Les marchés mondiaux emportés par la tempête sur les valeurs de l'IA information fournie par AFP 06/11/2026 à 14:09
La tempête qui secoue les valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA) a fait le tour des marchés mondiaux vendredi, de Tokyo à Paris, au lendemain d'une chute historique à Wall Street, qui pourrait toutefois tenter de se reprendre à l'ouverture du marché américain.
Vers 12H40 GMT, Paris perdait 1,67 %, Londres 2,05 % et Zurich 2,08 %. Francfort reculait le plus fortement, de 2,42 %. La chute est d'autant plus brutale que la Bourse allemande avait battu jeudi un record historique en séance, à 26.692,90 points.
Jeudi à New York, le Nasdaq, indice qui regroupe de nombreuses valeurs technologiques, avait plongé de 5,52 %, sa plus forte chute depuis avril 2025, quand Donald Trump avait imposé des droits de douane au monde entier. Les fabricants de puces électroniques, au cœur de l'essor de l'IA, avaient été les plus touchés : Micron et AMD avaient perdu plus de 17 %, Nvidia plus de 9 %.
L'Asie a suivi vendredi : Tokyo et Séoul ont chuté de 6 %, Taipei de 4,5 %.
Wall Street pourrait en revanche se reprendre vendredi : les contrats à terme, qui permettent d'anticiper l'ouverture, annonçaient un rebond de 1,57 % pour le Nasdaq.
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont servi de détonateur. Après la large victoire des démocrates, qui ont gagné les deux chambres du Congrès, les marchés craignent des règles plus strictes pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs indispensables à l'IA, particulièrement énergivores.
"L'écosystème IA est entré dans une zone de turbulences", relève Bruno Cavalier, chef économiste d'Oddo BHF, et le risque dépasse la Bourse pour les Américains : "les ménages ont désormais 43 % de leur richesse financière exposée au marché des actions, dix points de plus qu'en 2000", souligne-t-il.
"Si l'effet de richesse devait s'inverser, cela aurait des effets négatifs sur la consommation" et in fine "sur la croissance économique" de la première puissance mondiale, ajoute-t-il.
La tech européenne résiste
Paradoxalement en Europe, les rares valeurs directement exposées à la chaîne de valeur de l'IA résistaient au mouvement de vente, notamment dans le secteur des semi-conducteurs : ASML avançait de 3,98 %, ASM International prenait 3,08 %, STMicroelectronics 2,67 %, BE Semiconductor Industries 2,59 % et Infineon 2,09 %.
Le reste de la cote encaissait en revanche le choc. Beaucoup ont misé de grosses sommes sur l'IA et "lorsque la panique s'installe, tout le monde cherche à sortir en même temps", commente Kristofer Barrett, responsable de la gestion actions de Carmignac.
Le laboratoire britannique AstraZeneca perdait ainsi 3,69 %, le géant suisse de l'alimentation Nestlé 2,75 % et l'assureur allemand Allianz 3,76 %.
Le luxe, en partie dépendant de la clientèle américaine, souffrait particulièrement : à Paris, LVMH cédait 3,75 %, Kering 3,35 % et Hermès 2,92 %.
Le rapport mensuel sur l'emploi américain, publié à 13H30 GMT, pourrait redistribuer les cartes de la séance. Les économistes attendent environ 70.000 créations de postes en octobre. Un chiffre solide renforcerait le scénario d'une hausse des taux de la banque centrale américaine (Fed) en décembre pour freiner l'inflation.
Sur le marché de la dette, le taux d'emprunt des États-Unis à dix ans s'établissait à 4,87 % vers 12H40 GMT, contre 4,84 % la veille. En Europe, l'emprunt allemand à dix ans était à 3,25 % après 3,24 % jeudi et son équivalent français à 4,80 % contre 4,78 % précédemment.
Le pétrole était stable, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeant autour de 98 dollars.