Les démocrates américains cherchent à faire échouer l'accord nucléaire conclu par Trump avec l'Arabie saoudite information fournie par Reuters 17/09/2026 à 18:47
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* Aucune résolution de désapprobation concernant le nucléaire n'a jamais été adoptée
* Les parlementaires remettent en question l'enrichissement et le retraitement des déchets dans le cadre de l'accord avec l'Arabie saoudite
* Les relations avec Israël restent une question en suspens
* La Chambre des représentants ne siège pas à Washington jusqu'en novembre
par Patricia Zengerle
Les démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis ont fait part jeudi de leurs inquiétudes concernant l’accord nucléaire civil conclu par le président Donald Trump avec l’Arabie saoudite, et ont déclaré avoir déposé une résolution de désapprobation visant à empêcher l’entrée en vigueur de cet accord.
Trump a transmis au Congrès en août le projet d’accord , ouvrant ainsi une période de 90 jours pour que les législateurs l’examinent et leur donnant la possibilité de tenter d’adopter une résolution de désapprobation.
Les démocrates et les défenseurs de la non-prolifération ont critiqué ce pacte nucléaire, qui n’empêche pas l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium ou de retraiter des déchets nucléaires, deux voies potentielles menant à l’arme nucléaire. Les Émirats arabes unis avaient accepté de telles mesures, considérées comme la « norme d’excellence », dans le cadre de leur accord nucléaire civil conclu avec Washington en 2009.
« Une région déjà en proie à des conflits et à une escalade n’a pas besoin d’une nouvelle puissance nucléaire », ont déclaré dans un communiqué les quatre démocrates: le député Gregory Meeks, de New York, chef de file démocrate au sein de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants; Brad Sherman et John Garamendi, de Californie; et Don Beyer, de Virginie.
L’administration Trump affirme que l’accord comporte les mesures de non-prolifération requises par la loi.
On ignore si l’Arabie saoudite obtiendra cet accord sans normaliser ses relations avec Israël. Donald Trump a déclaré que le pacte n’entrerait en vigueur que si Riyad s’engageait dans cette voie, mais des collaborateurs du Congrès ont indiqué que rien dans l’accord ne traitait de cette question.
Des membres du Congrès ont également demandé que l’intégralité de l’accord — y compris les « lettres d’accompagnement » classifiées conclues avec l’Arabie saoudite — soit rendue publique.
Cet accord nucléaire d’une durée de 30 ans prévoit la construction de réacteurs AP1000, un projet d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui profiterait à Westinghouse, détenue conjointement par l’entreprise canadienne Cameco CCO.TO et Brookfield Asset Management BAM.N .
On ignore encore quand la Chambre des représentants pourrait se prononcer sur cette résolution. Mercredi, le président de la Chambre, Mike Johnson, a renvoyé les députés chez eux jusqu’après les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Par ailleurs, bien que le Congrès ait adopté des dizaines de résolutions de désapprobation au fil des ans, aucune résolution concernant l’énergie nucléaire ou la coopération nucléaire civile n’a jamais été adoptée.
En vertu de l’article 123 de la loi sur l’énergie atomique de 1954, les accords de coopération nucléaire à des fins pacifiques entrent automatiquement en vigueur au bout de 90 jours si le Congrès n’a pas adopté de résolution de désapprobation pour les bloquer.