(Répétition sans changement de l'encadré transmis mardi soir)
par Gilles Guillaume
PARIS, 27 septembre (Reuters) - Le gouvernement français
s'est félicité d'un rapprochement "entre égaux" à l'annonce du
projet de fusion entre Alstom ALSO.PA et la branche
ferroviaire de l'allemand Siemens SIEGn.DE mais
la tâche s'annonce rude en la matière au vu de quelques
précédents fâcheux.
Souvent présentées comme des fusions à parité pour ménager
les susceptibilités nationales, en cas de fusion
transfrontalière, ou culturelles en cas de mariage entre deux
sociétés à l'identité forte, les rapprochements redeviennent
souvent avec le temps ce qu'ils n'ont jamais cessé d'être : le
rachat d'une entité par une autre.
En moins de dix mois, la fusion d'égaux entre Publicis
PUBP.PA et Omnicom OMC.N , censée donner naissance à un
nouveau numéro un mondial de la publicité, s'est effondrée en
2014 sous l'effet conjugué d'une bataille de pouvoir, de la
complexité de la structure fiscale du projet et de
l'impossibilité de faire converger assez vite deux cultures
d'entreprise trop affirmées pour accepter des concessions.
Le principal litige a porté sur l'identité du directeur
financier de la future entité, sur laquelle Français et
Américains n'ont jamais réussi à s'entendre. Ce choix était
important car il devait déterminer si la structure de gestion
des coûts du nouveau groupe emprunterait davantage à Omnicom ou
à Publicis.
Le choix d'une gouvernance commune ou de la localisation
d'un siège n'est jamais neutre, même s'il ne constitue pas une
garantie d'égalité dans la durée.
En 2015, le rapprochement entre Lafarge et Holcim a été lui
aussi présenté lors de l'annonce de l'accord comme une fusion à
égalité, avec une stricte parité à la tête du nouvel ensemble
d'ailleurs baptisé LafargeHolcim LHN.N LHN.PA , notamment
deux coprésidents issus de chaque groupe, un comité exécutif
totalement paritaire et un partage des sièges avec
l'opérationnel à Zurich et la R&D à Lyon.
Deux ans après, la balance penche sérieusement vers la
Suisse. L'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont a laissé la présidence
à son homologue helvétique et Eric Olsen, autre ex-Lafarge, a
démissionné de son poste de directeur général sur fond de
scandale des paiements à des groupes armés en Syrie pour être
remplacé par une autre personnalité du monde suisse des
affaires.
En 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie,
avait même qualifié rétroactivement la fusion de "défaite" pour
la partie française.
Voir aussi :
* ENCADRE-Siemens, l'occasion dont Bouygues rêvait pour
sortir d'Alstom
(Avec Gwénaëlle Barzic et Sophie Louet, édité par Dominique
Rodriguez)