Les embauches du secteur bancaire au plus bas depuis 2013 information fournie par Boursorama avec AFP 28/07/2026 à 11:32
Les recrutements dans le secteur bancaire, en pleine transformation, sont au plus bas depuis 2013, selon les données publiées mardi par la Fédération bancaire française (FBF), avec 34.400 nouveaux banquiers l'an dernier, 10,2% de moins qu'en 2024.
Comme depuis quelques années, les établissements bancaires, confrontés à l'essor des outils informatiques et à une baisse de la fréquentation en agences, ne remplacent pas l'ensemble des départs (retraite, démissions, licenciements...).
L'effectif total baisse en conséquence, de 0,7% l'an dernier, pour atteindre 350.700 salariés en CDI et en CDD, précise la FBF dans son observatoire annuel des métiers de la banque.
Il faut remonter à 2021 pour retrouver un effectif aussi faible, hors alternants.
L'effectif décroît plus vite dans les établissements rassemblés avec d'autres sous la bannière AFB (Association française des banques), comme BNP Paribas et la Société Générale, que chez les banques mutualistes (Banques populaires, Caisses d'épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel).
La Société Générale était par exemple encore engagée l'an dernier dans une cure d'amaigrissement drastique, avec la suppression de 1.800 postes en France d'ici à fin 2027, et une vague précédente de 3.700 salariés en moins entre 2023 et 2025.
La menace sur l'emploi dans la banque n'est pas nouvelle. A la fin des années 70, un rapport se demandait déjà si la banque serait "la sidérurgie de demain".
L'émergence de nouveaux outils comme l'intelligence artificielle, dont les cas d'usages se développent notamment en banque de détail, laisse cependant imaginer une industrie bancaire fonctionnant demain à effectif plus réduit.
Moins d'alternants
La baisse du nombre d'alternants a également été assez marquée l'an dernier: le secteur bancaire en comptait 18.100 dans ses rangs en 2025, un point bas depuis 2021 et une baisse de 8,6% sur un an.
"On a nettement baissé" mais "moins (...) que d'autres" secteurs, défendait le 21 juillet la présidente de la FBF Maya Atig, devant des journalistes.
Cette évolution "résulte du repli de la politique publique de soutien à l'apprentissage", explique la FBF dans un communiqué.
L'aide à l'embauche d'un apprenti a été largement réduite l'an dernier, passant de 6.000 euros à à 5.000 pour les PME de moins de 250 salariés et à 2.000 euros pour les entreprises de plus grande taille, comme les établissements bancaires.
Profitant des aides publiques, le nombre total d'apprentis en France était passé de 430.000 en 2017 à plus d'un million en 2023, tandis que l'apprentissage s'est massivement ouvert aux étudiants du supérieur et au secteur des services.
En 2022 puis en 2023, la Cour des comptes avait épinglé la politique de financement de l'apprentissage en dénonçant des "montants très élevés et la dynamique de la dépense", conjugués à la faiblesse des critères pour en bénéficier.
Boy's club
L'industrie bancaire pèse 1,8% de l'emploi salarié privé en France, précise la FBF.
Le lobby bancaire souligne notamment la part importante de femmes dans le secteur: elles y sont majoritaires, représentant plus de 56% des effectifs.
Mais ce rapport s'inverse à mesure que grossissent les responsabilités et le salaire.
La parité s'arrête ainsi à la porte des premiers cercles du pouvoir: chez BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole SA, l'entité cotée du Crédit Agricole, les sept directeurs généraux et délégués sont exclusivement des hommes.
A l'inverse, l'alliance fédérale du Crédit Mutuel, qui rassemble 14 des 18 fédérations du Crédit Mutuel, compte Anne Sophie Van Hoove en qualité de directrice générale déléguée, le directoire de BPCE compte dans ses rangs Béatrice Lafaurie quand celui de La Banque postale a intégré Sophie Renaudie.
Jamais une grande banque française n'a été dirigée par une femme.