Les Bourses saluent la suspension des frappes au Moyen-Orient, le pétrole recule de 7% information fournie par Reuters 27/07/2026 à 13:45
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en nette hausse et les Bourses européennes avancent lundi à mi-séance, soulagées par le recul des cours du pétrole suite à la suspension des attaques entre Washington et Téhéran au Moyen-Orient. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 1,09% pour le Dow Jones, de 0,96% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,53% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,93% à 8.450,46 points vers 11h03 GMT. À Francfort, le Dax avance de 1,65% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,65%.
L'indice EuroStoxx 50 gagne 1,39%, le FTSEurofirst 300 0,92% et le Stoxx 600 0,91%.
L'appétit pour le risque se manifeste en ce début de semaine marqué par l'absence d'attaques au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump ayant suspendu ses frappes contre l'Iran en disant vouloir laisser la place à la diplomatie, et l'Iran ayant également annoncé une pause dans ses représailles contre les sites américains dans le Golfe à condition que Washington tienne sa parole.
Les cours du pétrole, qui avaient dépassé la semaine dernière les 100 dollars le baril pour la première fois depuis la fin mai, reculent lundi, dans l'espoir que la halte des frappes favorise les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, même si ce dernier a affirmé qu'il continuait à contrôler le détroit d'Ormuz et qu'il n'avait pas l'intention de reprendre les pourparlers de paix.
Le Brent, référence mondiale du marché, abandonne 7,76% à 89,27 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 6n7% à 83,33 dollars.
Le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb reste par ailleurs affecté par le regain des tensions après que les Houthis yéménites ont attaqué des installations pétrolières saoudiennes situées le long de la côte de la mer Rouge, selon les données maritimes publiées lundi par Kpler.
La baisse des cours du pétrole s'accompagne pour l'instant d'un recul des rendements obligataires, car un apaisement des prix, s'il se prolonge, devrait atténuer les risques inflationnistes en cette semaine chargée pour les banques centrales du monde entier.
Le contexte reste toutefois marqué par les conséquences de la récente escalade militaire, ce qui conduit un nombre croissant de grandes sociétés de courtage à estimer qu'il existe un risque réel que la Réserve fédérale américaine (Fed) procède à une hausse des taux mercredi, même si le scénario le plus probable reste le statu quo.
"La forte remontée du prix du pétrole sur les derniers jours devrait déboucher sur un 'family fight' (expression utilisée par Kevin Warsh à de nombreuses reprises) particulièrement tendu", écrit lundi dans une note Bastien Drut, stratégiste chez CPRAM, en évoquant l'une des réunions de la Fed les plus ouvertes de ces dernières années.
Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux inchangés la semaine dernière, mais a clairement laissé la porte ouverte à une hausse en septembre.
Le président de la banque centrale de Slovaquie, Peter Kazimir, a déclaré ce lundi que Francfort devrait relever les coûts d'emprunt au moins une fois de plus pour contenir l'inflation, et qu'une détérioration des perspectives pourrait justifier un resserrement plus important que prévu actuellement.
La Banque d'Angleterre (BoE) tiendra sa réunion jeudi, suivie de la Banque du Japon (BoJ) vendredi, toutes deux devant maintenir leurs taux inchangés bien que restant prudentes face aux risques d'inflation.
En parallèle, les opérateurs se préparent également à une avalanches de résultats semestriels tout au long de la semaine, à commencer par le géant français du luxe LVMH dès ce lundi, avant les géants technologiques Microsoft, Meta, Apple et Amazon dans les jours à venir.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE À Paris, SES et Eutelsat grimpent de 4,6% et 6,2% respectivement, les deux opérateurs de satellites ayant annoncé lundi s'attendre à recevoir des paiements incitatifs dans le cadre d'un plan de la Commission fédérale des communications (FCC) américaine.
Dans le sillage de la chute des cours pétroliers, TotalEnergies et Maurel & Prom perdent respectivement 3% et 5,5%, tandis que le compartiment des énergies fossiles du Stoxx 600 enregistre de loin la pire performance sectorielle, en reculant de 2,04%.
À l'inverse, ce contexte profite aux compagnies aériennes, Air France-KLM gagnant 3,5%. Ailleurs en Europe, Lufthansa,IAG et Ryanair progressent d'environ 2,5% chacune.
Le compartiment des entreprises du secteur du voyage gagne 2,27%.
Le constructeur automobile Stellantis, dont la recommandation a été abaissée lundi par Piper Sandler, cède 1,1% à Milan.
À Londres, Vodafone grimpe de 4,3%, l'opérateur de télécommunications ayant revu à la hausse ses prévisions à la suite de son accord avec Safaricom.
TAUX
Les rendements obligataires sont en baisse ce lundi en raison de la chute des cours du pétrole. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 4 points de base à 4,6385%, tandis que celui de l'obligation à deux ans recule de 2,4 points de base à 4,3073%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans abandone 4,4 points de base à 3,1294%. Le deux ans perd 4,6 points de base pour s'établir à 2,7743%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans abandonne 5,7 points de base à 3,9107%.
La semaine s'annonce toutefois mouvementée pour le marché obligataire, entre les réunions des banques centrales et une bonne dose de données, notamment l'inflation PCE aux États-Unis et les premières estimations de croissance pour le deuxième trimestre.
CHANGES Sur le marché des changes, le dollar perd 0,20% face à un panier de devises de référence, l'accalmie au Moyen-Orient rendant attractives les valeurs refuges telles que la devise américaine.
L'euro gagne 0,28% à 1,1399 dollar.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 27 JUILLET
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)