Les dirigeants du G7 s'attaquent à la dépendance envers la Chine pour les minerais critiques information fournie par Reuters 17/06/2026 à 19:02
* Le débat sur les minéraux stratégiques a lieu le dernier jour du sommet
* Les restrictions à l'exportation imposées par la Chine en 2025 ont mis en évidence les dépendances
* La Chine affiche un important excédent de la balance courante
(Actualisé avec déclaration du G7 à l'issue du sommet)
par Julia Payne, John Irish et Michel Rose
Les pays membres du G7 sont convenus mercredi d'intensifier leur coopération pour diversifier leurs approvisionnements en métaux stratégiques dans les secteurs de la défense, de la technologie et des énergies renouvelables et réduire ainsi leur dépendance vis-à-vis de la Chine dans le domaine des minerais critiques.
Pékin a semé la panique dans l'économie mondiale l'année dernière après que Pékin a imposé des restrictions à l'exportation d'aimants permanents à base de terres rares.
Cet épisode a mis en évidence le dépendance à ces produits chinois des chaînes d'approvisionnement occidentales, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la défense et de la technologie.
Sans nommer la deuxième puissance économique mondiale, les dirigeants du G7 ont établi comme objectif de réduire à moins de 60% leur dépendance à tout pays tiers pour les terres rares et les aimants permanents d'ici à 2030 et à 50% "dès que possible".
"Nous sommes engagés à travailler vers l'établissement de mécanismes interopérables harmonisés (...) Cela commencera avec deux minerais critiques - le lithium et le nickel - et vise à éviter de nuire à la compétitivité ou à imposer des coûts excessifs", ont déclaré les dirigeants dans un communiqué à l'issue du sommet qui se tenait à Evian-Les-Bains.
Les mécanismes s'étendront ensuite à cinq minerais chaque année avec un effort particulier sur les éléments de terres rares.
Le G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) va également dévoiler une plateforme de coordination politique, de données et de réponse de crise en lien avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE), comme rapporté en premier par Reuters.
Les pays du G7 et leurs alliés sont contraints de construire des chaînes d'approvisionnement complètes, de l'exploitation des minerais au produit fini, nécessitant des milliards de dollars d'investissements.
Les dirigeants ont déclaré que les institutions financières de développement et les agences de crédit à l’exportation du G7 devraient collaborer, notamment avec le secteur privé, pour soutenir les projets et les infrastructures.
Jusqu'ici, le Groupe des sept a annoncé 195 projets depuis le début de l'année pour un montant total de 64 milliards d'euros.
Les États-Unis ont proposé début 2026 la création d'un bloc commercial dédié aux minéraux critiques. Certains pays sont cependant en désaccord sur le mode de fonctionnement de ce bloc, notamment dans le contexte de la politique "America First" de la Maison blanche.
LUTTER CONTRE LA "CONCURRENCE PRÉDATRICE"
Les dirigeants du G7 discuteront également des moyens de rééquilibrer le commerce mondial et de lutter contre la "concurrence prédatrice", principalement de la part de la Chine.
L'Europe s'inquiète de plus en plus de l'excédent commercial record de la Chine et de sa progression dans la chaîne de valeur, dans ce que les analystes qualifient de "deuxième choc chinois" après sa domination des industries à faible valeur ajoutée dans les années 2000.
L'Union européenne (UE) a enregistré l’année dernière son plus important déficit commercial jamais enregistré avec la Chine, s’élevant à plus de 360 milliards d’euros.
Le président français Emmanuel Macron a cherché à dialoguer avec la Chine avant le sommet, dans un dernier effort pour parvenir à une coopération.
Pékin rejette les accusations de l'UE concernant des subventions déloyales et a promis à plusieurs reprises de prendre des contre-mesures "fermes" face à l’initiative "Buy European" proposée par le bloc européen et à la révision des règles en matière de souveraineté technologique.
Les dirigeants de l'UE débattront séparément, lors d'un sommet qui se tiendra jeudi à Bruxelles, d’un recours plus strict et plus systématique aux mesures de défense commerciale face à la flambée des importations en provenance de Chine.
"Cette situation n’est bien sûr pas tenable. Comme vous le savez, en Europe, notre stratégie est très claire : réduire les risques (...)", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la presse à l’ouverture du sommet.
(Rédigé par Julia Payne ; version française Coralie Lamarque et Zhifan Liu, édité par Benoit Van Overstraeten)