Les prix de l'énergie s'envolent, l'Iran cible des installations énergétiques du Golfe information fournie par Reuters 19/03/2026 à 10:57
Les prix du gaz et du pétrole s'envolent jeudi, sous l'effet d'une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, alors que des frappes aériennes iraniennes visent les installations énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque perpétrée la veille contre une importante installation gazière iranienne.
Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour l'Europe, avance de plus de 23% pour atteindre 67,66 euros par mégawattheure (MWh) vers 09h19 GMT,
Il réduit quelque peu son envolée après avoir ouvert sur un gain de plus de 31% à 71,7 euros le MWh, son niveau le plus élevé depuis décembre 2022, selon les données d'ICE.
Sur les marchés pétroliers, le cours du Brent, principale référence en Europe, grimpe de 10,8% à 119,08 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 3% à 99,16 dollars.
Le Brent a atteint le 9 mars dernier un pic à 119,50 dollars le baril, son plus haut niveau depuis mi-2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait également provoqué de fortes turbulences sur les marchés de l'énergie.
Le conflit au Moyen-Orient s'est intensifié depuis que l'Iran a accusé Israël d'avoir attaqué mercredi ses installations énergétiques à South Pars et, en représailles, a lancé des attaques contre des gisements de gaz et de pétrole dans la région du Golfe.
Les frappes aériennes iraniennes ont causé depuis mercredi d'importants dégâts à la plus grande usine de gaz au monde, située au Qatar et ont également pris pour cible une raffinerie détenue par le géant pétrolier saoudien Aramco et le groupe américain ExxonMobil en Arabie saoudite.
Elles ont également contraint les Émirats arabes unis à fermer des installations gazières et ont provoqué des incendies dans deux raffineries koweïtiennes.
L'une des unités opérationnelles des raffineries Mina al-Ahmadi et Mina Abdullah de la Kuwait Petroleum Corporation a été prise pour cible par des drones, provoquant des incendies sur les deux sites, a rapporté l'agence de presse officielle.
MISSILE EN DIRECTON DE YANBU
Le ministère saoudien de la Défense a dit jeudi qu'un drone s'était écrasé sur la raffinerie de Samref, précisant que l'évaluation des dégâts était en cours.
Il a également dit avoir intercepté un missile balistique tiré en direction de Yanbu, ville portuaire sur la mer Rouge qui constitue actuellement le seul point de sortie des exportations de pétrole de l'Arabie saoudite et où se trouve la raffinerie de Samref.
Selon deux sources, le port de Yanbu a cessé tous les chargements de brut.
Les Émirats arabes unis ont pour leur part fermé des installations gazières après avoir intercepté des missiles tôt jeudi matin.
QatarEnergy, la compagnie pétrolière nationale du Qatar, a précisé mercredi que les attaques de missiles iraniens sur Ras Laffan, site des principales opérations de traitement de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays, avaient causé des "dégâts considérables".
L'entreprise publique, deuxième exportateur mondial de GNL, a indiqué dans un communiqué que son équipe d'intervention d'urgence avait été immédiatement déployée pour maîtriser les incendies provoqués par l'attaque.
Jeudi matin, tous les incendies à Ras Laffan avaient été maîtrisés et aucun blessé n'était à déplorer, a précisé le ministère de l'Intérieur.
Situé à 80 kilomètres au nord de Doha, le site Ras Laffan accueille plusieurs entreprises internationales, dont le groupe britannique Shell, le plus grand négociant mondial de GNL.
"Nous évaluons actuellement tout impact potentiel sur les installations exploitées ou utilisées par Shell dans la zone industrielle de Ras Laffan et nous fournirons de plus amples informations en temps voulu", a déclaré un porte-parole du géant énergétique.
Dans un communiqué, le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé l'attaque sur Ras Laffan comme une "menace directe" à la sécurité nationale du Qatar et a accusé l'Iran d'adopter une "approche irresponsable".
Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, ainsi que les arrêts et réductions de la production d'hydrocarbures dans la région du Golfe ont provoqué un choc sur les marchés énergetiques au cours des dernières semaines.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'Israël s'était "violemment emporté", pour expliquer l'attaque de mercredi contre le gisement de gaz iranien, écartant toutefois la possibilité que l'Etat hébreu mène d'autres attaques similaires à moins de représailles de la part de Téhéran.
(Reportage Yomna Ehab, Jaidaa Taha, Marwa Rashad, Florence Tan, Hatem Maher, Yousef Saba et Jana Choukeir; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)