Les États-Unis veulent que Paris et Berlin libèrent leurs stocks de diesel, menacent d'un embargo
information fournie par Reuters 01/10/2026 à 11:40

L'Allemagne réduit la taxe sur l'énergie (essence et diesel) jusqu'à la fin de l'année

L'administration Trump a demandé à ‌l'Allemagne et à la France de libérer une partie de leurs stocks d'urgence de ​diesel afin de contribuer à faire baisser les prix mondiaux du carburant, Washington menaçant les deux pays européens de se voir priver exportations américaines s'ils ne s'exécutent pas, ​selon trois sources proches des discussions.

L'Europe est devenue de plus en plus dépendante des carburants américains après avoir ​interdit les importations russes en raison de ⁠l'invasion de l'Ukraine en février 2022 par la Russie.

La guerre déclenchée le 28 ‌février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février perturbe de son côté les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.

La flambée des ​prix du pétrole à ‌travers le monde ont conduit à des mouvements de protestation dans ⁠de nombreux pays.

Aux Etats-Unis cette situation attise le mécontentement des Américains contre le président américain Donald Trump, qui est tombé à des records d'impopularité, ce qui compromet les ⁠chances des Républicains ‌de conserver leur majorité au Congrès à l'issue des élections à ⁠mi-mandat organisées début novembre.

Cette mise en garde de l'administration américaine marque une intensification ‌de la pression sur l'Europe, même si Donald Trump a déjà évoqué ⁠publiquement la possibilité d'une interdiction d'exportation de diesel.

Washington est particulièrement ⁠mécontent de la France ‌et de l'Allemagne, qui, selon des responsables américains, n'ont pas pleinement respecté leurs engagements ​passés de mettre sur le marché leurs ‌stocks d'urgence de pétrole et de produits pétroliers, comme l'a déjà rapporté Reuters.

"Il est dans l'intérêt de l'Europe ​de collaborer avec les États-Unis alors que nous explorons plusieurs pistes pour renforcer l'approvisionnement en produits raffinés et réduire les coûts pour les consommateurs", a ⁠dit à Reuters l'une des sources, un responsable américain.

Une deuxième source, basée dans une capitale européenne, a précisé que les États-Unis avaient demandé à l'Union européenne de libérer 120 millions de barils de diesel au cours des six prochains mois.

(Jarrett Renshaw à Washington, Kate Abnett à Bruxelles et John Irish à Paris, Version française Benoit Van ​Overstraeten, édité par Augustin Turpin)