Les Bourses hésitent face au Moyen-Orient et avant les banques centrales information fournie par Reuters 28/04/2026 à 14:00
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes hésitent mardi à mi-séance, dans un contexte marqué par une nouvelle envolée des prix du pétrole et à l'approche des décisions de politique monétaire et d'une nouvelle vague de résultats des deux côtés de l'Atlantique. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,35% pour le Dow Jones, et en baisse de 0,44% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,96% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,11% à 8.151,01 points vers 11h16 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,03% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,36%.
L'indice EuroStoxx 50 grappille 0,07%, tandis que le FTSEurofirst 300 perd 0,09% et le Stoxx 600 0,10%.
L'incertitude persiste quant à la résolution du conflit au Moyen-Orient, le président Donald Trump se disant, selon un représentant américain, mécontent de la dernière proposition présentée par l'Iran pour mettre fin à la guerre qui dure déjà depuis deux mois.
D'après des sources iraniennes de haut rang, le ministre iranien des Affaires étrangères avait présenté une proposition prévoyant des négociations par étapes entre Téhéran et Washington, mais l'absence de signes de progrès concrets suscite la méfiance des investisseurs, tandis que les prix du pétrole, avec le détroit d'Ormuz fermé de facto, continuent de grimper.
Le Brent prend 3,01% à 111,49 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 4,17% à 100,39 dollars vers 11h17 GMT.
"Le prix du pétrole supérieur à 110 dollars le baril reflète un marché qui réévalue rapidement les risques géopolitiques... Les pourparlers de paix étant au point mort et aucune voie claire ne s'ouvrant vers la réouverture du détroit d'Ormuz, les opérateurs anticipent une perturbation prolongée de cette artère vitale de l'approvisionnement mondial", signale Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.
"L'inflation continue de se manifester. Et lorsque les banques centrales recommenceront à relever leurs taux d'intérêt … cela pourrait inciter les investisseurs à revoir à la baisse une partie de leur optimisme à l'égard des marchés", ajoute Michael Field, stratège en actions européennes chez Morningstar.
Les banques centrales retiennent une grande partie de l'attention des investisseurs cette semaine, ceux-ci s'interrogeant sur l'ampleur de l'impact inflationniste du conflit et ses répercussions sur la politique monétaire.
La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) devraient maintenir leurs taux inchangés mercredi et jeudi, respectivement, mais toute déclaration de leurs responsables respectifs concernant un éventuel resserrement futur sera scrutée à la loupe.
La Banque du Japon (BoJ) a également choisi mardi de maintenir le statu quo, mais trois des neuf membres du comité de politique monétaire ont proposé de relever les taux, illustrant les préoccupations au sein de l'institution sur la flambée des prix.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N41B10Z]
Le secteur lié à l'intelligence artificielle (IA) fera l'objet d'une attention particulière mardi. Selon le Wall Street Journal, OpenAI n'aurait pas atteint ses objectifs internes en matière d'utilisateurs hebdomadaires et de chiffre d'affaires, une information connu à la veille de la publication des résultats de plusieurs grands groupes technologiques qui investissent massivement dans ce domaine, notamment Alphabet, Microsoft, Meta et Amazon.
L'action Oracle, dont la dépendance vis-à-vis d'OpenAI pour ses ambitions en matière de cloud computing fait l'objet d'une attention particulière, recule de 4,6% en avant-Bourse.
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Air Liquide perd 3,8%, le spécialiste des gaz industriels ayant fait état mardi d'un chiffre d'affaires légèrement inférieur aux attentes au premier trimestre.
Ailleurs en Europe, Barclays cède 1,12%, la banque britannique ayant annoncé mardi un programme de rachat d'actions inférieur aux attentes et une provision importante liée à la faillite du prêteur MFS.
Le groupe pétrolier BP gagne en revanche 3,39% après avoir enregistré un bénéfice sous-jacent au coût de remplacement supérieur aux attentes.
Le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis recule de 2,23% après avoir annoncé un bénéfice d'exploitation courant et un chiffre d'affaires trimestriels inférieurs aux estimations.
Telenor plonge de 7%, l'opérateur de télécommunications norvégien ayant publié un résultat opérationnel du premier trimestre inférieur aux attentes.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro progressent mardi en raison des craintes inflationnistes, mises à nouveau en évidence par la dernière enquête de la BCE sur les anticipations des consommateurs.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend 2,6 points de base à 3,0635%. Le deux ans avance de 5,7 points de base à 2,6313%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans gagne 2,3 points de base à 4,3595%, tandis que l'obligation à deux ans prend 2,1 points de base à 3,8257%.
CHANGES Le dollar gagne 0,22% face à un panier de devises de référence, les marchés attendant les décisions et les orientations des banques centrales sur fond de craintes inflationnistes.
L'euro perd 0,2% à 1,1697 dollar.
Le yen japonais recule de 0,1% à 159,67 pour un dollar, effaçant ainsi la majeure partie des gains enregistrés après la décision de la BoJ plus tôt en séance.
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)