Les marchés européens se revigorent malgré la hausse de l'inflation américaine information fournie par Zonebourse 14/10/2026 à 17:54
Les marchés européens ont rebondi à l'issue de la séance ce mercredi en dépit d'une nouvelle progression de l'inflation aux Etats-Unis au mois de septembre. Profitant d'un léger calme ce matin, les rendements obligataires sont finalement repartis à la hausse après la publication des chiffres américains des prix à la consommation. L'OAT française 10 ans a gagné 4,4 points à 4,88%. Dans ce contexte, le CAC 40 a progressé de 0,58% se rapprochant du seuil des 7 900 points, à 7 873,11 points. De leur côté, Londres, Francfort et Amsterdam se sont adjugés respectivement 0,70%, 0,25% et 0,69%.
Pendant que les Bourses européennes parviennent à progresser, la situation est nettement plus indécise de l'autre côté de l'Atlantique en raison d'indicateurs économiques plus mitigés.
A Wall Street, les indices reculent après la publication du rapport sur les chiffres de l'inflation américaine du mois de septembre. Après 17h45, le Nasdaq fléchit de 1,18% et le Dow Jones S&P 500 cède 0,82%.
Selon le département du Travail, les prix à la consommation ont augmenté de 3,7% en rythme annuel contre 3,4% en août. Cette accélération de l'inflation est conforme aux anticipations moyennes des économistes.
Toutefois, en excluant les catégories traditionnellement volatiles que sont l'énergie ( 20,4%) et l'alimentation ( 2,5%), le taux annuel d'inflation sous-jacente est passé de 2,4% en août à 2,6% en septembre, alors que le consensus de marché ne l'anticipait qu'à 2,5% pour le mois écoulé. Cette accélération pourrait pousser la Fed à durcir encore sa politique monétaire.
Commentant ces données, Jeff Schulze, head investment strategist du Franklin Templeton Institute considère que "la publication aujourd'hui d'un IPC sous-jacent plus élevé que prévu renforce la perspective de nouvelles hausses de taux. Selon nous, les chiffres de septembre ne sont probablement pas suffisants pour que la Fed procède à deux hausses consécutives lors de la réunion du FOMC d'octobre."
De son côté, Bastien Drut, responsable Stratégie & Analyse chez CPRAM souligne que "l'inflation surprenant à la hausse maintient la pression sur la Fed car cela fait désormais plus de 5 ans et demi que l'inflation est au-dessus de sa cible. Même si la hausse de l'inflation cette année s'explique essentiellement par la hausse des prix de l'énergie, l'inflation sous-jacente ne montre toujours pas de vrai signe de baisse : c'est la mauvaise surprise de ce rapport."
Au-delà de la parution attendue des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, l'actualité reste toujours dominée par la géopolitique et le climat délétère au Moyen-Orient.
Escalade géopolitique au Moyen-Orient et incertitudes sur le marché pétrolier
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé ce mercredi qu'un navire avait pris feu et coulé après avoir heurté une mine dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique qui fait l'objet d'un long conflit entre Téhéran et Washington.
A Riyad, en Arabie saoudite, de fortes explosions ont été entendues ce mercredi, ont rapporté des journalistes de l'AFP. La capitale saoudienne est fréquemment visée ces derniers jours par des attaques des Houthis du Yémen, alliés de l'Iran. Devant la presse, en marge de l'assemblée annuelle du FMI à Bangkok, la directrice générale de cette institution internationale, Kristalina Georgieva, a partagé ses inquiétudes sur les répercussions économiques à l'échelle mondiale, suite à ces affrontements à Riyad.
En outre, deux hauts responsables iraniens ont déclaré à Reuters que l'Iran prépare de nouvelles tactiques pour viser les navires transitant par le détroit d'Ormuz, dans le but de maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé et d'influencer les élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
Face à l'intensité croissante des combats au Moyen-Orient, les prix du pétrole sont volatils après 17h45. Le baril de Brent perd 0,61% à 105,64 dollars. A l'inverse, le WTI américain gagne 0,16% à 94,90 USD.
Au sujet de l'or noir, d'ailleurs, Loïc Bécue, gérant gestion diversifiée & allocation d'actifs pour Sienna estime que la société de gestion ne table désormais plus sur une résolution rapide des tensions au Moyen-Orient, dans son scénario d'investissement : "Nous retenons comme hypothèse centrale : celle d'un conflit long mais larvé, avec des facteurs de rappel, notamment économiques, qui devraient inciter Washington et Téhéran à contenir l'intensité des hostilités pour le retour d'une circulation suffisante dans les détroits du golfe Persique. Ce scénario devrait permettre au baril de Brent de refluer progressivement vers 85-90 USD d'ici à la fin de l'année, mais cela implique aussi que les tensions sur l'énergie persistent assez longtemps pour se transmettre à l'économie et aux marchés financiers."
Toujours sur le pétrole, dans ce contexte de tensions géopolitiques intenses au Moyen-Orient, l'Opep a annoncé ce matin dans son rapport du mois d'octobre qu'elle anticipait désormais un ralentissement de la croissance de la consommation mondiale de pétrole pour l'année 2026. Celle-ci devrait progresser de 200 000 barils par jour en glissement annuel contre 400 000 barils espérés précédemment.
En revanche, pour 2027, la demande mondiale devrait accélérer et augmenter d'environ 2,6 millions de barils par jour en rythme annuel, suite à une révision à la hausse de 200 000 barils par jour par rapport à l'estimation du mois dernier.
Eutelsat domine le SBF 120
Si la macroéconomie et la géopolitique continuent d'orienter la tendance globale des marchés, les investisseurs restent à l'affût des dernières informations concernant les sociétés cotées.
Parmi les mouvements notables du jour, Eutelsat ( 23,33%) s'est distingué en finissant largement en tête de l'indice SBF 120. Le titre de l'opérateur de télécommunications a grimpé suite aux déclarations de Sunil Bharti Mittal, le coprésident du conseil d'administration d'Eutelsat. Celui-ci a indiqué qu'Eutelsat OneWeb avait déposé sa demande de licence pour l'internet par satellite en Inde il y a cinq ans et qu'elle devançait nettement Starlink dans la file d'attente. Le groupe pourrait aussi pallier un potentiel retrait de Starlink en Ukraine.
Technip Energies avait affiché l'une des plus fortes progressions du SBF 120 ce mercredi, soutenu par une note plutôt favorable d'UBS. L'action a finalement clôturé sur un repli de 0,4%. L'analyste a relevé sa recommandation sur le titre du spécialiste de l'ingénierie et de technologies de neutre à achat, bien qu'il abaisse son objectif de cours de 41 à 39 EUR. Cette nouvelle cible offre néanmoins un potentiel de hausse de près de 30%.
Ailleurs en Europe, ASML ( 1,23%) a enregistré l'une des plus fortes hausses de l'indice AEX 25 à la Bourse d'Amsterdam. Le titre de l'équipementier néerlandais pour l'industrie des semi-conducteurs a été soutenu par la publication de ses résultats du 3e trimestre jugés "très encourageants" par ING, ainsi que par des perspectives rassurantes sur la demande. Sur cette période, ASML a généré un bénéfice net de près de 4,96 MdsEUR, soit 12,95 EUR par action, un BPA en progression de près de 71% par rapport au trimestre précédent. La marge brute s'est améliorée de 3,5 points, à 57,5%, dépassant à la fois la fourchette cible du groupe (55-57%) et le consensus : 56%.
A la suite de l'acquisition par Lufthansa de près de 45% du capital de TAP, Bernstein confirme son conseil "performance de marché" (market-perform) sur le titre du transporteur allemand, avec un objectif de cours inchangé à 9 EUR. Le broker rappelle toutefois que l'hostilité du syndicat portugais des pilotes à l'arrivée de Lufthansa pourrait constituer un point à surveiller.
En léger repli à la Bourse de Zurich (-0,51%) ce matin, Galderma ( 2,69%) a fini en hausse après avoir annoncé l'acquisition de ZO Skin Health pour 1,5 milliard de dollars. Fondée par le dermatologue Dr Zein Obagi et basée à Irvine, en Californie, ZO Skin Health est présentée comme une référence incontournable du secteur médical depuis plus de 20 ans.