Les Bourses restent dans le rouge face à l'incertitude au Moyen-Orient information fournie par Reuters 27/03/2026 à 12:58
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes reculent vendredi à mi-séance, l'incertitude quant à l'évolution du conflit au Moyen-Orient, qui marque ce samedi son premier mois, l'emportant sur les espoirs de négociations de paix.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,37% pour le Dow Jones, de 0,42% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,61% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,79% à 7.707,67 points vers 11h39 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,23% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,46%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 1,12%, le FTSEurofirst 300 perd 1,01% et le Stoxx 600 abandonne 1,05%.
Ni le dernier revirement du président américain Donald Trump concernant ses menaces à l'encontre des infrastructures électriques iraniennes, ni les détails sur les tractations visant à trouver une solution diplomatique au conflit ne semblent convaincre suffisamment les investisseurs.
Le locataire de la Maison blanche a annoncé jeudi qu'il s'abstiendrait pendant dix jours de mettre à exécution sa menace de détruire les centrales électriques iraniennes, ce qui constitue le deuxième report de son ultimatum depuis lundi, en invoquant le fait que les discussions entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre se passaient "très bien".
L'optimisme affiché par Donald Trump ne semble toutefois pas être partagé par la partie iranienne, un responsable de haut rang de la République islamique ayant dit que la proposition américaine de sortie du conflit n'ouvrait aucune perspective de négociation.
Les Gardiens de la révolution ont par ailleurs réitéré, selon les médias d'État iraniens, que le détroit stratégique d'Ormuz restait fermé et que tout passage par cette voie maritime ferait l'objet de "mesures sévères", ce qui ne devrait pas contribuer à calmer la hausse des prix du pétrole
Outre les déclarations contradictoires de ces derniers jours, les investisseurs voient d'un mauvais oeil la possibilité d'un renfort des troupes américaines dans le Moyen-Orient, un scénario qu'ils percevraient comme une escalade significative.
Selon le Wall Street Journal, le Pentagone envisage de déployer 10.000 soldats supplémentaires dans la région, et des responsables de l'administration américaine ont dit à Reuters que Washington étudiait l'option d'une intervention terrestre pour s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent 90% des exportations de pétrole iraniennes.
Alors que les craintes d'une remontée de l'inflation portée par la flambée des prix de l'énergie assombrissent les perspectives des banques centrales, le moral ne semble pas prêt de s'améliorer avant la publication d'une nouvelle série de données économiques la semaine prochaine.
PÉTROLE
L'incertitude maintient les prix du pétrole à un niveau élevé, même s'ils devraient enregistrer leur premier repli hebdomadaire depuis le 9 février dernier.
Le Brent prend 2,47% à 110,68 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,29% à 96,64 dollars.
Le Brent, référence mondiale pour les cours du brut, a bondi de plus de 52% depuis le 27 février, veille des premières frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
"Malgré les discussions sur une désescalade, le prix du pétrole évolue en fonction de la durée du conflit, et pas seulement des gros titres. Tout dommage direct aux infrastructures pétrolières ou toute prolongation du conflit pourrait contraindre les marchés à revoir rapidement leurs prix à la hausse", prévient Priyanka Sachdeva, analyste chez Phillip Nova.
Si le conflit devait s'achever prochainement, les prix du pétrole pourraient chuter rapidement dans les mois à venir, tout en restant à leur niveau d'avant le conflit, ont indiqué dans une note les analystes de Macquarie.
Les cours pourraient toutefois atteindre 200 dollars si la guerre se prolongeait jusqu'à fin juin, estiment-ils.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a enregistré jeudi une baisse de 10,7% depuis son pic de clôture d'octobre dernier, confirmant qu'il se trouvait depuis lors en correction.
VALEURS EN EUROPE
Pernod Ricard rebondit de 3,5%, après avoir confirmé la veille être en discussions avec le groupe américain Brown-Forman, propriétaire de la marque de whisky Jack Daniel's, en vue d'une éventuelle fusion. L'information, d'abord dévoilée par Bloomberg, a fait chuter le titre Pernod-Ricard de plus de 5% jeudi.
LVMH est plutôt stable (-0,03%) après que l'autorité italienne de la concurrence (AGMC) a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête sur LVMH Profumi e Cosmetici Italia, filiale du géant français du luxe, Sephora Italia et Benefit Cosmetics, pour d'éventuelles pratiques commerciales déloyales liées à l'encouragement de l'usage de produits de soins de la peau chez les mineurs.
Ailleurs en Europe, AstraZeneca prend 3,3%, le laboratoire pharmaceutique ayant annoncé que son traitement expérimental contre les maladies respiratoires avait atteint ses principaux objectifs dans deux essais cliniques de phase avancée.
TAUX
L'envolée des prix de l'énergie attise les craintes inflationnistes, ce qui pourrait inciter les banques centrales à adopter une politique plus restrictive et se reflète dans les rendements obligataires, qui continuent de grimper ce vendredi.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 4 points de base à 4,4558%, tandis que celui de l'obligation à deux ans avance de 1,4 point de base à 3,9981%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend 6,2 points de base à 3,1242%, son plus haut niveau depuis 15 ans. Le deux ans gagne quant à lui 2,1 points de base à 2,7331%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans grimpe de 9,8 points de base à 3,8833%.
Le déficit public français s'est par ailleurs résorbé en 2025 à 5,1% du produit intérieur brut (PIB), davantage qu'anticipé par le gouvernement, selon les données publiées vendredi par l'Insee, contre un objectif de 5,4% de l'exécutif.
CHANGES Le dollar gagne 0,16% face à un panier de devises de référence, porté par son statut d'actif refuge dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
L'euro perd 0,14% à 1,1510 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU VENDREDI 27 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h00 Indice de l'Université du mars 54,0 55,5*
Michigan (définitif)
* première estimation
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)