Les cours du brut grimpent avant le blocus US des ports iraniens
information fournie par Reuters 13/04/2026 à 15:12

PHOTO DE FICHIER : Une vue de drone montre un navire pétrolier ancré dans la lagune de Lagos, à Lagos, au Nigeria

par Florence Tan et Jeslyn Lerh

Les prix du ‌pétrole ont rebondi au-dessus de 100 dollars le baril lundi alors que la marine américaine se prépare à mettre en ​oeuvre un blocage du trafic maritime iranien, après l'échec samedi de premières négociations entre Washington et Téhéran depuis l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines.

Le contrat à terme sur le pétrole Brent de la mer du Nord pour livraison juin grimpe de ​7,5% à 102,38 dollars le baril à 12h30 GMT. Il avait reflué jusqu'à près de 90 dollars après l'annonce de la trêve la semaine dernière.

Celui sur le ​pétrole brut léger américain bondit de 7,7% à 104,08 dollars ⁠le baril.

Le prix des cargaisons physiques pour livraison immédiate était toutefois bien plus élevé lundi, autour de 148,87 ‌dollars le baril de brut Forties de la mer du Nord (FOT-E), selon des données LSEG.

"Le marché est désormais largement revenu à ses conditions d'avant le cessez-le-feu, sauf que les États-Unis bloqueront désormais ​également les flux restants, jusqu'à 2 millions de ‌barils par jour, liés à l'Iran et transitant par le détroit d'Ormuz", souligne Saul ⁠Kavonic, responsable de la recherche chez MST Marquee.

Le commandement central de l'armée américaine (Centcom) a déclaré que les troupes américaines mettraient en oeuvre à partir de 10h00 heure de Washington (14h00 GMT) un blocus de tous les ports iraniens, dans les deux ⁠sens.

Ce blocus va être "appliqué impartialement ‌contre les navires de toutes les nations entrant ou quittant les ports et zones côtières" de ⁠l'Iran, dont "tous les ports iraniens dans le Golfe d'Arabie et dans le Golfe d'Oman", a indiqué le Centcom via le ‌réseau social X.

La liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz ne sera pas entravée pour les bateaux ⁠en provenance et à destination de ports non-iraniens, a-t-il précisé dans son communiqué.

Le président ⁠Donald Trump a reconnu dimanche ‌que les prix du pétrole et de l'essence pourraient rester élevés jusqu'aux élections américaines de mi-mandat de novembre.

"La simple menace ​de mesures coercitives a suffi à réévaluer le risque, démontrant à ‌quel point le pétrole reste vulnérable aux facteurs géopolitiques", pointe Priyanka Sachdeva, analyste de marché chez Phillip Nova.

"Le retour à des prix à trois ​chiffres, soit la hausse de la prime de risque géopolitique qui s'était brièvement estompée lors des précédentes séances avec le cessez-le-feu, semble justifié", ajoute-t-il.

Lundi, les analystes d'UBS ont relevé à 100 dollars leur prévision d'ici fin juin pour le ⁠baril de Brent, désormais attendu à 95 dollars d'ici fin septembre et à 90 dollars d'ici fin décembre.

Le baril de Brent s'élèverait à 85 dollars le baril d'ici fin mars 2027, selon UBS.

De leur côté, les analystes de Morgan Stanley ont maintenu inchangées leurs prévisions sur le cours du baril de Brent, attendu à 110 dollars au deuxième trimestre et à 100 dollars au troisième, avant de retomber à 80 dollars en 2027.

(Rédigé par Florence Tan et Jeslyn Lerh ; version française ​Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)