Les marchés européens prolongent leur rebond, le Moyen-Orient et l'énergie sous surveillance
information fournie par Zonebourse 05/03/2026 à 11:59

Les marchés européens prolongent leur rebond ce matin après les turbulences provoquées en début de semaine par l'escalade des tensions au Moyen-Orient. Les investisseurs restent toutefois prudents alors que le conflit pourrait s'inscrire dans la durée et que les prix de l'énergie restent sous surveillance. Paris, Londres et Francfort s'adjugent entre 0,3 et 0,4%.

Sur le front géopolitique, le conflit se poursuit au Moyen-Orient et les experts ne tablent pas sur une fin des hostilités avant plusieurs semaines. Hier, les marché ont réagit à une information du New York Times indiquant que des responsables iraniens auraient tenté d'ouvrir des contacts avec Washington pour mettre fin aux hostilités, une initiative rapidement rejetée par Donald Trump, qui aurait jugé qu'il était "trop tard".

Les Etats-Unis ont d'ailleurs revendiqué de matin la destruction d'un navire de guerre iranien au large du Sri Lanka, torpillé par un sous-marin, éloignant la perspectives de négociations à court terme.

Très scrutés en raison du blocage du détroit d'Ormuz, les marchés de l'énergie restent volatils mais la hausse du pétrole semble désormais contenue avec un baril de Brent autour des 83 USD. En début de semaine, il avait brièvement dépassé les 85 USD.

"Ce qui se passe sur l'énergie est normal", estime Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. "Le pétrole est un marché peu profond où l'offre peut rapidement faire bouger les prix, ce qui favorise des épisodes brusques de volatilité. Tant qu'il n'y a pas de contagion, il n'y a pas de raison de paniquer", indique-t-il en substance.

Dans une note publiée ce matin, Goldman Sachs estime que l'impact principal du conflit sur l'économie mondiale passe par les prix de l'énergie avec un baril en hausse de 14% depuis fin février. Selon la banque, ce niveau de prix pourrait ajouter environ 0,2 point de pourcentage à l'inflation mondiale et retrancher environ -0,1 point à la croissance.

La banque souligne également un resserrement récent des conditions financières mondiales d'environ 31 points de base, qui pourrait retrancher jusqu'à -0,3 point de croissance mondiale s'il devait se prolonger.

Enfin, la fermeture de capacités de production de gaz naturel liquéfié au Qatar, représentant près de 19% de l'offre mondiale, pourrait accentuer les tensions sur les prix du gaz en Europe et en Asie.

Les actions en mouvement

Dans ce contexte teinté d'incertitudes, le marché parisien est tiré par STMicroelectronics qui gagne 5,7%, porté par la présentation d'un nouveau microcontrôleur destiné aux objets connectés et par la bonne orientation du secteur des semi-conducteurs dans le sillage des résultats de Broadcom.

Dans l'aéronautique, Airbus progresse de 2,3% après une recommandation relevée de "neutre" à "achat" par Citi, qui a également porté son objectif de cours de 208 à 217 EUR. Le courtier estime que l'avionneur pourrait atteindre un rythme de production de 75 appareils par mois, soutenu par un carnet de commandes solide et par la demande pour des appareils plus économes en carburant.

À l'inverse, les compagnies aériennes sont pénalisées par les tensions géopolitiques. À Londres, Wizz Air chute de 9% après un avertissement sur ses résultats. La compagnie hongroise anticipe un impact négatif de 50 millions d'euros sur son bénéfice net pour l'exercice 2026, les annulations de vols et détours imposés par la crise au Moyen-Orient renchérissant les coûts d'exploitation.

Par ailleurs, Ryanair plonge de 2%, tout comme easyJet. IAG et Lufthansa reculent de 1,3%.

En revanche, Air France-KLM qui a prolongé jusqu'au 8 mars la suspension de ses vols vers le Moyen-Orient et suspendu sa liaison avec Cuba en raison d'une pénurie de carburant, gagne 1% à mi-séance après un recul de 2% dans la matinée.

En Allemagne, DHL recule de 3,5% après des résultats jugés décevants et des perspectives prudentes pour 2026, pénalisées notamment par les droits de douane américains.

Des stats et des chiffres

Sur le front macroéconomique, les ventes au détail ont reculé de 0,1% dans la zone euro en janvier, alors que les économistes attendaient une hausse de 0,3%, après 0,2% en décembre.

En France, la production manufacturière a rebondi de 0,6% en janvier après -0,7% en décembre 2025, selon l'Insee. La production industrielle totale progresse de 0,5% après un recul de 0,5% le mois précédent.

Les investisseurs surveilleront cet après-midi plusieurs statistiques américaines, dont les inscriptions hebdomadaires au chômage, les prix à l'import et à l'export ainsi que la productivité non agricole, toutes attendues à 14h30.

Dans ce contexte d'incertitudes, l'or évolue autour de 5 150 USD l'once ( 0,3%), tandis que l'euro reste stable face au dollar, autour de 1,16 USD.