Les marchés chahutés par le triptyque Moyen-Orient, pétrole et taux
information fournie par Zonebourse 23/09/2026 à 17:55

Journée maussade pour les places boursières européennes : le CAC 40 conclut la séance sur un recul de 0,39%, à 8 123 points, tandis que Francfort s'enfonce davantage et lâche 0,59%. En revanche, Londres parvient à limiter la casse et concède 0,03%.

La Bourse de Paris est tirée par EssilorLuxottica ( 3,77%) et TotalEnergies ( 1,88%) mais freinée par Eurofins (-3,55%), URW (-2,55%) ou encore Renault (-2,42%).

Il faut dire que les investisseurs doivent composer avec une certaine fébrilité à l'oeuvre sur le marché du pétrole, ballotté au gré des déclarations toujours plus erratiques de Donald Trump.

Le président américain a menacé d'anéantir l'Iran d'un côté, tout en assurant de l'autre que la rencontre avec les émissaires de Téhéran était constructive et qu'un accord pourrait probablement être trouvé après les midterms.

Dans ce contexte, les cours de l'or noir jouent au yo-yo. Après une légère détente ces derniers jours, les cours repartent franchement à la hausse avec un Brent à 92,4 USD le baril ( 3,2%) et un WTI à 102 USD ( 3,5%).

Un peu plus tôt, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) avaient fait état d'une hausse de 3 millions de barils des stocks de pétrole brut outre-Atlantique, prenant à contrepied les analystes qui tablaient sur un repli de l'ordre de 0,6 million de barils.

Chez AlphaValue, Frédéric Lorec rappelle que la tension sur les cours pourrait encore s'accentuer avec l'hypothèse d'une interdiction des exportations américaines de diesel afin de faire baisser les prix domestiques, un scénario d'ailleurs défendu par Donald Trump. Cette mesure serait susceptible de faire bondir les cours en Europe, mais aussi, plus paradoxalement, aux Etats-Unis. En effet, elle tendrait davantage le marché mondial et pourrait inciter les raffineurs américains à réduire leur production, sans garantir une baisse des prix dans les régions américaines déficitaires.

L'obligataire reste une source d'inquiétude

A cette fébrilité sur le marché pétrolier s'ajoutent les tensions toujours bien présentes sur le compartiment obligataire. L'OAT à 10 ans se traite à 4,56% pour un Bund de même échéance à 3,49%, soit un spread qui atteint 106 pb, un niveau inédit depuis près de 15 ans.

Les prêteurs exigent une prime pour le risque politique qui pèse sur l'Hexagone à quelques mois de l'échéance présidentielle, alors que le déficit devrait tourner autour de 5% en 2026.

Les indicateurs d'activité publiés en Europe viennent parallèlement alimenter les interrogations sur la trajectoire des taux. L'indice PMI composite de la zone euro, souvent considéré comme un bon indicateur de la croissance au sein du bloc monétaire, est remonté à 53,1 dans sa version préliminaire ce mois-ci, à comparer avec 52 en août, alors que le consensus des économistes l'attendait à 51,8.

L'indicateur a ainsi résisté à la nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient et atteint un plus haut de 41 mois.

"Conjugués aux signes montrant que l'activité économique reste plus solide qu'anticipé, ces résultats devraient inciter la BCE à procéder à au moins une nouvelle hausse de taux d'ici la fin de l'année", avance Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.

D'autres statistiques à digérer

Aux Etats-Unis, l'indice mesurant l'activité du secteur manufacturier est passé de 53,9 à 57 points, alors que les prévisions faisaient état d'un ralentissement à 53,6 points. A 57 points, le rythme de l'activité est le plus soutenu depuis 52 mois.

Outre-Rhin, l'indice PMI flash composite de l'activité en Allemagne, calculé par S&P Global, s'est établi à 53,8 en septembre, contre 51,8 en août, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis octobre de l'année dernière.

Enfin, dans l'Hexagone, l'activité dans le secteur privé a renoué avec la croissance en septembre. L'indice PMI manufacturier a toutefois reculé un peu plus que prévu, passant de 51,1 à 50,3 points, contre une estimation à 50,9 points. Il revient sur un plus bas de deux mois.

Les valeurs en mouvement

Dans l'Hexagone, L'Oréal cède 2,3% malgré le soutien de HSBC qui a renouvelé sa recommandation d'achat sur le titre, assortie d'un objectif de cours de 450 euros.

De son côté, JP Morgan a abaissé sa recommandation sur TotalEnergies de "surpondérer" à "neutre" avec un objectif de cours inchangé à 83 euros. En revanche, le courtier a relevé sa recommandation sur bp ( 2,86%), passant de "neutre" à "surpondérer" avec un objectif de cours rehaussé de 550 à 675 pence.

BAE Systems ( 1,51%) conclut la séance sur un gain de 2% à Londres. Le groupe a annoncé aujourd'hui qu'il allait fournir des composants destinés aux systèmes d'armes d'artillerie et de véhicules blindés du ministère britannique de la Défense au cours des quatre prochaines années.

Enfin, alors que la hausse des coûts du carburant et les contraintes de raffinage pourraient pousser les prix du transport aérien à la hausse, Ryanair (-1,11%) a fait savoir qu'elle entendait maintenir sa politique tarifaire : "pas de surcharge carburant", a assuré son CEO, Michael O'Leary.