel point les banques centrales sont disposées à aller dans leur lutte contre l'inflation.

"Lorsque les banques centrales commencent à adopter des hausses de taux, le processus a tendance à entraîner des hausses trop nombreuses et excessives, car l'impact économique peut mettre plus d'un an à se manifester", prévient à ce titre Chris Huijs, analyste chez ABN Amro.

A ce titre, les opérateurs resteront sans doute sur leurs gardes avant la publication, mercredi, du compte-rendu de la réunion stratégique de la Réserve fédérale tenue en septembre, et qui avait abouti à un relèvement des taux directeurs.

Au vu de la tempête qui secoue le compartiment obligataire, les investisseurs vont sans doute scruter attentivement le document à la recherche d'indications sur les perspectives de l'institution en matière d'inflation. Ils chercheront également à savoir si les membres du FOMC soutiennent de nouvelles hausses de taux ou si des divergences de vues significatives subsistent au sein du comité.

Cet après-midi, les investisseurs seront attentifs à la parution de l'indice ISM des services aux Etats-Unis, qui permettra d'en savoir plus sur la santé de l'économie américaine et la nécessité ou non d'opter pour de nouveaux tours de vis monétaires.

Si les marchés boursiers se sont montrés jusqu'ici particulièrement résilients face à la poussée des rendements obligataires, aux relèvements de taux des banques centrales et à une inflation élevée, le début de la saison des résultats trimestriels - dont PepsiCo donnera le coup d'envoi jeudi - constituera par ailleurs un test décisif aux valorisations du moment.

Sur le marché des devises, l'euro reste sous pression et s'enfonce vers des plus bas depuis mai 2025 face au dollar, cédant actuellement 0,5% à 1,1199, sur fond de regain de tension sur la dette souveraine française et de la volatilité des cours du pétrole.

Après la cassure de plusieurs seuils techniques majeurs, notamment les supports clés situés à 1,1325 puis 1,1270, la configuration graphique demeure nettement dégradée pour la monnaie unique qui se dirige à court terme vers son support immédiat de 1,1170.

Le marché pétrolier reste orienté à la baisse, les investisseurs réagissant toujours à l'annonce des pays du G7 de libérer des réserves stratégiques dans les mois qui viennent, un facteur auquel s'ajoute désormais une décision similaire des membres de l'Agence internationale de l'énergie (IEA) tandis que les pays de l'Opep ont décidé de maintenir inchangés leurs niveaux de production.

Le Brent abandonne actuellement 0,9% à 101,3 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,5% à 89,7 dollars.