Les cours passent sous la barre des $100 après l'annonce d'un cessez-le-feu avec l'Iran information fournie par Reuters 08/04/2026 à 10:21
Les cours du pétrole et du gaz reculent fortement mercredi, reflétant le soulagement des investisseurs après que les Etats-Unis et l'Iran sont convenus d'un cessez-le-feu de deux semaines.
Les prix du pétrole sont repassés sous la barre des 100 dollars le baril, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, chutant de 14,94% à 92,95 dollars le baril à 07h54 GMT et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 16,08% à 94,79 dollars.
Les prix du gaz chutent également avec les espoirs d'une détente durable au Moyen-Orient, le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour l'Europe, perdant plus de 17% à 43,98 euros par mégawattheure (MWh).
Le président américain Donald Trump a annoncé une trêve avec la République islamique moins de deux heures avant l'expiration de l'ultimatum (mercredi 00h00 GMT) fixé à Téhéran pour parvenir à un accord et rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé de facto par l'Iran et par lequel transitent 20% du pétrole mondial, sous peine d'anéantir la "civilisation" iranienne.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël fin février a bouleversé les marchés de l'énergie, qui connaissent depuis lors une forte volatilité ayant propulsé les prix du Brent à un pic de 119,50 dollars le baril le 9 mars dernier, leur plus haut niveau depuis mi-2022.
Une proposition en dix points transmise par Téhéran va être discutée lors de négociations devant s'ouvrir vendredi au Pakistan, a indiqué la presse officielle iranienne.
En attendant de voir comment ces pourparlers vont évoluer et dans quelle mesure la navigation dans le détroit d'Ormuz sera rétablie, les investisseurs s'interrogent sur les conséquences à plus long terme de l'utilisation du détroit comme moyen de pression par Téhéran.
"Même avec un accord de paix, l'Iran pourrait se sentir encouragé à menacer le détroit d'Ormuz plus fréquemment à l'avenir, et le marché intégrera dans ses prix un risque accru", a déclaré Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee.
"Il est encore possible qu'une prime géopolitique significative se pérennise dans un avenir prévisible, en fonction des détails de l’accord global", souligne pour sa part Vivek Dhar, de Commonwealth Bank.
Par ailleurs, le WTI américain conserve sa prime par rapport au Brent, inversant ainsi la tendance habituelle des cours.
Le contrat de livraison du pétrole américain porte sur le mois de mai, tandis que celui du Brent porte sur le mois de juin, ce qui reflète le fait que les barils dont la date de livraison est la plus proche se négocient à un prix plus élevé.
(Helen Clark à Perth et de Jeslyn Lerh à Singapour ; version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)