Les Bourses mondiales perchées à des niveaux records information fournie par AFP 05/08/2026 à 14:54
Les marchés d'actions mondiaux poursuivent leur course aux records mercredi, soutenus par le fléchissement des prix du pétrole depuis une semaine et des perspectives monétaires plus favorables, malgré les incertitudes persistantes au Moyen-Orient.
"Les marchés d'actions mondiaux ont inscrit de nouveaux records historiques, portés par le retour de l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle, l'atténuation des risques liés au pétrole et la révision à la baisse des anticipations de nouvelles hausses de taux d'intérêt", commente Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group.
La course aux records a repris dès l'ouverture des marchés européens: les Bourses de Paris (+0,02% vers 12H30 GMT), Francfort (+0,11%), Milan (+0,27%), Madrid (+0,44%), mais aussi Amsterdam (+0,29%) et Stockholm (+0,02%) ont touché de nouveaux records absolus dès les premiers échanges.
En plus du niveau plus bas des prix du pétrole, les places européennes bénéficient d'une bonne saison des résultats et de l'amélioration des perspectives macroéconomiques.
"L'inflation a continué de ralentir, permettant à la Banque centrale européenne (BCE) de mettre en pause son cycle de resserrement monétaire (hausse des taux: ndlr)", résume Daniela Hathorn, analyste de Capital.com interrogée par l'AFP.
Un brut autour des 80 dollars soulage en effet les craintes inflationnistes en Europe, provoquant une baisse des taux d'intérêt des dettes des Etats depuis le début de semaine.
Daniela Hathorn relève également que les actions européennes ont entamé leur hausse avec "une décote significative par rapport aux actions américaines, ce qui leur a laissé davantage de marge" pour progresser "à mesure que la confiance s'est renforcée".
A New York également, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture en petite hausse, au lendemain d'un plus haut historique du Dow Jones et de l'indice élargi S&P 500.
Le pétrole hésite
Les principaux indices mondiaux profitent du fort recul des prix du pétrole depuis le début du mois.
"À mesure que les prix du pétrole se sont repliés par rapport à leurs sommets, une partie de la pression exercée" sur les économies fortement consommatrices et importatrices d'énergie "s'est également atténuée", note Daniela Hathorn. Ce qui "contribue à l'amélioration du sentiment de marché".
Donald Trump a récemment affirmé que le détroit d'Ormuz rouvrirait "très bientôt" sans quoi l'Iran serait frappé "très fort", et a avancé qu'un accord pourrait intervenir d'ici jeudi.
Avec la reprise des efforts diplomatiques, le pétrole Brent, la référence mondiale, s'échange autour du seuil symbolique des 80 dollars, se rapprochant de ses niveaux d'avant l'éclatement de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, fin février, et bien loin des 126 dollars atteints au plus fort de la crise au Moyen-Orient.
Vers 12H30 GMT, après avoir évolué en baisse dans la première partie de la séance européenne, le baril de Brent prenait 0,97% à 80,13 dollars et son équivalent américain, le WTI, grappillait 0,41% à 76,08 dollars le baril.
"Il subsiste manifestement un fossé important entre les États-Unis et l'Iran concernant la gestion du détroit d’Ormuz et, bien entendu, la question nucléaire", rappellent cependant les analystes d'ING.
"Il existe donc un risque bien réel qu'un éventuel accord se délite assez rapidement, comme cela avait été le cas avec le protocole d’accord", poursuivent-il.
Pas plus tard que la semaine passée, "les investisseurs se demandaient encore si un nouveau choc énergétique au Moyen-Orient allait constituer la toile de fond de la fin de l'été", rappelle Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
La tech dans le viseur
Autre point d'attention majeur pour les marchés: la première publication des résultats de SpaceX depuis l'entrée en Bourse le 12 juin du navire amiral d'Elon Musk (internet par satellite et promesses de centres de données dans l'espace voire de conquête spatiale de Mars).
Le chiffre d'affaires de SpaceX a atteint 7,8 milliards de dollars au deuxième trimestre (+92% sur un an) mais le groupe a aussi "annoncé une hausse de ses dépenses d'investissement consacrées à l'intelligence artificielle", indique l'économiste.
Le titre perdait 10,18% dans les échanges électroniques avant l'ouverture de la Bourse de New York à Wall Street, le marché marquant son inquiétude sur les sommes colossales investies.