Les craintes sur l'IA font plonger les éditeurs européens de logiciels et le secteur de la publicité information fournie par Reuters 03/02/2026 à 17:31
Les entreprises européennes spécialisées dans les logiciels, l'analyse de données et la publicité sont fortement pénalisées mardi en Bourse, alors que de nouveaux outils d'intelligence artificielle (IA) récemment lancés suscitent des doutes quant à la capacité des groupes établis à défendre leurs modèles économiques.
Les opérateurs et les analystes soulignent que l'un des catalyseurs des ventes massives est le lancement d'un outil juridique pour le chatbot Claude d'Anthropic, qui, selon la start-up, accélère, par exemple, la révision des contrats et le triage des accords de confidentialité.
Ce lancement fait plonger de plus de 14% l'action de la société britannique RELX, qui est devenue l'une des dix plus grandes sociétés cotées en Bourse en Grande-Bretagne en 2025, tout comme celle du groupe néerlandais Wolters Kluwer (-12%), tous deux fournisseurs de services d'analyse au secteur juridique.
"Les éditeurs de logiciels étaient considérés comme les grands gagnants de l'IA", observe Lars Skovgaard, analyste chez Danske Bank.
"Mais tout d'un coup, on commence à se demander si l'on pourra rentabiliser ses investissements dans l'IA et/ou si l'on ne sera pas dépassé par les mises à jour à venir", ajoute-t-il.
Le groupe allemand SAP a perdu plus de 16% la semaine dernière, après des prévisions de chiffre d'affaires pour ses activités "cloud" jugées décevantes.
Le titre SAP perd près de 5% mardi et environ 40% par rapport au pic atteint l'année dernière.
"Nous restons d'avis que la pression déflationniste sur les multiples du secteur des logiciels pourrait persister tant que la monétisation organique de l'IA ne sera pas clairement démontrée", écrit dans une note Maximilien Pascaud, analyste chez Baader Bank.
D'autres sociétés spécialisées dans les services professionnels ont également enregistré une baisse.
Experian, Sage Group, London Stock Exchange Group et Pearson abandonnent entre 6% et 10% mardi.
Le secteur de la technologie sur le Stoxx 600 perd plus de 4% vers 15h33 GMT.
"PERDANTS DE L'IA"
Les entreprises du secteur de la publicité sont également sous pression avec une baisse de plus de 5%.
La société française Publicis, le plus grand groupe publicitaire mondial en termes de capitalisation boursière, plonge de 8,7% après la publication de ses résultats mardi matin.
L'entreprise prévoit environ 900 millions d'euros pour effectuer des acquisitions cette année et anticipe une croissance organique en 2026 comprise entre 4% et 5%, en se concentrant sur l'intelligence artificielle (IA) et les services de données.
Malgré des résultats apparemment solides, Citi souligne que les attentes pour le secteur sont élevées.
"La barre est haute en matière de performance dans le secteur des médias, et la confiance de la direction dans les résultats de l'exercice 2026 et l'existence d'un risque à la hausse pour le consensus seront des facteurs clés dans la façon dont la mise à jour sera perçue", peut-on lire.
Selon Barclays, les agences de publicité sont considérées comme les plus exposées à l'intelligence artificielle parmi les médias européens, WPP (-9,5%), Omnicom (-6,12%) et Publicis étant classées parmi les plus grands "perdants de l'IA".
Le courtier dit toutefois que les entreprises pourraient se débarrasser plus efficacement de cette étiquette en lançant et en promouvant clairement des produits IA générateurs de revenus.
(Reportage Samuel Indyk et Danilo Masoni ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)