Les Bourses de retour dans le rouge après l'annonce d'un blocus US sur les ports iraniens information fournie par Reuters 13/04/2026 à 13:15
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes reculent lundi à mi-séance, pénalisées par un nouveau regain des tensions au Moyen-Orient, la marine américaine se préparant à mettre en oeuvre un blocage des ports iraniens plus tard dans la journée après l'échec des négociations menées ce week-end à Islamabad. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,50% pour le Dow Jones, de 0,62% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,64% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 0,89% à 8.186,36 points vers 10h55 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,03% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,42%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 1,02%, le FTSEurofirst 300 cède 0,76% et le Stoxx 600 perd 0,74%.
Le contexte géopolitique incite à nouveau les investisseurs à se détourner du risque en ce début de semaine, pénalisant les actions et renforçant le statut de valeur refuge du dollar américain, tandis que les prix du pétrole nL6N40W08A repassent au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars et remettent les craintes inflationnistes au premier plan.
L'armée américaine a annoncé un blocus naval ciblant le trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens à partir de lundi 10h00 heure de Washington (14h00 GMT), en réponse à l'échec des négociations entre Téhéran et Washington qui se sont tenues au cours du week-end au Pakistan.
Cette menace affaiblit encore davantage l'accord de cessez-le-feu temporaire conclu la semaine dernière entre les États-Unis et l'Iran et empêcherait environ deux millions de barils de pétrole iranien par jour d'entrer sur les marchés mondiaux, ce qui réduirait nL6N40W0EV encore davantage l'offre et maintiendrait la pression sur les prix de l'énergie.
Ce nouveau rebondissement vient également ternir la reprise boursière de la semaine dernière, portée par l'optimisme suscité par le cessez-le-feu, et au cours de laquelle tant le Stoxx 600 que le CAC 40 parisien avaient gagné plus de 3%, atténuant ainsi les pertes subies depuis le début de la guerre fin février.
"Le blocus américain annoncé revient à reconnaître que le principe fondamental du cessez-le-feu – du moins tel qu'interprété par les États-Unis –, à savoir la réouverture du détroit, est pour l'instant intenable", a déclaré Erik Meyersson, analyste chez SEB.
La semaine sera par ailleurs riche en évènements macroéconomiques, puisque les investisseurs prendront connaissance des chiffres définitifs de l'inflation dans la zone euro et des prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI), sans parler de la saison des résultats qui s'ouvre lundi avec deux poids lourds de la cote de part et d'autre de l'Atlantique : la banque américaine Goldman Sachs et le géant français du luxe LVMH.
"Les résultats trimestriels qui commencent vont permettre d'avoir un premier aperçu de l'impact de la guerre sur les chaînes d'approvisionnement et de logistique... (Les entreprises) pourraient jouer la carte de la prudence pour les résultats à venir et mettre en avant les risques liés aux pressions inflationnistes résultant de la hausse des prix de l'énergie et des dérivés du pétrole et du gaz qui entrent dans le cycle de production", explique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
PÉTROLE
Le contrat à terme sur le pétrole Brent de la mer du Nord pour livraison juin, qui avaient reflué jusqu'à près de 90 dollars après l'annonce de la trêve jeudi dernier, rebondit au-dessus de 100 dollars le baril en prévision du blocage du détroit américain d'Ormuz.
Il prend 7,68% à 102,51 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 8,23% à 104,52 dollars.
Les prix du gaz grimpent également lundi, le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour l'Europe, avançant de plus de 9% à 47,6 euros par mégawattheure (MWh).
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N40W0EI]
VALEURS EN EUROPE
Le regain de tensions au Moyen-Orient pèse en particulier sur le secteur du tourisme et du voyage (-1,96%) tandis que celui du pétrole et gaz (+0,68%), seul compartiment de l'indice paneuropéen Stoxx 600 à évoluer dans le vert, profite de la nouvelle envolée des cours du brut qui repassent au-delà de 100 dollars le baril.
Le luxe recule de 1,67% dans un contexte peu porteur nL8N40V09H pour le secteur en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Kering est lanterne rouge du CAC 40 (-2,49%), pénalisé à son tour par un abaissement de la recommandation de Morgan Stanley.
A Londres, Wise progresse de 5,5%, la fintech britannique ayant annoncé que le volume de ses transactions transfrontalières avait augmenté de 26% au quatrième trimestre.
TAUX Les nouvelles tensions renforcent la conviction des opérateurs selon laquelle la Banque centrale européenne (BCE) pourrait opter pour des hausses des taux d'intérêt, ce qui fait augmenter les rendements des obligations souveraines.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence dans la zone euro, avance de 2 points de base à 3,0695%. Celui de l'obligation à deux ans, le plus sensibles aux anticipations sur les taux, gagne 3,7 points de base à 2,6210%.
Les marchés monétaires tablent désormais sur un taux de la facilité de dépôt de la BCE à 2,69% d'ici la fin de l'année, ce qui implique deux hausses et une probabilité de 75% d'une troisième.
Aux Etats-Unis, les rendements avancent également.
Celui des Treasuries à dix ans prend 1 point de base à 4,3329%. Le deux ans ressort à 3,8159%, également en légère hausse.
CHANGES
Le dollar gagne 0,32% face à un panier de devises de référence, profitant de son statut d'actif refuge.
L'euro perd 0,27% à 1,1687 dollar.
Le forint hongrois a pour sa part bondi après la défaite nL8N40W0BO de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans en Hongrie, face au chef de file du parti de centre-droit Tisza, Peter Magyar.
La devise s'est appréciée de 2,4% à 312,36 face au dollar – son plus haut niveau depuis février 2022 – et a bondi de plus de 2% face à l'euroà un plus haut de trois ans.
AUNCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 13 AVRIL
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)