*
L'indice bancaire européen perd 10% en deux jours
*
Les ministres tentent d'apaiser les marchés face à un
risque de
contagion
*
Bruno Le Maire demande aux investisseurs de se calmer
par Philip Blenkinsop
BRUXELLES, 13 mars (Reuters) - Les ministres européens
des Finances et le commissaire européen à l'économie ont
minimisé le risque de contagion après l'effondrement de la
banque américaine Silicon Valley Bank (SVB), alors que les
actions des banques européennes connaissent leur plus important
recul depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le compartiment européen des banques STOXX .SX7P était en
baisse de 5,65% à la clôture des Bourses lundi. Depuis jeudi
soir, il a perdu 9,4% et atteint son niveau le plus bas depuis
le début du mois de janvier.
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le
Maire, a appelé les marchés à "se calmer", alors que s'ouvrait
la réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe à
Bruxelles, et le commissaire européen à l'Économie Paolo
Gentiloni a souligné qu'il ne voyait pas de risque de contagion
sur les banques européennes.
"Il y a une possibilité de contagion indirecte, mais pour le
moment nous ne voyons pas cela comme un risque spécifique", a
dit Paolo Gentiloni.
La banque allemande Commerzbank CBKG.DE a été la plus
touchée de l'indice, avec une baisse de 12,7%, mais le ministre
allemand des Finances, Christian Lindner, a déclaré à Bruxelles
que l'effondrement de la SVB "ne changeait rien" pour
l'Allemagne.
"J'ai confiance dans l'économie allemande", a-t-il dit.
Bruno Le Maire et son homologue belge Vincent Van Peteghem
ont également tenu à rassurer sur leurs secteurs bancaire
respectifs alors que les investisseurs continuaient à se
débarrasser de leurs titres.
En France, Société Générale SOGN.PA et BNP Paribas
BNPP.PA reculaient de plus de 6%. La banque belge KBC KBC.BR
perdait elle 5,7% à la clôture.
Selon Bruno Le Maire, il n'y a pas de lien entre les
différentes situations. Le modèle économique et financier de BNP
Paribas BNPP.PA , Société Générale SOGN.PA et d'autres
banques françaises est radicalement différent du modèle de la
Silicon Valley Bank, a dit le ministre.
Le ministre belge des Finances a également tenu à bien
différencier les banques américaines et belges, ces dernières
bénéficiant d'un cadre réglementaire européen et belge "très
clair".
Du côté de l'Espagne, Sabadell SABE.MC , Santander
SAN.MC , BBVA BBVA.MC , Caixabank CABK.MC et Unicaja
UNI.MC perdaient de 7 à 11%.
"Les banques espagnoles disposent d'un cadre de surveillance
renforcé et d'un bilan sain", a également tenu à rassurer Nadia
Calvino, ministre espagnole de l'Économie.
Plus nuancé, le ministre irlandais des Finances, Michael
McGrath, a déclaré qu'il était encore trop "tôt" pour évaluer
l'impact de l'effondrement, ajoutant que l'Irlande se félicitait
de l'acquisition par HSBC de la filiale de Silicon Valley Bank
au Royaume-Uni après la faillite de la société mère américaine,
pour une livre sterling.
(Reportage Philip Blenkinsop, rédigé par Geert De Clercq et
Charlotte Van Campenhout ; Version française Kate Entringer,
édité par Tangi Salaün)