Les Bourses européennes entre attentisme et optimisme avant la Fed et les résultats
information fournie par Zonebourse 27/01/2026 à 08:38

Les Bourses européennes sont attendues en légère progression mardi matin, alors que le regard des investisseurs va se tourner dans les prochains jours vers les annonces de la Réserve fédérale américaine, qui entame aujourd'hui une réunion de politique monétaire de deux jours, ainsi que sur une nouvelle salve de résultats de grandes entreprises, essentiellement dans le secteur technologique aux Etats-Unis.

Vers 8h15, le contrat à terme sur l'indice CAC 40 - livraison février - avance de 16,5 points à 8 161 points, laissant entrevoir une ouverture dans le vert. Les "futures" sur les autres grandes indices européens signalent également un début de séance favorable pour le DAX ( 0,1%) et le FTSE 100 ( 0,1%), là où l'Euro STOXX 50 devrait s'adjuger pas loin de 0,3%.

Pour la première journée de la semaine, les places européennes avaient quasiment toutes flirté avec leur point d'équilibre hier, le CAC ayant fini la séance sur un repli de l'ordre de 0,1% à 8 131,1 points, tandis que l'Euro STOXX parvenait à avancer de plus de 0,1%.

Les marchés restent dans une position d'attente à l'entame de ce que certains observateurs décrivent déjà comme la semaine la plus importante de ce début d'année 2026, entre réunions de banques centrales, avalanche de résultats de sociétés et statistiques économiques.

La Fed doit rendre ses décisions de politique monétaire demain soir à l'issue de deux jours de débat du FOMC, sachant qu'un "statu quo" sur les taux ne fait guère de doutes après les trois assouplissements monétaires qui s'étaient succédés à la fin 2025.

"Sans menace récessionniste et avec une inflation trop élevée, la Fed n'a pas d'urgence à agir", rappelaient hier les équipes d'Oddo BHF. "Le marché n'attend plus de baisse de taux en mars, ni en avril, et la probabilité implicite pour juin est tombée à 75%", rappelle la banque privée.

Outre la politique monétaire, les publications prévues cette semaine en Europe et aux Etats-Unis de plusieurs géants de la cote poussent les investisseurs à la prudence.

Côté résultats d'entreprises, Boeing, GM, UnitedHealth et UPS doivent publier leurs comptes trimestriels ce mardi, avant d'être imités demain soir par les mastodontes technologiques IBM, Microsoft et Tesla.

Une série de publications devraient également animer les échanges en Europe, dont celle de LVMH attendue après la clôture, avant les annonces très attendues d'ASML, le géant néerlandais des équipements pour semi-conducteurs et première capitalisation boursière du Vieux Continent devant le groupe de luxe français, qui tomberont demain matin.

Après avoir aligné deux semaines consécutives de baisse, la Bourse de New York a fini sur une petite hausse lundi soir, les investisseurs ayant affiché la volonté de se positionner à l'achat en vue des résultats des poids lourds de la "tech" prévus dans les jours qui viennent, une tendance favorable renforcée par la faiblesse du dollar censée bénéficier aux entreprises tournées vers l'international.

Au coup de cloche final, le Dow Jones gagnait 0,6%, tandis que le Nasdaq Composite avançait de 0,4%.

"Pour la première fois de l'année, les grosses capitalisations ont surperformé les petites valeurs", font remarquer ce matin les analystes de Danske Bank.

Pour bon nombre de stratèges, le scénario haussier demeure intact et devrait être conforté par la solidité attendue des bénéfices des sociétés devant publier cette semaine.

Dans une note publiée hier, les analystes de Goldman Sachs font remarquer que leur indice "RAI" - qui mesure l'appétit pour le risque des investisseurs - n'a jamais été aussi élevé depuis avril 2021, avec des entrées d'argent qui bénéficient à l'ensemble des places financières mondiales.

"Les intervenants de marché restent clairement positionnés à la hausse sur les actions et élargissent désormais leur exposition à toutes les régions du monde", assure la banque d'affaires américaine.

Signe de l'optimisme ambiant, l'indice Nikkei avançait de 0,8% mardi en fin de séance à la Bourse de Tokyo, en dépit de la vigueur du yen et du niveau toujours élevé des taux longs dus à la normalisation de la politique monétaire de la Banque du Japon après des 'années d'assouplissement quantitatif, mais aussi aux incertitudes qui entourent les mesures économiques prises par la première ministre Sanae Takaishi.

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se contracte encore en direction de 4,21% en amont des annonces de la Fed.

En Europe, pas davantage d'actualités pour justifier la détente des taux alors qu'en France l'absence de censure du gouvernement Lecornu était actée depuis une semaine, ce qui n'empêche pas le rendement des OAT de continuer à se détendre fortement avec une baisse de six points vers 3,43%.

Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, efface 3,7 points à 2,87%, ce qui a pour effet que le spread franco-allemand s'écrase à environ 56 points.

L'euro se stabilise face au dollar, autour de 1,1870, dans l'attente des nombreux rendez-vous prévus cette semaine, tout en se maintenant toujours à des plus hauts de quatre ans vis-à-vis du billet vert.

A 5 083,5 dollars, l'once d'or demeure bien ancrée au-dessus du seuil des 5 000 dollars franchi la veille, ce qui fait penser aux experts de SG que le métal jaune pourrait atteindre le cap des 6 000 dollars d'ici à la fin de l'année, voire bien avant.

"Même si les hedge funds n'affichent pas actuellement des positions longues disproportionnées, leurs positions nominales atteignent au total un niveau record historique de 78 milliards de dollars, soit deux milliards de plus que le précédent record qui avait été établi en septembre 2025", souligne la banque française.