Les Bourses pénalisées par les craintes sur le Moyen-Orient, le prix du brut s'envole
information fournie par Reuters 02/03/2026 à 14:46

La bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en nette baisse et les Bourses européennes reculent à mi-séance lundi, ‌les investisseurs fuyant le risque face à la crainte que le conflit au Moyen-Orient ne perturbe durablement les flux pétroliers et accentue les pressions inflationnistes.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en ​baisse de 1,18% pour le Dow Jones, de 1,4% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,47% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 1,96% à 8.412,27 points vers 12h29 GMT. À Francfort, le Dax recule de 2,21% et à Londres, le FTSE 100 cède 1,16%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 2,30%, le FTSEurofirst 300 perd 1,64% et le Stoxx 600 abandonne 1,60%.

L'opération militaire d'Israël et des ​Etats-Unis contre l'Iran se poursuit lundi pour la troisième journée consécutive avec des frappes à grande échelle contre le territoire iranien, tandis que Téhéran porte la riposte sur plusieurs cibles, monarchies du Golfe incluses, et qu'un nouveau front s'est ouvert au Liban avec l'entrée ​dans le conflit du mouvement chiite armé Hezbollah.

La situation extrêmement volatile dissuade les investisseurs de prendre ⁠des risques, avec des ventes généralisées sur les marchés d'actions européens et de la plupart des secteurs, à l'exception de l'énergie, stimulée par la flambée des prix du pétrole dans ‌cette région clé pour la production et le transport de cru.

Le Brent prend ainsi 8,25% à 78,88 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 8% à 72,38 dollars.

Si le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce maritime mondial de pétrole et 20% de son ​gaz naturel liquéfié, n'est pas fermé, les sites de suivi maritime montrent que ‌les pétroliers s'accumulent des deux côtés du passage.

"Les attaques coordonnées d'Israël et des États-Unis contre l'Iran visent explicitement un changement de régime ⁠et devraient durer beaucoup plus longtemps que l'action limitée observée en 2025, lorsque le Brent a brièvement dépassé les 80 dollars américains le baril", signale Paolo Zanghieri, économiste chez Generali Investments, en référence à la guerre de 12 jours de juin dernier, qui a surtout visé les capacités militaires et défensives de la République islamique.

Les prix de l'énergie sont particulièrement surveillés, car ils pèsent sur le coût des ⁠carburants et, plus généralement, sur les perspectives ‌d'inflation, ce qui pourrait affecter la politique monétaire à un moment où Francfort semble plutôt convaincu de la stabilité de l'inflation autour de son objectif de ⁠2%.

Les Bourses Golfe sont également secouées par la crise iranienne. Les Émirats arabes unis ont pris la décision exceptionnelle de fermer les marchés lundi et mardi, tandis que le Koweït a suspendu les transactions ‌jusqu'à nouvel ordre.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

VALEURS EN EUROPE

Les perturbations causées par le conflit au Moyen-Orient affectent les actions de nombreux secteurs ce lundi.

Les groupes énergétiques ⁠sont les seuls du Stoxx 600 à enregistrer des gains ce lundi (+2,46%). TotalEnergies prend 3,8%, Eni 3,5% et Shell 3%, bénéficiant tous de ⁠la hausse des prix du brut.

Les compagnies aériennes, ‌parmi lesquelles Lufthansa (-6,2%) et Air France KLM (-8%), sont en forte baisse, les analystes voyant divers risques pour le secteur en raison du conflit en Iran et au Moyen-Orient, dont les annulations de vols et ​la flambée des prix du carburant.

Les banques européennes sont également pénalisées, le compartiment du Stoxx reculant de 3,3% ‌tout comme le luxe, qui cède de 3,6%

TAUX

Les rendements des obligations de la zone euro sont en légère hausse lundi, les inquiétudes grandissant quant à l'impact du conflit prolongé au Moyen-Orient sur la croissance mondiale et l'inflation. Le rendement du ​Bund allemand à dix ans prend 2,9 points de base à 2,6825%. Le deux ans avance de 3,9 points de base à 2,0504%.

La zone euro a connu le mois dernier sa plus forte croissance manufacturière depuis près de quatre ans, avec la reprise des nouvelles commandes et l'augmentation de la production industrielle, malgré la pression exercée par la hausse des coûts sur les marges, selon une ⁠enquête publiée lundi.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans gagne 1,3 point de base à 3,9754%, tandis que celui de l'obligation à deux ans, le plus sensible aux obligations sur les taux, prend 4,1 points de base à 3,4199%.

CHANGES

Les investisseurs se tournent vers des valeurs refuges, telles que le dollar américain, qui gagne 0,65% face à un panier de devises de référence.

L'appréciation du franc suisse a par ailleurs conduit la Banque nationale suisse (BNS) à se déclarer lundi plus disposée à intervenir sur les marchés des devises, la monnaie étant à son plus haut niveau face à l'euro depuis plus d'une décennie.

L'euro perd 0,69% à 1,1732 dollar.

METAUX

l'or progresse de plus de 2% à 5.385 dollars l'once, stimulé par les craintes géopolotiques.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 2 MARS :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 15h00 Indice ISM manufacturier février 52,0 52,6*

(définitif)

(Certaines données peuvent accuser ​un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)