Les astronautes de la mission lunaire Artemis II de retour sur Terre information fournie par Reuters 11/04/2026 à 02:26
par Joey Roulette et Steve Gorman
Les quatre astronautes d'Artemis II sont revenus sur Terre vendredi, amerrissant dans l'océan Pacifique au large du sud de la Californie, au terme du premier vol habité autour de la Lune depuis plus d'un demi-siècle.
Les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, ont amerri à bord de leur capsule Orion, baptisée "Integrity", au large de San Diego, peu après 20h00, heure locale (00h00 GMT).
La phase finale de cette mission de dix jours, menée par la Nasa, avait débuté par la séparation de la capsule habitée de son module de service, suivie d'un retour dans l'atmosphère puis d'une coupure radio de six minutes avant que la capsule ne se pose dans l'eau à l'aide de parachutes.
L'amerrissage a été retransmis en direct par la Nasa.
Orion a plongé dans l'atmosphère à environ 25.000 miles par heure (40.235 km/h), les températures à l'extérieur de la capsule grimpant jusqu'à environ 5.000 degrés Fahrenheit (2.760 degrés Celsius).
Les opérations des équipes de récupération de la Nasa et de la marine américaines pour sécuriser la capsule et assister les astronautes à leur sortie devraient prendre environ une heure.
L'équipage avait décollé de Cap Canaveral, en Floride, le 1er avril, propulsé dans une première orbite terrestre par la fusée Space Launch System de la Nasa avant de contourner la face cachée de la Lune et de s'aventurer plus loin dans l'espace que tout être humain auparavant.
UN TREMPLIN VERS MARS
Ce faisant, ils sont devenus les premiers astronautes à évoluer à proximité de la Lune depuis le programme Apollo des années 1960 et 1970. Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen sont également entrés dans l'histoire en tant que premier astronaute noir, première femme et premier citoyen non-américain à participer à une mission lunaire.
Ce voyage, qui fait suite à la mission inhabitée Artemis I autour de la Lune effectuée par le vaisseau spatial Orion en 2022, a joué le rôle d'une répétition générale cruciale en vue d'une tentative prévue plus tard dans la décennie visant à faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire pour la première fois depuis Apollo 17, fin 1972.
Au point culminant du vol, l'équipage a atteint une distance de 252.756 miles de la Terre, dépassant le précédent record d'environ 248.000 miles établi en 1970 par l'équipage d'Apollo 13.
L'objectif ultime du programme Artemis est d'établir une présence à long terme sur la Lune, qui servira de tremplin vers une future exploration humaine de Mars.
Comme lors du programme Apollo pendant la guerre froide, la mission Artemis II intervient dans un contexte de bouleversements géopolitiques et sociaux, dont un conflit militaire américain impopulaire, ce qui contribue à expliquer l'attrait de la mission à la fois comme une parenthèse et une démonstration des capacités scientifiques et techniques des États-Unis.
Pour une grande partie du public mondial, captivé par ce nouveau voyage lunaire, la mission a réaffirmé les avancées de la science et de la technologie à une époque où les grandes entreprises technologiques suscitent méfiance, voire crainte. Les sondages ont montré un large soutien aux objectifs de la mission.
Le retour sur Terre constituait un test critique pour le bouclier thermique d'Orion, qui avait subi un niveau inattendu de chaleur et de contraintes lors de la rentrée du vol d'essai de 2022. En conséquence, les ingénieurs de la Nasa ont modifié la trajectoire de descente d'Artemis II afin de réduire l'accumulation de chaleur et le risque de défaillance.
(version française Camille Raynaud)