LONDRES, 25 juin (Reuters) - L'amélioration de la
conjoncture économique mondiale permet aux grandes banques de
tourner la page de la crise financière qui a éclaté il y a 10
ans, a dit dimanche la Banque des règlements internationaux
(BRI), qui note cependant que les seuls établissements de la
zone euro freinent la reprise du secteur dans son ensemble.
"Le secteur financier fait face à un environnement qui
s'améliore mais reste difficile. Les perspectives économiques à
court terme se sont nettement éclaircies", ajoute dans son
rapport annuel la BRI, organe international de coordination des
grandes banques centrales.
La BRI ajoute toutefois que dans certains pays, et au
premier chef dans des pays de la zone, le système bancaire reste
exposé à une détérioration de la qualité du crédit en raison
notamment du nombre de prêts "non-performants" qui reste élevé.
Début juin, à l'instigation de la Banque centrale européenne
(BCE), Banco Santander SAN.MC , première banque espagnole, a
racheté pour un euro symbolique sa concurrente Banco Popular que
les autorités européennes jugeaient au bord de la faillite.
Vendredi, la Commission européenne provisoirement validé le
plan italien de mise en liquidation de deux banques régionales
de Vénétie à l'aide de fonds publics, ce qui pourrait permettre
à l'Italie de régler à sa manière cette crise, dernière en date
d'un secteur bancaire italien ployant sous les créances
douteuses.
Les économistes notent que l'Europe a été touchée par deux
crises, la crise financière de 2007-2009, qui a touché le monde
entier, et la crise de la dette des pays de la zone euro dans
les années qui ont suivi.
Cette dernière n'a évidemment pas affecté les grands noms de
la banque aux Etats-Unis et ces dernières ont en outre tiré
parti de la bonne santé de l'économie américaine.
On considère généralement que l'Europe est plus lente que
les Etats-Unis à prendre à bras le corps le problème de banques
en difficulté et qu'elle propose, le cas échéant, des solutions
moins radicales. L'Europe compte en outre un nombre excessif de
banques.
La BRI estime que les banques mondiales ont notamment fait
des progrès en matière de diversification de leurs sources de
revenus. Mais elle ajoute que les actuelles valorisations
boursières de nombre d'établissements sont symptomatiques d'une
certaine défiance des investisseurs.
Le ratio cours-valeur comptable des banques de la zone euro
restent sous le seuil de 1, ce qui veut dire que la valeur
boursière d'une banque est inférieure à son bilan, poursuit la
BRI.
(Huw Jones, Benoit Van Overstraeten pour le service français)