PARIS, 30 mai (Reuters) - Plusieurs dirigeants européens,
dont François Hollande et Angela Merkel, se retrouvent mercredi
en Suisse pour inaugurer le nouveau tunnel ferroviaire du
Saint-Gothard, fruit d'un chantier titanesque destiné à
désengorger les vallées alpines.
Bien que financé par la Suisse, cet ouvrage en construction
depuis 17 ans est présenté comme le symbole d'une réussite
européenne des points de vue politique, économique et
environnemental.
C'est en tout cas ce message d'ambition continentale que
souhaite délivrer le président français aux côtés de la
chancelière allemande, Angela Merkel, du président du Conseil
italien, Matteo Renzi, du président du Liechtenstein, Adrian
Hasler, du président suisse Johann Schneider-Amman, et du
nouveau chancelier autrichien, Christian Kern.
"Cette réalisation rappelle l'importance des grands projets
d'interconnexion pour le développement économique de l'Europe et
de l'importance de ces réseaux transeuropéens de transports,
puissants leviers de croissance et d'emploi", dit-on à Paris.
Parmi les grands projets de transports de l'Union européenne
figurent la ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin et le
canal Seine-Nord Europe.
La presse suisse s'est étonnée de l'absence, à la cérémonie
de mercredi, des trois plus hauts personnages de l'Union
européenne, qui ont décliné l'invitation pour des raisons
d'agenda.
Parmi les entreprises ayant participé aux travaux de
l'ouvrage de 57 km de long, un record mondial, figurent les
groupes français Thales TCFP.PA et Alcatel Lucent ALUA.PA .
D'un coût évalué à 12,2 milliards de francs suisses (plus de
11 milliards d'euros), le tunnel du Saint-Gothard est l'ouvrage
de tous les records.
Creusé à 2.300 mètres sous la roche, il pourra accueillir
jusqu'à 260 trains de marchandises et 65 trains de voyageurs par
jour à une vitesse pouvant atteindre 200 km/heure.
Cette traversée d'un peu moins de 20 minutes permettra de
gagner 45 minutes sur le trajet entre les villes helvètes de
Zurich et Lugano.
Son ouverture au public est prévue en décembre prochain.
(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)