Les astronautes de la mission Artemis II rentrent à toute vitesse de la Lune et s'apprêtent à amerrir information fournie par Reuters 10/04/2026 à 12:07
Les quatre astronautes d'Artemis II, terminant le premier vol habité autour de la Lune depuis plus d'un demi-siècle, foncent vendredi vers la Terre à bord de leur capsule Orion, en forme de bonbon, en vue d'un amerrissage dans l'océan Pacifique au large du sud de la Californie.
La phase finale de cette mission de 10 jours, menée par la Nasa, devrait débuter par la séparation de la capsule habitée de son module de service, suivie d'une d'un retour dans l'atmosphère puis d'une coupure radio de six minutes avant que la capsule ne se pose dans l'eau à l'aide de parachutes.
Si tout se déroule comme prévu, les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, doivent amerrir à bord de leur capsule Orion, baptisée "Integrity", au large de San Diego, peu après 20h00, heure locale (00h00 GMT).
Le quatuor avait décollé de Cap Canaveral, en Floride, le 1er avril, propulsé dans une première orbite terrestre par la fusée Space Launch System de la Nasa avant de contourner la face cachée de la Lune et de s'aventurer plus loin dans l'espace que tout être humain auparavant.
UN TREMPLIN VERS MARS
Ce faisant, ils sont devenus les premiers astronautes à évoluer à proximité de la Lune depuis le programme Apollo des années 1960 et 1970. Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen sont également entrés dans l'histoire en tant que premier astronaute noir, première femme et premier citoyen non-américain à participer à une mission lunaire.
Ce voyage, qui fait suite à la mission inhabitée Artemis I autour de la Lune effectuée par le vaisseau spatial Orion en 2022, a joué le rôle d'une répétition générale cruciale en vue d'une tentative prévue plus tard dans la décennie visant à faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire pour la première fois depuis Apollo 17, fin 1972.
L'objectif ultime du programme Artemis est d'établir une présence à long terme sur la Lune, qui servira de tremplin vers une future exploration humaine de Mars.
Comme lors du programme Apollo pendant la guerre froide, la mission Artemis II intervient dans un contexte de bouleversements géopolitiques et sociaux, dont un conflit militaire américain impopulaire, ce qui contribue à expliquer l'attrait de la mission à la fois comme une parenthèse et une démonstration des capacités scientifiques et techniques des États-Unis.
Pour une grande partie du public mondial, captivé par ce nouveau voyage lunaire, la mission a réaffirmé les avancées de la science et de la technologie à une époque où les grandes entreprises technologiques suscitent méfiance, voire crainte. Les sondages ont montré un large soutien aux objectifs de la mission.
TEST CRITIQUE DU BOUCLIER THERMIQUE
Le retour sur Terre constitue un test critique pour le bouclier thermique d'Orion, qui avait subi un niveau inattendu de chaleur et de contraintes lors de la rentrée du vol d'essai de 2022. En conséquence, les ingénieurs de la Nasa ont modifié la trajectoire de descente d'Artemis II afin de réduire l'accumulation de chaleur et le risque de défaillance.
Néanmoins, alors qu'Orion plongera dans l'atmosphère à environ 25.000 miles par heure (40.235 km/h), les températures à l'extérieur de la capsule devraient grimper jusqu'à environ 5.000 degrés Fahrenheit (2.760 degrés Celsius).
La trajectoire de descente finale recalibrée a également réduit la zone potentielle d'amerrissage, limitant ainsi les options d'atterrissage en cas de mauvaises conditions météorologiques en mer. Les responsables de la Nasa ont indiqué jeudi que les prévisions restaient favorables pour la zone ciblée.
Outre le bouclier thermique, d'autres paramètres sont déterminants, notamment la précision de la trajectoire et de l'angle de rentrée, assurée par une série de corrections de cap effectuées par les propulseurs de guidage du vaisseau.
La dernière des trois "mises à feu" de ces propulseurs à réaction était prévue vendredi après-midi, environ cinq heures avant l'amerrissage.
Une fois entrée dans les couches supérieures de l'atmosphère, il faut moins de 15 minutes, y compris une coupure radio de six minutes, avant le déploiement de deux parachutes et l'amerrissage.
La Nasa estime qu'il faudra environ une heure supplémentaire pour que les équipes de récupération sécurisent Orion, le hissent à bord d'un navire et assistent les astronautes à leur sortie.
Au point culminant du vol, l'équipage a atteint une distance de 252.756 miles de la Terre, dépassant le précédent record d'environ 248.000 miles établi en 1970 par l'équipage d'Apollo 13.
(Reportage Steve Gorman à Los Angeles et de Joey Roulette à Houston, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)