Les marchés européens se contractent après le coup de semonce de Trump information fournie par Zonebourse 19/01/2026 à 17:53
Les places boursières européennes entament la semaine en nette baisse, pénalisées par un regain de tensions commerciales entre les États-Unis et l'Europe. Les menaces douanières brandies par Donald Trump ont particulièrement pesé sur les valeurs exportatrices, dans un contexte européen déjà marqué par des incertitudes politiques croissantes. Wall Street est restée portes closes, en raison du Martin Luther King's Day.
La Bourse de Paris conclut cette première séance de la semaine sur un repli marqué de 1,78%, à 8112 points, alors que les investisseurs doivent composer avec une énième sortie de Donald Trump qui, pendant le week-end, a menacé les pays européens - dont la France - de droits de douane supplémentaires s'ils ne consentaient pas à approuver la cession du Groenland à Washington.
Trump agite (encore) le spectre de la guerre commerciale
"Donald Trump franchit une étape supplémentaire dans l'usage du commerce comme instrument de contrainte géopolitique", souligne Michaël Nizard, Head of Multi-Asset & Overlay chez Edmond de Rothschild AM. L'annonce de taxes de 10%, appelées à grimper à 25% dès l'été, vise directement plusieurs piliers économiques européens, de la France à l'Allemagne, en passant par le Royaume-Uni et les pays nordiques.
Face à ce qu'il qualifie de "coercition économique", Emmanuel Macron a demandé l'activation de l'instrument anti coercition européen, adopté en 2023 mais jamais utilisé. L'objectif est à la fois de restreindre l'accès au marché unique pour certaines entreprises américaines, et aussi d'envoyer un signal politique extrêmement fort sur la volonté de l'UE de ne plus céder à la pression commerciale. Un sommet extraordinaire des membres de l'UE est attendu jeudi.
L'épisode agit comme un révélateur brutal : longtemps perçu comme un facteur de stabilisation, le commerce se mue en potentielle arme politique.
Ces nouvelles tensions ont immédiatement jeté dans le rouge les cours des sociétés particulièrement exposées à l'export, à l'instar de LVMH (-4,3%) ou Kering (-4,1%). Le secteur du luxe paie cash ce nouvel embrasement géopolitique qui pourrait aboutir à une surtaxation durable des produits du Vieux Continent.
STMicro ne fait pas exception (-4,81%) tandis que le secteur auto subit aussi de nombreux dégagements avec BMW (-3,7%, qui subit aussi un abaissement, de "acheter" à "conserver", de Berenberg). Mercedes (-2,3%), Renault (-2,1%), Stellantis (-1,9%). L'EuroStoxx 50 recule de 1,7%, avec un DAX à -1,3% et Londres qui limite la casse à -0,4%.
Par ailleurs, les marchés sont aussi suspendus à la décision de la Cour Suprême qui doit se prononcer incessamment quant à la légalité des taxes douanières annoncées par l'administration Trump en avril dernier. "Tout ceci crée un cocktail parfait pour un regain de volatilité en bourse en début de semaine", indique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Entre incertitudes politiques et données macro : les marchés dans le flou
Il faut dire que le climat européen est aussi marqué par la fragilité des gouvernements en place. En France, l'impasse budgétaire fait craindre de nouvelles tensions sur les taux souverains, alors que le gouvernement Lecornu lutte pour ramener le déficit vers les 5% du PIB. Le Premier ministre vient d'annoncer qu'il allait finalement recourir à l'article 49.3 pour adopter son budget, contrairement à ses promesses passées.
Si ce revirement du locataire de Matignon pourrait rassurer les marchés en dotant enfin l'Hexagone d'un budget, il pourrait aussi être à l'origine de nouveaux bouleversements politiques, à moins de deux mois des élections municipales. La France Insoumise a d'ailleurs immédiatement réagi en promettant le dépôt d'une motion de censure.
Mais la politique hexagonale n'est pas la seule à susciter la vigilance des marchés : au Royaume-Uni, le parti Reform UK devance désormais largement le Labour et les Conservateurs dans les sondages, avec des défections de haut profil au sein du camp conservateur. "Le parti a atteint 30% d'intentions de vote en janvier 2026, contre 14% lors des élections législatives de juillet 2024", soulignent les analystes de chez Nomura.
Ainsi, le soutien combiné des Travaillistes (Labour) et des Conservateurs est en chute libre, tombant sous la barre des 40% (contre environ 57% en 2024). Selon Electoral Calculus , si des élections avaient lieu demain, Reform UK remporterait 277 sièges sur 650 (contre seulement 5 sièges obtenus en 2024).
Quoi qu'il en soit, les marchés anticipent une dernière baisse de 25 points de base de la part de la Bank of England en avril 2026, portant le taux terminal à 3,50%.
Une pluie de publications trimestrielles attendue dès demain
Sur le front des statistiques, le taux d'inflation annuel de la zone euro s'est établi à 1,9% en décembre 2025, contre 2,1% en novembre, d'après Eurostat qui révise ainsi en baisse son estimation pour le dernier mois de l'année passée, ressortie à 2% en estimation préliminaire.
La semaine sera aussi chargée en indicateurs clés avec, dès demain, les chiffres de l'emploi au Royaume-Uni et l'indice ZEW du sentiment économique en Allemagne (attendu en nette hausse à 57,0). Mercredi est attendue l'inflation britannique (IPC) de décembre, prévue en légère hausse à 3,3%, tandis que vendredi seront publiés les indices PMI flash pour la zone euro, l'Allemagne et la France, qui donneront la température de l'activité en ce début d'année.
Enfin, la saison des résultats suivra son cours avec les publications de Netflix, Rio Tinto, 3M ou Mercedes (mardi), J&J (mercredi), GE Aero, Intel, Procter & Gamble (jeudi) ou encore Schlumberger et Ericsson (vendredi).
"Après une domination sans partage des États-Unis et de la technologie, 2026 s'annonce comme l'année de la diversification. Les investisseurs institutionnels affichent un optimisme historique mais pivotent massivement vers les marchés émergents et l'Asie hors-Japon, délaissant une partie de leur exposition américaine jugée trop concentrée", jugeaient ce matin les analystes de Goldman Sachs.
Sur le compartiment obligataire, le rendement du Bund à 10 ans est stable autour des 2,83%, tandis que l'OAT de même échéance est à 3,49% (-3 pts).
À Londres, le Brent s'échange à 64 USD le baril (-0,25%). L'or franchit des sommets à 4670 USD l'once ( 1,6%). Enfin, l'euro grappille 0,4% face au billet vert, à 1,163 USD.
La Bourse de Paris conclut cette première séance de la semaine sur un repli marqué de 1,78%, à 8112 points, alors que les investisseurs doivent composer avec une énième sortie de Donald Trump qui, pendant le week-end, a menacé les pays européens - dont la France - de droits de douane supplémentaires s'ils ne consentaient pas à approuver la cession du Groenland à Washington.
Trump agite (encore) le spectre de la guerre commerciale
"Donald Trump franchit une étape supplémentaire dans l'usage du commerce comme instrument de contrainte géopolitique", souligne Michaël Nizard, Head of Multi-Asset & Overlay chez Edmond de Rothschild AM. L'annonce de taxes de 10%, appelées à grimper à 25% dès l'été, vise directement plusieurs piliers économiques européens, de la France à l'Allemagne, en passant par le Royaume-Uni et les pays nordiques.
Face à ce qu'il qualifie de "coercition économique", Emmanuel Macron a demandé l'activation de l'instrument anti coercition européen, adopté en 2023 mais jamais utilisé. L'objectif est à la fois de restreindre l'accès au marché unique pour certaines entreprises américaines, et aussi d'envoyer un signal politique extrêmement fort sur la volonté de l'UE de ne plus céder à la pression commerciale. Un sommet extraordinaire des membres de l'UE est attendu jeudi.
L'épisode agit comme un révélateur brutal : longtemps perçu comme un facteur de stabilisation, le commerce se mue en potentielle arme politique.
Ces nouvelles tensions ont immédiatement jeté dans le rouge les cours des sociétés particulièrement exposées à l'export, à l'instar de LVMH (-4,3%) ou Kering (-4,1%). Le secteur du luxe paie cash ce nouvel embrasement géopolitique qui pourrait aboutir à une surtaxation durable des produits du Vieux Continent.
STMicro ne fait pas exception (-4,81%) tandis que le secteur auto subit aussi de nombreux dégagements avec BMW (-3,7%, qui subit aussi un abaissement, de "acheter" à "conserver", de Berenberg). Mercedes (-2,3%), Renault (-2,1%), Stellantis (-1,9%). L'EuroStoxx 50 recule de 1,7%, avec un DAX à -1,3% et Londres qui limite la casse à -0,4%.
Par ailleurs, les marchés sont aussi suspendus à la décision de la Cour Suprême qui doit se prononcer incessamment quant à la légalité des taxes douanières annoncées par l'administration Trump en avril dernier. "Tout ceci crée un cocktail parfait pour un regain de volatilité en bourse en début de semaine", indique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Entre incertitudes politiques et données macro : les marchés dans le flou
Il faut dire que le climat européen est aussi marqué par la fragilité des gouvernements en place. En France, l'impasse budgétaire fait craindre de nouvelles tensions sur les taux souverains, alors que le gouvernement Lecornu lutte pour ramener le déficit vers les 5% du PIB. Le Premier ministre vient d'annoncer qu'il allait finalement recourir à l'article 49.3 pour adopter son budget, contrairement à ses promesses passées.
Si ce revirement du locataire de Matignon pourrait rassurer les marchés en dotant enfin l'Hexagone d'un budget, il pourrait aussi être à l'origine de nouveaux bouleversements politiques, à moins de deux mois des élections municipales. La France Insoumise a d'ailleurs immédiatement réagi en promettant le dépôt d'une motion de censure.
Mais la politique hexagonale n'est pas la seule à susciter la vigilance des marchés : au Royaume-Uni, le parti Reform UK devance désormais largement le Labour et les Conservateurs dans les sondages, avec des défections de haut profil au sein du camp conservateur. "Le parti a atteint 30% d'intentions de vote en janvier 2026, contre 14% lors des élections législatives de juillet 2024", soulignent les analystes de chez Nomura.
Ainsi, le soutien combiné des Travaillistes (Labour) et des Conservateurs est en chute libre, tombant sous la barre des 40% (contre environ 57% en 2024). Selon Electoral Calculus , si des élections avaient lieu demain, Reform UK remporterait 277 sièges sur 650 (contre seulement 5 sièges obtenus en 2024).
Quoi qu'il en soit, les marchés anticipent une dernière baisse de 25 points de base de la part de la Bank of England en avril 2026, portant le taux terminal à 3,50%.
Une pluie de publications trimestrielles attendue dès demain
Sur le front des statistiques, le taux d'inflation annuel de la zone euro s'est établi à 1,9% en décembre 2025, contre 2,1% en novembre, d'après Eurostat qui révise ainsi en baisse son estimation pour le dernier mois de l'année passée, ressortie à 2% en estimation préliminaire.
La semaine sera aussi chargée en indicateurs clés avec, dès demain, les chiffres de l'emploi au Royaume-Uni et l'indice ZEW du sentiment économique en Allemagne (attendu en nette hausse à 57,0). Mercredi est attendue l'inflation britannique (IPC) de décembre, prévue en légère hausse à 3,3%, tandis que vendredi seront publiés les indices PMI flash pour la zone euro, l'Allemagne et la France, qui donneront la température de l'activité en ce début d'année.
Enfin, la saison des résultats suivra son cours avec les publications de Netflix, Rio Tinto, 3M ou Mercedes (mardi), J&J (mercredi), GE Aero, Intel, Procter & Gamble (jeudi) ou encore Schlumberger et Ericsson (vendredi).
"Après une domination sans partage des États-Unis et de la technologie, 2026 s'annonce comme l'année de la diversification. Les investisseurs institutionnels affichent un optimisme historique mais pivotent massivement vers les marchés émergents et l'Asie hors-Japon, délaissant une partie de leur exposition américaine jugée trop concentrée", jugeaient ce matin les analystes de Goldman Sachs.
Sur le compartiment obligataire, le rendement du Bund à 10 ans est stable autour des 2,83%, tandis que l'OAT de même échéance est à 3,49% (-3 pts).
À Londres, le Brent s'échange à 64 USD le baril (-0,25%). L'or franchit des sommets à 4670 USD l'once ( 1,6%). Enfin, l'euro grappille 0,4% face au billet vert, à 1,163 USD.