Les principales banques centrales s'engagent sur la voie du resserrement monétaire face au choc des prix de l'énergie
information fournie par Reuters 18/09/2026 à 12:07

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(Ajout de la décision de la Banque du Japon)

* La Fed réoriente sa politique vers une orientation plus restrictive

* La Banque d'Angleterre maintient ses taux inchangés mais suspendra ses ventes d'obligations

* Comme prévu, la Banque du Japon relève ses taux à leur plus haut niveau depuis 31 ans

par Stefano Rebaudo et Sophie Kiderlin

Les principales banques centrales s’engagent sur la voie du resserrement monétaire, la Réserve fédérale ayant réorienté mercredi sa politique vers une orientation plus restrictive, alors même que les opérateurs continuent d’anticiper une réponse plus agressive que celle prévue dans le « dot plot » de la banque centrale américaine.

Selon les économistes, les marchés surévaluent les hausses de taux à venir, dans un contexte où l’on craint que le choc pétrolier ne s’aggrave après la prise par les Houthis d’un tronçon stratégique du littoral de la mer Rouge, une manœuvre perçue comme le signe d’une position plus affirmée de la part de cette milice soutenue par l’Iran.

Voici où en sont les banques centrales des dix économies développées du G10, classées par ordre décroissant de taux directeur.

1/ AUSTRALIE

La Banque centrale d’Australie a relevé ses taux d’intérêt à trois reprises cette année, les portant à 4,35 %, annulant ainsi entièrement les baisses de l’année dernière.

La voie semble clairement ouverte à une nouvelle hausse , notamment après la publication d’un chiffre d’inflation élevé en juillet . Le vice-gouverneur de la banque centrale a déclaré que les décideurs politiques débattraient de l’opportunité d’une hausse lors de leur réunion prévue plus tard ce mois-ci.

Les marchés s’attendent globalement à ce que la banque centrale relève ses taux à cette occasion.

2/ NORVÈGE

La Norvège affiche l’un des taux les plus élevés du G10 et semble approcher de la fin de son cycle de hausse des taux. La Norges Bank, qui se réunira le 24 septembre, a maintenu ses taux inchangés à 4,25 % en août et a noté que l’inflation s’était modérée.

L’économie a quant à elle progressé à un rythme plus lent que ne l’avaient prévu les économistes au deuxième trimestre, à seulement 0,3 %, tandis que les marchés anticipent une nouvelle hausse d’un quart de point d’ici la fin de l’année.

3/ ROYAUME-UNI

La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés jeudi, comme prévu, à 3,75 %. Trois des membres du comité de politique monétaire ont voté en faveur d’une hausse — soit le même nombre que lors de la précédente réunion de la banque centrale.

Mais les responsables ont également tiré la sonnette d’alarme sur l’inflation, le gouverneur Andrew Bailey avertissant qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait nécessiter un resserrement de la politique monétaire.

Les marchés tablaient en dernier lieu sur au moins une hausse des taux de la Banque d’Angleterre cette année, avec une possibilité d’une autre.

4/ ÉTATS-UNIS

La Fed a relevé ses taux et a laissé entrevoir de nouvelles hausses , une décision qui a apaisé les inquiétudes concernant l’indépendance de la banque centrale face aux demandes du président Donald Trump en faveur d’une baisse des taux.

Sans ce signal clair, les investisseurs auraient pu se demander si une Fed dirigée par Kevin Warsh resterait déterminée à maîtriser l’inflation, ce qui aurait pu peser sur les actifs américains.

Toutefois, alors que les décideurs prévoient une nouvelle hausse des taux en 2026 et une pause en 2027, les traders anticipent plus d’une hausse cette année et environ trois hausses d’ici fin 2027.

5/ NOUVELLE-ZÉLANDE

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé ses taux pour la deuxième réunion consécutive, les portant à 2,75 % au début du mois, comme prévu. Mais elle a également laissé entendre que tout nouveau resserrement serait probablement modéré, compte tenu de l’ampleur croissante des risques pesant sur les perspectives économiques.

Les dernières données sur la croissance économique se sont quant à elles révélées supérieures aux prévisions, signe de résilience. Les marchés anticipent au moins une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année.

6/ ZONE EURO

La Banque centrale européenne a relevé ses taux pour la deuxième fois cette année au début du mois et a adopté un ton belliciste face à la hausse des prix de l’énergie.

Les marchés anticipent au moins une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année et un taux de dépôt supérieur à 3 % en 2027. Mais certains économistes s’attendent à ce que le choc énergétique pèse sur la croissance économique et contribue à freiner les pressions inflationnistes jusqu’à l’année prochaine.

7/ CANADA

La Banque du Canada a maintenu ses taux inchangés au début du mois, mais son gouverneur, Tiff Macklem, a déclaré qu’elle pourrait relever ses taux à plusieurs reprises si l’inflation restait élevée.

Cela marque une rupture par rapport à son message précédent, selon lequel les risques haussiers pesant sur l’inflation et les risques baissiers pesant sur la croissance étaient globalement équilibrés.

Depuis lors, des signes de ralentissement du marché du travail sont apparus et les tensions commerciales avec les États-Unis assombrissent les perspectives économiques . Les marchés anticipent néanmoins une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année.

8/ SUÈDE

La Riksbank suédoise se situe dans le camp des « colombes » et devrait maintenir son taux directeur à 1,75 % lors de sa réunion prévue plus tard ce mois-ci.

Les chiffres de l’inflation du mois d’août se sont révélés inférieurs aux attentes, ce qui renforce cette opinion.

Les marchés s’attendent néanmoins à une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

9/ JAPON

La Banque du Japon a relevé ses taux vendredi, comme prévu, à 1,25 %, leur plus haut niveau depuis 31 ans, et a indiqué qu’elle était prête à continuer de relever le coût de l’emprunt, tout en mettant en garde contre une intensification des pressions sur les prix.

Malgré tout, les orientations de la Banque du Japon n’ont pas été perçues par les marchés comme étant explicitement « hawkish », et deux membres ont exprimé une opinion dissidente « dovish », ce qui a maintenu les investisseurs dans l’incertitude quant à l’évolution future des taux.

Les marchés tablaient en dernier lieu sur une forte probabilité d’un nouveau relèvement des taux par la Banque du Japon cette année.

10/ SUISSE

Les marchés s’attendent à ce que la Banque nationale suisse maintienne son taux directeur à 0 % lors de sa réunion du 24 septembre et le laisse à ce niveau jusqu’à une date avancée de l’année prochaine.

Les données faisant état d’une hausse des prix à la consommation et d’une forte croissance économique ont laissé entrevoir la possibilité d’une intervention plus précoce. Toutefois, la vigueur du franc suisse a contribué à modérer l’inflation, réduisant ainsi la nécessité d’un resserrement monétaire.