Les États-Unis annoncent une "offensive économique" contre l'Iran, pas de nouvelles sanctions
information fournie par Reuters 24/08/2026 à 21:10

(Répétition pour rajouter le mot "nouvelles" dans le titre)

par David Lawder et Humeyra Pamuk

L'administration du président américain Donald Trump a annoncé lundi un renforcement des sanctions secondaires qu'elle entend imposer aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran à travers le monde, tout en se gardant de dévoiler dans les faits de nouvelles pénalités.

Washington veut ainsi durcir la pression économique sur Téhéran à un moment où la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran va bientôt entrer dans son septième mois sans la moindre résolution du conflit en vue.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent a présenté ce qu'il a qualifié de "Jour J économique", adressant un dernier avertissement à tous les pays pour qu'ils rompent leurs relations commerciales avec l'Iran.

A défaut, leurs principales entreprises et entités seront exclues du système financier libellé en dollars, a-t-il ajouté.

"Nous lançons une offensive économique contre les connexions financières de l'Iran à travers le monde. Notre objectif est de couper toutes les lignes de vie économiques qui soutiennent ce régime tyrannique jusqu'à ce que Téhéran se retrouve isolé", a déclaré Scott Bessent.

Ce dernier n'a toutefois pas précisé quels pays seraient visés, ni quand les sanctions évoquées entreraient en vigueur.

"Pourquoi voudrais-je faire exploser le système financier mondial ? Nous estimons qu'il est important de mettre les choses au clair et d’accorder un délai d’adaptation, mais les gens doivent savoir que les choses vont évoluer très rapidement et que nous sommes sérieux", a ajouté Scott Bessent.

Il a également déclaré qu'une "annonce majeure" concernant des sanctions à l’encontre d’une institution financière serait faite d’ici la fin de la semaine.

LA CHINE, PREMIER ACHETEUR DE PÉTROLE IRANIEN

Le département du Trésor américain a cartographié les réseaux, les intermédiaires et les canaux financiers utilisés par l'Iran pour faire passer du pétrole en contrebande et contourner les sanctions.

Le département du Trésor a ajouté avoir pris des mesures à l'encontre de cinq secteurs - les actifs numériques, la technologie, l'or, l'aviation et le transport maritime - que le gouvernement iranien utilise pour soutenir son économie.

Parmi les pays visés par cette volonté américaine d'isoler l'Iran figure au premier plan la Chine, qui est depuis plusieurs années le premier acheteur de pétrole iranien.

Une rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping est prévue à Washington fin septembre et de nouvelles sanctions à l'encontre des banques chinoises pourraient compromettre les perspectives de prolongation de l'accord conclu en novembre dernier visant à maintenir l'approvisionnement en terres rares chinoises et à plafonner les droits de douane américains.

En guise de représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février, l'Iran avait rapidement fermé de facto le détroit d'Ormuz, voie essentielle au transport maritime mondiale d'hydrocarbures.

Cela s'est traduit par une flambée des cours du pétrole, qui restent à un niveau élevé, à plus de 90 dollars le baril, en raison de l'absence de tout progrès vers une résolution du conflit.

Du fait, notamment, de la cherté de la vie aux Etats-Unis provoquée par cette situation, la cote de popularité de Donald Trump est tombée à un niveau historiquement bas : selon le dernier sondage Reuters/Ipsos, seuls 33% des Américains approuvent son action.

Les États-Unis imposent des sanctions contre l'Iran depuis des décennies, dont la plupart visent à réduire les recettes pétrolières du pays, à affaiblir son secteur aérien, à restreindre ses activités liées aux cryptomonnaies, à entraver l'acquisition de composants d'armes et d'autres équipements militaires.

Ces sanctions excluent les entités désignées du système financier basé sur le dollar, mais l'Iran a réussi à mettre en place des sociétés écrans pour contourner ces sanctions.

(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Tangi Salaün)